DVD — 14 octobre 2019
Test DVD : Cape et poignard



États-Unis : 1946
Titre original : Cloak and dagger
Réalisation :
Scénario : ,
Interprètes : , ,
Editeur : Rimini Editions
Durée : 1h42
Genre : Thriller, guerre
Date de sortie cinéma : 20 juillet 1947
Date de sortie DVD : 15 octobre 2019

 

Durant la 2nde Guerre Mondiale, les services secrets américains s’inquiètent de l’avancée des recherches allemandes concernant l’arme atomique. Un scientifique américain est chargé de se rendre en Suisse, où il doit retrouver l’une de ses collègues sur le point de travailler pour les nazis.

 

 

Le film

[4/5]

Plus la 2ème guerre mondiale avançait dans le temps, plus les Etats-Unis travaillaient au sein du projet de recherche Manhattan à la production de la bombe atomique. En même temps, ils étaient conscients que l’Allemagne nazie ne devait pas être en reste sur ce sujet. Lorsque le passage de 40 wagons de pechblende transitant de l’Espagne vers l’Allemagne est repéré par un résistant français et porté à la connaissance de l’Office des Services Statégiques (Le fameux OSS !) américain, le doute tend à se transformer en certitude, d’autant plus que ces wagons viennent s’ajouter à de nombreux autres wagons contenant ce minerai d’uranium et ayant récemment transité entre la Tchécoslovaquie et l’Allemagne. Savoir où en sont les allemands dans la réalisation de la bombe atomique devient une information majeure. Etant conscient que l’OSS manque de connaissances scientifiques, le colonel Clem Walsh n’hésite plus : un vieil ami à lui, le Professeur Alvah Jesper, est un des savants américains qui travaillent au sein du Projet Manhattan, il faut qu’il arrive à le convaincre de se transformer en espion afin, dans un premier temps, de rencontrer Katerin Lodor, une savante hongroise contrainte de travailler pour les allemands mais qui a réussi à trouver refuge en Suisse où elle soigne une tuberculose dans une clinique. Lorsqu’il avait 8 ans, Alvah Jesper rêvait de devenir espion : les circonstances vont l’amener à réaliser ce rêve, et à en connaître les dangers et les frissons, mais aussi les rencontres, parfois très agréables.

 

 

Interrogation face au titre de ce film : Cape et poignard, film de cape et d’épée ? En fait, le titre français est très fidèle au titre original, Cloak and dagger, une expression utilisée comme surnom de l’OSS. Le film de Fritz Lang est un hommage à ce service américain et son scénario est inspiré par le livre « Cloak and Dagger: The Secret Story of O.S.S. » de Corey Ford et Alastair MacBain. Le livre ainsi que le film sont sortis en 1946 : la 2ème guerre mondiale vient juste de se terminer et la « Guerre froide » n’a pas encore vraiment commencé. La période est donc propice à une apologie de la paix et à une mise en garde concernant les dangers qu’une « science sans conscience » peut faire courir à la planète et à ses habitants, une apologie et une mise en garde que l’on retrouve à plusieurs reprises dans Cape et poignard. C’est ainsi que, dès sa rencontre avec le colonel Walsh, Alvah Jesper avoue que l’arrivée imminente de la bombe atomique le rend pour la première fois navré d’être scientifique. Plus tard on entendra : « Une science libre au service de l’humanité est la seule bonne science ». Il n’est pas inutile de préciser que Ring Lardner Jr. et Albert Maltz, les deux scénaristes, étaient deux parmi les dix, les « Hollywod Ten », qui, en 1947, ont refusé de répondre aux questions devant « The House Committee on Un-American Activities » concernant leur appartenance présumée au Parti communiste et ont, de ce fait, été condamnés à des peines de prison et mis sur liste noire par la profession cinématographique.

Film d’espionnage passionnant, Cape et poignard est donc aussi un film politique tout en abritant une intrigue sentimentale qui arrive à trouver sa place de façon très naturelle. L’action se déroule en France, aux Etats-Unis, en Suisse et en Italie et, ce qui est plutôt rare pour un film américain de l’époque, on arrive à entendre d’autres langues que l’anglais : un tout petit peu de français, un peu plus d’allemand et d’italien. Dans une distribution très internationale, on note avant tout les remarquables prestations de l’américain Gary Cooper (Alvah Jesper) et de la comédienne allemande Lilli Palmer (Gina), tous deux impressionnants de sobriété, de charme et de force tranquille. A leurs côtés, l’américain James Flavin (le colonel Walsh), l’autrichienne (Katerin Lodor), le russo-américain (Polda, le savant italien) et l’italo-américain Robert Alda (le résistant italien Pinkie) arrivent à sortir du lot en interprétant  des seconds rôles bien typés.
 

 

Le DVD

[4.5/5]

C’est à partir du master HD fabriqué par Paramount et utilisé par Olive Films pour la sortie américaine du Blu-ray que ce DVD a été réalisé par Rimini Editions, tout comme le Blu-ray qui sort en même temps. Dans un avertissement qu’on peut lire dans le préambule du DVD, l’éditeur présente ses excuses concernant quelques défauts qui seraient toujours présents sur ce master HD. Avouons humblement qu’on n’a pas réussi à trouver où se situaient ces défauts. Peut-être au tout début du film avec une scène nocturne du passage d’un train qui s’avère peu « lisible » ?  Le reste du temps, l’image en noir et blanc est tout sauf terne avec de beaux contrastes. Film tourné en 1946, on ne peut être surpris ni par le format, 1.37, ni par le son mono. 3 possibilités pour visionner ce film : une version VF, une version VO avec la possibilité de choisir entre absence ou présence d’un sous-titrage en français. Même si on préfèrera toujours la VO, on notera, une fois de plus, que les doublages de l’époque étaient d’une qualité largement supérieure à ce qui se fait aujourd’hui.

Quant aux suppléments, Rimini Editions nous a gâtés : ils sont au nombre de deux et d’une grande richesse. Tout d’abord, « Fritz Lang, nazis et espions », une interview de 23 minutes de l’historien du cinéma , qui revient sur le parcours de Fritz Lang face aux nazis et sur la série de films anti-nazis qu’il a tournés aux Etats-Unis. Ensuite, « Le projet Cape et Poignard » : une interview de 24 minutes de , professeur émérite à l’Université de Caen Normandie, qui s’intéresse à la genèse du film tout en dressant un parallèle entre la filmographie de Fritz Lang et celle d’Alfred Hitchcock.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles