Test DVD : La proie de l’autostop

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La proie de l’autostop

 
Italie : 1977
Titre original : Autostop rosso sangue
Réalisateur : Pasquale Festa Campanile
Scénario : Pasquale Festa Campanile, Ottavio Jemma, Aldo Crudo
Acteurs : Franco Nero, Corinne Cléry, David Hess
Éditeur : Artus Films
Durée : 1h39
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie DVD : 5 juillet 2016

 

 

Eve et Walter partent sur les routes de Californie en espérant redorer leur couple au bord de l’effondrement. Après avoir passé une nuit dans un camp de hippies, ils prennent Adam, un autostoppeur. Ce dernier les retient vite en otage et une relation tendue s’engage entre eux. Usant de sa force et de sa cruauté, il va s’amuser avec eux jusqu’à la limite du sadisme. Sans compter que ses deux complices sont sur le point de les rejoindre…

 

 

Le film

[3,5/5]

Au regard de son parcours professionnel, l’insaisissable Pasquale Festa Campanile semble avoir été un adepte du slalom, ou du grand écart artistique ; un coup d’œil sur sa filmographie nous confirmera en effet que le lascar s’est avant tout aventuré sur l’ensemble de sa carrière dans la comédie graveleuse voire érotique, mais on trouvera son nom accolé de la même manière à Rocco et ses frères ou au Guépard de Luchino Visconti (pour lesquels il fut scénariste) qu’à Mon curé va en boite, qu’il a écrit et réalisé en 1980. Surtout connu en France pour Ma femme est un violon (1971) et La fille de Trieste (1982), Pasquale Festa Campanile a aussi contribué en 1977 aux glorieuses heures du bis en Italie avec La proie de l’autostop, un « rape and revenge » particulièrement scabreux et complaisant qu’Artus Films vient d’avoir la bonne idée de nous sortir en DVD.

Classé X à l’occasion d’une sortie dans les salles françaises sur laquelle personne ne semble vraiment s’accorder (le film a-t-il seulement été réellement distribué chez nous?), La proie de l’autostop fut ensuite exploité en VHS dans une version censurée de plus de vingt minutes. Bien entendu, Artus Films nous propose aujourd’hui de découvrir le montage intégral du film, dont la volonté semble clairement de pousser toujours un peu plus loin le bouchon initié par Wes Craven avec La dernière maison sur la gauche. David Hess y reprend donc son éternel rôle de salaud franchement sadique (un rôle qu’il maitrise bien puisqu’il nous resservira la même prestation quelques années plus tard dans La maison au fond du parc), tandis que Franco Nero nous livre une composition à contre-emploi franchement réjouissante, et que Corinne Cléry (Histoire d’O) se balade à poil pendant les trois quarts du film, résumant à elle seule plutôt bien le côté ouvertement putassier et racoleur du film, qui à force d’excès en tous genres finit par forcer le respect du spectateur et à se créer un ton assez unique, à la fois âpre, crasseux et libidineux, mais dont la gratuité et la bêtise dépassent le simple cynisme et laisse par instants deviner une espèce de nihilisme latent, à la fois original et vraiment typique du cinéma d’exploitation rital des années 70.

 

 

Le DVD

[5/5]

Comme à son habitude, Artus Films a soigné son bébé, et cette édition DVD de La proie de l’autostop s’avère un immanquable ; le soin éditorial apporté au produit (un beau digipack dans un fourreau accompagné d’un livret de 64 pages, excusez du peu !) est tel que l’on est prêt pardonner à l’éditeur de ne pas encore s’être lancé dans la grande aventure du Blu-ray. Côté technique, le film est proposé au format, l’image est étonnamment bonne côté définition et piqué, dans les limites évidentes d’un encodage en définition standard évidemment. VF d’époque et VO sont proposées dans des mixages Dolby Digital 2.0 (mono d’origine), et les nombreux passages inédits en VF sont automatiquement sous-titrés en français.

Du côté des suppléments, et puisqu’on l’a cité, on remarquera la présence d’un joli livret signé David Didelot, et intitulé Un genre maudit : le rape and revenge. Grand amateur de bis transalpin, Didelot aborde de façon complète et toujours intéressante le genre, principalement à partir des années 1970. C’est également David Didelot que l’on retrouvera sur la galette à proprement parler à l’occasion d’une très complète présentation du film, qui n’occupe finalement que très peu de place au cœur du livret. Les traditionnelles galeries photos et quelques bandes-annonces de films édités par Artus ferment la section.

 

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