Test Blu-ray : Voyage au bout de la Terre

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Norvège, Suède : 2019
Titre original :
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h04
Genre : Biographie, Aventures
Date de sortie DVD/BR : 3 février 2020

 

Lorsqu’il pose le pied au Pôle Sud pour la première fois, sortant vainqueur de la course à la découverte de ce continent glacé, écrit dans son carnet de bord : « Jamais un homme ne se sera trouvé si diamétralement opposé à l’endroit où il souhaite réellement y être ». Grand explorateur, son plus grand rêve est d’être le premier homme à découvrir le Pôle Nord. Et pour y arriver, il est prêt à sacrifier famille, argent et amour…

 


 

Le film

[3,5/5]

Dans la culture populaire, le mythe de « l’explorateur » traversant le monde afin de découvrir de nouvelles contrées a eu de belles heures au vingtième siècle. Popularisé par les romans de Jules Verne au début du siècle, les récits des exploits de ces aventuriers d’un nouveau genre n’ont eu de cesse de fasciner petits et grands à travers le monde. Ainsi, les explorateurs ont littéralement pullulé dans la littérature, la bande dessinée, le serial ou le cinéma jusqu’à, grosso modo, l’essor de la conquête de l’espace, qui offrirait aux amateurs d’inconnu encore plus de nouvelles contrées à découvrir. Néanmoins, les récits d’aventures suivant les expéditions de tel ou tel explorateur ont régulièrement continué à apparaître çà et là dans le dernier tiers du vingtième siècle, issus la plupart du temps d’imaginations nourries tout au long des années 50/60. Ainsi, les aventures de Paul-Émile Victor étaient reprises sur un mode humoristique dans les pages de Pif Gadget fin 80’s / début 90’s, l’histoire de Christophe Colomb s’est vu adaptée à grands renforts de moyens en 1992 (et devant la caméra de Ridley Scott !), et bon nombre de parents ont probablement empêché leurs enfants de regarder Dragon Ball Z en 1997 pour leur infliger le visionnage d’Il était une fois… les explorateurs, dessin animé « éducatif » complètement anachronique créé par Albert Barillé (1920-2009).

De nos jours, la figure classique de l’explorateur à l’ancienne a laissé la place à une vision un peu plus moderne du mythe – l’exemple le plus frappant de cette évolution est probablement celui de Lara Croft dans le jeu vidéo Tomb raider, qui serait d’ailleurs suivi quelques années plus tard par son pendant masculin, Nathan Drake, dans la série Uncharted. Comme il semblerait bien qu’il n’y ait plus rien à découvrir sur le Terre, l’explorateur d’antan a donc progressivement laissé la place à une figure d’aventurier / pilleur de tombes, découvrant des sites cachés que l’homme n’a pas foulé depuis 10.000 ans… pour mieux les réduire en miettes à grands coups de dynamite et de fusil à pompe. De la même façon, au cinéma, les films se concentrant sur des explorateurs sont au fil des années devenus de plus en plus rares, et, l’engouement du public autour de ces personnalités s’étant éteint, ne bénéficient malheureusement plus de sorties en salles en France. Ce fut le cas pour Oro, la cité perdue (Agustín Díaz Yanes, 2017), c’est également le cas pour (, 2019), qui se concentre sur l’histoire de , premier homme à avoir franchi le Passage du Nord-Ouest et atteint le pôle Sud. On notera qu’avec 209.000 entrées en Norvège, le film d’ n’a probablement pas tout à fait rencontré le succès fracassant attendu dans son pays d’origine, même si bien sûr il s’agit là d’un score finalement honorable dans un pays où la fréquentation dépasse rarement les 500.000 entrées (450.000 pour Joker en 2019, 390.000 après six semaines d’exploitation pour Star Wars : L’ascension de Skywalker).

Pourtant, avait tout pour plaire au public : un héros charismatique, capable de restituer à l’écran la grandeur de cet homme tout autant que sa part d’ombre (, vu dans Les enquêtes du Département V : Délivrance, Seven sisters ou encore Millénium : Ce qui ne me tue pas), des effets spéciaux réussis (voir la séquence de l’ours polaire ou comment utiliser à bon escient un budget limité), une reconstitution ample et soignée, proposant des paysages vraiment époustouflants… L’exercice du biopic n’est pas aisé, et bien sûr, on pourra se poser des questions concernant le choix des ellipses temporelles (quid de la première Guerre Mondiale ?) tout autant que sur le traitement fait à l’image de ses compagnons de route, qui pourtant ont probablement joué un rôle plus important que ne semble le sous-entendre le film. On admettra également que le rythme de est plutôt lent, mais il s’agit là d’une des conventions du biopic, genre qui entreprend le plus souvent de traiter 20, 30, 40 ans de la vie d’une personnalité. Cette notion d’attente est de plus justifiée par le fait que le récit est amené au spectateur par les souvenirs de son frère Leon (), lui même dans l’attente du retour d’.

Mais bon, voilà, il semblerait que le public aurait préféré que la vie d’ ressemble à un film d’action Hollywoodien, et qu’il se trimballe en mini-short et gros nichons, un flingue dans chaque main et défouraillant à tout va sur les ours polaires ? Peut-être. Cela dit, concernant l’ours polaire, le contrat est rempli…

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

N’étant malheureusement parvenu à trouver son public dans les salles norvégiennes (pour tout un tas de raisons qu’on a tenté d’éclaircir un peu plus haut de façon absolument nébuleuse et subjective), ne prendra pas le chemin des salles obscures, mais qu’à cela ne tienne : a soigné la sortie vidéo du film d’. Le transfert du film en Blu-ray est en effet tout à fait bluffant, le niveau de détail est d’une remarquable précision et aucun souci de compression n’est à déplorer. Les nombreuses scènes de nuit ne dépareillent pas, tout est adroitement géré. Couleurs, piqué, tout est fait pour plonger le spectateur dans la plus pure admiration devant le travail du chef opérateur Pål Ulvik Rokseth, ne me demandez pas comment ça se prononce. Particularité notable pour un film récent : a manifestement été tourné en pellicule, et la fine granulation de la péloche a été parfaitement respectée par l’éditeur. Côté son, les deux mixages (VF/VO) sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1, et proposent une immersion du tonnerre au cœur de cette expédition de fous dangereux : la spatialisation est redoutablement efficace, les différents éléments sonores se détachent de façon très classe, bref, c’est du lourd.

Rayon suppléments, on trouvera uniquement les bandes-annonces de deux films disponibles chez l’éditeur et pouvant thématiquement être reliés à  : il s’agit de Monsieur Link (pour la neige) et A la dérive (pour le bateau). La coïncidence la plus étrange de notre côté du clavier étant que, malgré le fait que nous traitions avec plaisir la quasi-totalité des Blu-ray et DVD édités par Metropolitan, nous avons loupé ces deux-là au moment de leur sortie. Comme le disait Mr Cyclopède : « Étonnant, non ? »

 

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