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Test Blu-ray : Vampire, vous avez dit vampire 2

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Vampire, vous avez dit vampire ? 2

États-Unis : 1988
Titre original : Fright Night – Part 2
Réalisation : Tommy Lee Wallace
Scénario : Tim Metcalfe, Miguel Tejada-Flores
Acteurs : Roddy McDowall, William Ragsdale, Traci Lind
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h46
Genre : Horreur, Comédie
Date de sortie cinéma : 11 janvier 1989
Date de sortie DVD/BR : 16 octobre 2025

Sept ans après avoir combattu et vaincu son voisin, le vampire Jerry Dandridge, Charley Brewster ne croit plus en l’existence de Dracula et de ses disciples, une thérapie de choc l’ayant « guéri » d’une imagination un peu trop fertile selon les psychiatres. Tout est remis en question le jour où il croise le chemin de la sublime Régine, une vedette de cabaret derrière laquelle se cache la propre sœur de Jerry Dandrige, une vampire elle aussi, redoutable prédatrice entourée d’une garde prétorienne aussi singulière qu’agressive. Mordu et au début de sa métamorphose en créature de la nuit, Charley reprend contact avec son ami Peter Vincent, présentateur vedette de l’émission de télévision « Fright Night », son seul espoir de sortir de cette mauvaise passe. Encore faut-il d’abord le convaincre de repartir en chasse…

Le film

[3,5/5]

Les années 80 touchaient à leur crépuscule quand Vampire, vous avez dit vampire 2 a décidé de débarquer dans les salles obscures, un peu comme un cousin rebelle qui arrive à la fête quand tout le monde commence déjà à ranger les bouteilles et les confettis. Le cinéma fantastique américain vivait alors une drôle de transition : le slasher avait tout mangé, les monstres classiques cherchaient une nouvelle garde-robe, et les campus yankees se transformaient en laboratoires d’angoisses adolescentes. Mine de rien, et en dépit de son côté très léger, le film de Tommy Lee Wallace (Halloween III – Le Sang du sorcier) s’inscrit pile dans cette bascule, avec ses fringues oversized, ses brushings défiant la gravité et cette manière très 1988 de faire de la sexualité un terrain de jeu visuel. Les costumes de Regine, la reine vampire, mélange de cuir, de paillettes et d’attitude, racontent autant l’époque que les discours sur la libération des corps. Le film respire la fin de décennie comme un vieux walkman qui refuse de mourir.

Avec Vampire, vous avez dit vampire 2, Tommy Lee Wallace ne cherche pas à refaire à l’identique le premier film : il préfère observer ce qui se passe quand la poussière est retombée. Le traumatisme de Charley, traité comme une névrose post-surnaturelle, donne au récit une tonalité étonnamment moderne. Le fantastique devient un symptôme, un retour du refoulé, un truc qui s’invite dans la vie étudiante comme un pop-up malveillant. Et au milieu de tout ça, Regine surgit, vamp et vampire, figure punk et sensuelle, presque une icône MTV surgie d’un rêve humide de vidéoclub. Esthétiquement, le film s’amuse à tordre l’héritage gothique pour le transformer en parade lumineuse faite de domination et de désir, un peu comme si les jeunes de Génération perdue avaient décidé de squatter un soap opera nocturne. La mise en scène de Vampire, vous avez dit vampire 2 joue d’ailleurs sur cette tension entre attraction et menace. Le chef opérateur Mark Irwin (Scanners, Chromosome 3, Videodrome, Le Blob, Dark Angel, Class of 1999…) apporte une texture presque organique aux scènes nocturnes : les ombres semblent respirer, les couleurs vibrent comme des néons sous amphétamines, et les transformations vampiriques flirtent avec le grotesque assumé.

Avec presque quarante ans de recul, certains effets spéciaux ressemblent certes à des sculptures en gélatine possédées, mais ils possèdent tout de même un charme indéniable, et après tout, derrière cette folie visuelle se cache une vraie réflexion sur l’artificialité des corps et la manière dont le cinéma des années 80 aimait les remodeler. Ainsi, le film n’est jamais ridicule : il est simplement un enfant de son époque, et c’est précisément ce qui le rend attachant. D’ailleurs, une des raisons pour lesquelles Vampire, vous avez dit vampire 2 mérite d’être revu aujourd’hui réside précisément dans ce qu’il raconte de son époque. Les années Reagan, obsédées par l’image, la performance et le contrôle des corps, transparaissent ici presque dans chaque plan du film. Les vêtements féminins, oscillant entre empowerment et fétichisation, témoignent d’une société en pleine mutation. Et derrière ses excès, ses maquillages outranciers et ses effets spéciaux qui sentent bon l’ère VHS, le film parle également de reconstruction, de mémoire traumatique et de la difficulté à grandir quand les monstres refusent de rester dans le placard.

Côté casting, Roddy McDowall apporte une mélancolie inattendue à Vampire, vous avez dit vampire 2. Son Peter Vincent n’est plus seulement le vieux présentateur ringard du premier film : c’est un survivant, un homme qui a vu trop de choses et qui tente de garder la tête hors de l’eau dans un monde qui ne croit plus aux monstres. Sa présence donne au film une profondeur discrète, presque tendre. Face à lui, Julie Carmen (L’Antre de la folie) transforme quant à elle le film en un terrain de jeu sensuel : sa Regine hypnotise, danse, dévore l’écran. Elle incarne cette mutation du vampire en créature pop, plus proche des clubs new-yorkais que des châteaux transylvaniens. Et c’est précisément là que le film trouve son charme : dans cette hybridation joyeuse, parfois maladroite, mais toujours sincère.

Le Blu-ray

[4/5]

Vampire, vous avez dit vampire 2 a débarqué au dernier trimestre 2025 sous les couleurs de Sidonis Calysta, dans un Combo Blu-ray + DVD présenté dans un boîtier surmonté d’un étui élégant, qui rappelle immédiatement les grandes heures du vidéoclub triomphant. Côté technique, le nouveau master Haute-Définition redonne au film une fraîcheur inattendue : les couleurs eighties retrouvent leur éclat, les noirs gagnent en densité, et les maquillages – parfois délicieusement outranciers – apparaissent avec une précision qui ferait presque rougir les prothèses. L’image surprend par ailleurs par sa stabilité, son grain respecté et l’absence notable d’artefacts. Les scènes nocturnes, essentielles au film, profitent d’un contraste bien géré, sans écrasement ni bruit excessif. On redécouvre ainsi le travail de Mark Irwin, dont les éclairages synthétiques et les couleurs saturées reprennent vie comme si le film avait été tourné hier. Côté son, le film de Tommy Lee Wallace nous est proposé en VF et VO en DTS-HD Master Audio 2.0, et les deux mixages se défendent admirablement. La version originale offre une clarté appréciable dans les dialogues et une belle mise en valeur de la musique de Brad Fiedel, dont les nappes synthétiques retrouvent une ampleur presque hypnotique. La version française, souvent malmenée dans les éditions de films de genre des années 80, bénéficie ici d’un traitement soigné : les voix sont nettes, bien équilibrées, et l’ambiance sonore conserve toute sa dynamique. Aucun mixage ne prend le dessus sur l’autre : chacun propose une expérience cohérente, fidèle à l’esprit du film. Le DVD inclus dans le Combo reste évidemment en retrait, mais constitue un complément appréciable pour les collectionneurs.

Les suppléments de cette édition de Vampire, vous avez dit vampire 2 se résument à un unique élément : un livret de 24 pages signé Marc Toullec. Mais quel livret ! L’auteur replace le film dans son contexte de production, revient sur la carrière de Tommy Lee Wallace, analyse les choix esthétiques et les enjeux narratifs, tout en offrant une perspective historique précieuse sur la représentation du vampire à la fin des années 80. Le texte, riche et accessible, éclaire les ambitions du film sans jamais sombrer dans le jargon universitaire. Ce livret constitue un véritable apport éditorial, donnant à l’édition Sidonis Calysta une valeur ajoutée indéniable.

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