Test DVD : Dans la gueule du loup

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États-Unis : 1951
Titre original : The mob
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h23
Genre : Policier, Film Noir
Date de sortie cinéma : 5 décembre 1952
Date de sortie DVD : 10 octobre 2017

 

 

Le détective Johnny Damico sort d’une boutique et tombe sur une scène de crime. Un homme de dos vient d’en abattre un autre. Il se présente comme un lieutenant de police d’un autre quartier et affirme avoir abattu un truand, mais alors qu’il prétend vouloir prévenir les secours, il prend la fuite. De retour au commissariat, Damico est critiqué pour sa négligence car l’homme abattu devait témoigner dans une affaire de racket dans le milieu des dockers de la ville il a probablement été abattu par Blackie Clegg, le chef des racketteurs pour que ce témoin gênant ne puisse pas l’identifier… Damico va s’infiltrer dans le milieu…

 

 

Le film

[4/5]

La vraie saveur d’une collection telle que la « Collection Film Noir » initiée par Sidonis Calysta courant 2016 ne se mesure pas tellement aux chefs d’œuvres unanimement reconnus comme tels qu’elle va inévitablement proposer au fil de ses vagues successives, mais bel et bien dans la (re)découverte de véritables petites perles oubliées, que le temps a outrageusement classé parmi les œuvres « mineures » du genre, mais qui se révéleront finalement, soixante ans plus tard, tout à fait surprenantes, voire même parfois plus convaincantes que d’autres films nettement plus réputés.

Dans la gueule du loup fait donc partie de ces petits chefs d’œuvres oubliés – un pur Film Noir de série B nerveux, tendu, court et direct, qui commence par une séquence de meurtre sous la pluie photographiée de main de maître par Joseph Walker (La vie est belle, La dame du vendredi), et qui plongera d’entrée de jeu le spectateur au cœur d’une intrigue retorse mais racontée de la façon la plus limpide qui soit, jusqu’à un final vraiment étonnant. Mené tambour battant par un Robert Parrish dont il ne s’agissait pourtant que du deuxième film, Dans la gueule du loup met en scène Broderick Crawford (vu dans L’inexorable enquête, autre petit trésor exhumé par Sidonis dans la Collection Film Noir), qui bouffe littéralement l’écran dans un rôle de flic infiltré, qui croisera sur son chemin des futures pointures telles que , ou encore dans un tout petit rôle même pas crédité au générique, mais que tous les spectateurs contemporains repéreront à coup sûr.

Blindé de dialogues solides et inspirés, Dans la gueule du loup développe sur un rythme ne faiblissant jamais une atmosphère urbaine et poisseuse vraiment réussie, qui sonne d’autant plus « réaliste » de nos jours que Parrish et son -brillant- scénariste William Bowers ont vraiment le sens du détail, que cela soit dans la description des milieux sociaux (une espèce de lutte des classes se dessine sur les docks pour savoir qui aura le privilège de conduire le chariot élévateur) ou même dans les petites particularités « locales » (même si l’on ignore si cette curieuse façon de mélanger bière et vin blanc est réellement une pratique courante à la Nouvelle-Orléans). Une excellente surprise donc, pour un film qui mérite clairement sa place dans votre DVDthèque comme un très efficace représentant du genre.

 

 

Le DVD

[4,5/5]

Coté technique, le DVD de Dans la gueule du loup édité parSidonis Calysta fait clairement honneur à la « Collection Film Noir » : le format du film est respecté, et la compression est parfaitement maîtrisée. Définition précise, étalonnage sans bavure, le master est de toute beauté, avec un grain cinéma bien âpre – cette nouvelle galette s’avère absolument recommandable, dans les limites évidentes d’un encodage DVD. Côté son, VF et VO sont proposées dans des encodages Dolby Digital 2.0 mono d’origine, clair et sans aucun souci à déplorer.

Du côté des suppléments, on retrouvera les bonus auxquels nous a habitué l’éditeur depuis les débuts de la « Collection Film Noir » : on commence avec deux présentations du film, par Bertrand Tavernier et François Guérif, chacune d’entre elle ayant ses qualités propres. Bertrand Tavernier le passionné s’exprime toujours une dizaine de minutes de plus que François Guérif, mais leur approche du film est toujours suffisamment différente pour ne pas être (trop) redondant. On terminera bien sûr avec la traditionnelle galerie photos, comme toujours accompagnée des bandes-annonces du film et des dernières sorties de l’éditeur.

 

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