Test DVD : La chambre des oubliés

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États-Unis : 2016
Titre original :
Réalisateur : D.J. Caruso
Scénario : , D.J. Caruso
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h28
Genre : Horreur
Date de sortie DVD : 13 novembre 2017

 

 

Une mère et sa famille déménagent dans une belle maison à la campagne. La bâtisse cache une pièce secrète bientôt découverte… et renfermant un sombre secret…

 

 

Le film

[3/5]

D.J. Caruso : un nom qui résume à lui-seul l’emprise que peuvent avoir les grands studios Hollywoodiens sur un individu. Au commencement donc était un homme, Daniel John Caruso, réalisateur ayant fait ses armes aux côtés de la « petite » légende de l’action John Badham. Formaliste plutôt doué au demeurant, Caruso verra par la suite ses multiples talents le plus souvent « gâchés » par les studios, qui ont au fil des années littéralement fait de lui leur « chose », leur « yes man », ne livrant plus au public que des films tièdes, formatés, malgré des sujets de départ parfois très enthousiasmants. Taking lives – destins violés, Paranoïak, xXx Reactivated : autant d’actes manqués qui auraient peut-être pu, entre les mains de quelqu’un d’autre, devenir de l’or… En tant que cinéphile, on ne peut qu’avoir de la compassion pour cette carrière brisée en plein élan ; on aimerait un jour voir un film signé Caruso et, le lendemain, se dire « Last night D.J. saved my life »

Malheureusement, ce ne sera pas encore pour cette fois. C’est d’autant plus dommage que pour sa première incursion dans le cinéma horrifique avec La chambre des oubliés, D.J. Caruso s’était plutôt bien entouré… On retrouvera tout d’abord le nom de Wensworth Miller au scénario ; si le bonhomme est toujours un peu plus connu pour sa prestation en tant qu’acteur dans Prison break (un rôle qui lui colle à la peau), on se souvient aussi et surtout qu’il est le brillant scénariste de Stoker, le petit chef d’œuvre réalisé par Park Chan-wook en 2013. Abordant de front le cinéma d’horreur, Miller signe un scénario intéressant, à la narration ne fonctionnant pas forcément de la même manière que ceux des nombreuses productions Blumhouse auxquelles il fait tout d’abord penser – ce qui aura probablement déstabilisé beaucoup de spectateurs aux Etats-Unis. Devant la caméra, il s’octroie les services de Kate Beckinsale, dont la carrière est en très nette perte de vitesse (on attend son hypothétique grand retour dans un spin-off Resident Evil vs. Underworld qui l’opposerait à Milla Jovovich dans un déluge de cabrioles et de douilles volant poétiquement en bulllet-time dans un univers post-apocalyptique), mais qui  nous livre une prestation convaincante dans la peau d’une mère déboussolée portant un lourd secret. A ses côtés, Mel Raido et Duncan Joiner sont du dernier transparent, même si ce dernier arbore une amusante coupe de cheveux complètement anachronique, directement héritée de celle du petit Danny dans Shining (Stanley Kubrick, 1980).

Correctement mis en boite par un D.J. Caruso semblant plutôt à l’aise avec le genre, proposant une direction photo absolument superbe signée Rogier Stoffers et une bande originale efficace signée Brian Tyler, La chambre des oubliés souffre pourtant d’avoir un peu trop le cul entre deux chaises entre ses deux intrigues, qui trouvent difficilement leur équilibre – d’un côté nous avons le drame intime et personnel d’une mère en pleine reconstruction, et de l’autre une classique histoire de fantômes, nous réservant son lot de jump-scares et autres silhouettes tapies dans l’ombre. Il aurait suffi d’un rien pour que la première prenne le pas sur la seconde et remette en perspective tous les événements racontés durant le film ; on sent confusément que c’est dans cette direction que voulaient aller Caruso et Miller dans leur scénario – montrer que cette sombre histoire de fantômes [ATTENTION SPOILERS] est née de l’esprit torturé de l’héroïne. On le sent notamment lors de son premier enfermement dans le grenier – quand le personnage de Beckinsale redescend, le four à micro-ondes initialement réglé sur quatre minutes sonne seulement, ce qui tend à penser que les heures de panique et d’enfermement qu’elle vient de vivre ne se sont déroulées que dans son esprit. On le ressent également à travers des scènes étranges venues de nulle part, telles que celle durant laquelle un personnage indéterminé fait des recherches sur la maison, ou celle pendant laquelle, vers la fin du film, le mari reçoit des amis dans leur demeure… [FIN DES SPOILERS] Bref, si La chambre des oubliés s’avère honnêtement mis en boite, on a vaguement l’impression de ne pas avoir toutes les « clés » pour une compréhension totale du film. Volonté de ses auteurs ou remontage sauvage de la part des producteurs ?

 

 

Le DVD

[4/5]

C’est Metropolitan Vidéo qui nous propose aujourd’hui de découvrir La chambre des oubliés en DVD, l’éditeur enrichissant encore un peu son catalogue en films horrifiques inédits. Le DVD proposé par l’éditeur français est d’ailleurs tout à fait excellent : le film est proposé au format Scope 2.35 :1 respecté, et la définition est exemplaire, sans le moindre problème de compression ou autre pétouille technique. Couleurs et contrastes sont soignés, la définition est précise, les nombreuses scènes nocturnes sont admirablement gérées : c’est du beau travail. Côté son, VO et VF sont naturellement proposées en Dolby Digital 5.1, et bénéficient de mixages dynamiques et très immersifs, nous réservant quelques sursauts lors des très efficaces « jump scares » du film.

Du côté de la section suppléments, l’éditeur nous propose de découvrir, outre la traditionnelle bande-annonce du film, une featurette sur le tournage d’une durée d’un peu moins de cinq minutes – très superficiel dans l’absolu, mais ce court sujet sera l’occasion d’entendre D.J. Caruso s’exprimer sur ses ambitions et ce qui l’a intéressé dans le projet.

Il n’y a donc pas à se plaindre, le DVD édité par Metropolitan Vidéo nous permettra de découvrir ce petit film d’horreur dans des conditions tout à fait satisfaisantes. Suite à l’échec du film au box-office US (seulement 2,4 millions de recettes, mais sur un circuit restreint de 1554 salles – on est loin des 4132 salles projetant le dernier Transformers) et à la faillite de Relativity Media, nous n’aurons droit qu’à une sortie DVD pour La chambre des oubliés. C’est certes dommage, car les qualités techniques du film de D.J. Caruso et la sublime photo signée Rogier Stoffers (Brimstone) auraient sans doute mérité un encodage en haute définition, mais c’est également une chance de pouvoir toujours compter sur des éditeurs prêts à se lancer dans l’aventure du DTV en France, quel que soit le format, ce qui est loin d’être évident économiquement parlant, étant donné le nombre ahurissant de téléchargements illégaux tournant malheureusement autour des films de genre.

 

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