Test Blu-ray : Dark Angel

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Dark Angel

États-Unis : 1990
Titre original : –
Réalisation : Craig R. Baxley
Scénario : Jonathan Tydor, David Koepp
Acteurs : Dolph Lundgren, Brian Benben, Matthias Hues
Éditeur : MDC Films
Durée : 1h32
Genre : Action, Science-fiction
Date de sortie cinéma : 13 juin 1990
Date de sortie DVD/BR : 30 juin 2022

L’inspecteur Jack Caine pensait avoir fait face à tous types de crimes sur Terre. Mais quelqu’un – ou quelque chose – qui n’est pas de ce monde, utilise des corps humains pour fabriquer des stupéfiants. Pour cet extraterrestre venu sur Terre, l’humanité est une usine de drogue idéale à cause des endorphines. Pour Caine, cet alien est la pire menace pour l’humanité : s’il réussit sa mission, notre planète sera détruite. Avec l’aide de Smith, l’agent du FBI et de sa petite amie Diane, médecin légiste, Caine va renvoyer ce prédateur en morceaux !

La naissance d’un nouvel éditeur

Comme le veut la tradition, et puisque c’est la toute première fois que l’on évoque leur travail, on voulait saluer la naissance d’une nouvelle structure indépendante spécialisée dans l’édition de Blu-ray / DVD : MDC Films. A ce jour, le catalogue de MDC Films ne se compose que de deux films, mais il s’agit de deux titres-phares des années 80 : Exterminator 2, la suite du Droit de tuer en mode « bigger and louder », qu’on évoquera demain, et Dark Angel, le thriller teinté de SF mettant en scène Dolph Lundgren aux prises avec des dealers de l’espace.

L’ambition de MDC Films et de son créateur Kevin Cattan est donc visiblement de nous proposer une sélection de titres-phares issus de l’ère bénie des vidéo-clubs dans des éditions Blu-ray soignées, sortant qui plus dans des tirages limités à 1000 exemplaires qui en feront des objets d’autant plus rares et précieux. On souhaite donc toute la réussite du monde à ce nouveau venu dans le monde de la vidéo physique. Le choix de devenir éditeur, surtout Blu-ray, est vraiment de nos jours une affaire de passion avant tout. Le choix de s’aventurer dans un secteur de niche (la vidéo physique au format Blu-ray) est toujours un risque, et beaucoup s’y sont cassé les dents.

Les prochains titres édités par MDC Films seront sans doute annoncés d’ici peu. Plus d’informations sur le site officiel de MDC Films !

Le Film

[4/5]

Pour son arrivée dans le secteur de la vidéo, MDC Films frappe donc très fort avec Dark Angel, un des films les plus appréciés de la carrière de Dolph Lundgren – et pour tout dire un film que l’auteur de ces lignes a longtemps considéré, à titre personnel, comme un peu bancal, mais dont les défauts tendent à s’amenuiser au fur et à mesure des visionnages, au point d’en avoir retrouvé aujourd’hui le frisson ressenti lors de ma prime découverte du film, l’année de mes onze ans.

Si on prend un par un les éléments qui composent Dark Angel, on se dit de toute façon que le film ne pouvait être qu’une tuerie cosmique franche et absolue. Imaginez plutôt notre plaisir à la découverte, dans les premiers plans du film, d’un extra-terrestre surpuissant, prenant la forme d’un géant blond affichant une dégaine grotesque que l’on croirait tout droit sortie de Critters, et revêtant une armure à la Predator, avec les mêmes petits jets de vapeur quand il ouvre tel ou tel accessoire.

Sorti sous le titre Dark Angel à l’international, le film de Craig R. Baxley était sorti aux États-Unis sous le titre I Come in Peace (« Je viens en paix »), référence à la réplique récurrente et intentionnellement ironique prononcée par l’extraterrestre, interprété par Matthias Hues, que l’on découvrira dans un premier temps dérober une grosse quantité d’héroïne à des dealers. Le mutant géant aux yeux blancs vitreux et aux longs cheveux blonds – qui feraient baver d’envie de n’importe quel dieu du Hard Rock des années 80 – attaquera par la suite les gens au hasard à l’un étrange dispositif, qui leur injecte d’abord quelque chose dans leur cœur, puis extrait une substance de leur crâne.

L’intrigue de Dark Angel nous apprendra par la suite que le géant alien vadrouille dans Houston en tuant le quidam par overdose de cocaïne dans le but de créer une drogue de synthèse à base d’endorphine qu’il compte bien revendre sur sa planète. A ses trousses, les scénaristes du film Jonathan Tydor et David Koepp lancent un gentil extra-terrestre, à la dégaine tout aussi grotesque (Jay Bilas, future personnalité du basket US), avec du yahourt en guise de sang, et, bien sûr, un duo classique de buddy movie, composé de Dolph Lundgren et de l’excellent Brian Benben, héros de la série télé Dream On (1990-1996). Le film exploite plutôt bien la dynamique du duo antagoniste formé à l’écran par Caine (Lundgren) et Smith (Benben), la rigidité de ce dernier correspondant parfaitement à l’idée que le spectateur peut se faire de l’agent du FBI engoncé dans son costard à 5000 dollars.

D’un point de vue formel, le réalisateur Craig R. Baxley, issu d’une famille de cascadeurs, met en scène plusieurs éléments remarquables dans Dark Angel : la mise en scène est inspirée, souvent inventive, riche en explosions et en cascades et tous genres, avec bien sûr quelques beaux mouvements d’arts martiaux pour Dolph Lundgren. Le tout est mâtiné de répliques from outer space, d’une vulgarité revigorante, bref tout semble réuni pour hisser le film au panthéon des meilleurs films d’action américains de la fin des années 80. Bourrin et stupide s’il en est, Dark Angel multiplie les idées absurdes et réjouissantes – telles que cette séquence mettant en scène un scientifique accro au café – qui contribue à apporter au film le quota d’autodérision nécessaire.

Bien sûr, tout n’est pas parfait au cœur de Dark Angel, qui, à cause de certains petits défauts, ne s’impose pas tout à fait comme la réussite décérébrée et priapique que l’on était en droit d’attendre. La faute peut-être à un rythme pas toujours des mieux gérés, et à une série d’éléments narratifs parasites un peu malheureux, tels que cette love story ridicule entre Dolph Lundgren et la médecin légiste (Betsy Brantley), qui n’a rien à foutre là, ou encore le « complot » du FBI, traité de façon sans doute un poil trop sérieuse pour s’avérer vraiment convaincant. Mais rien qui nous empêchera de passer un excellent moment en mode « 80’s Power ».

Le Combo Blu-ray + DVD

[5/5]

Dark Angel arrive donc en France sur support Haute-Définition ce mois-ci, sous les couleurs de MDC Films, nouvel éditeur qui nous propose de découvrir le film dans un écrin assez remarquable : les galettes sont installées sur un Digipack trois volets aux couleurs du film, le tout étant surmonté d’un fourreau. La maquette et la composition graphique du boitier sont signées par Fred Domont, le talentueux graphiste du Chat qui fume. On n’a pas reçu le Combo Blu-ray + DVD finalisé de Dark Angel, mais la qualité des finitions de celui d’Exterminator 2 nous permet d’affirmer qu’un grand soin a été apporté par l’éditeur au fait de nous proposer une édition s’imposant d’entrée de jeu comme un bel objet et une édition de référence, que l’on sera fier de voir trôner sur son étagère aux côtés d’autres classiques des années 80.

Côté Blu-ray, la définition est précise, les couleurs riches et bien saturées, les noirs sont globalement bien gérés, et la restauration a pris soin de préserver le grain argentique d’origine. Les plans « à effets » et les séquences nocturnes ou en basse lumière affichent certes un grain un peu plus épais, mais mieux vaut cela qu’un lissage outrancier – d’autant que le reste est vraiment d’une propreté et d’une stabilité tout à fait étonnantes. Vous pouvez donc mettre au rebut votre DVD de 2005 sans le moindre regret ! Côté son, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0. La version originale est parfaitement équilibrée, sans souffle et vous plongera à coup sûr de façon très efficace dans le film de Craig R. Baxley. Le cultissime doublage français d’origine a été préservé des outrages du temps, et s’impose avec toujours autant de punch.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une introduction par Dolph Lundgren (1 minute), suivie d’une introduction par Matthias Hues (1 minute). Les deux acteurs y reviendront rapidement sur le film, les deux intros étant placées sous le signe de la punchline « I Come in Peace ». On entrera ensuite dans le vif du sujet avec un entretien avec Matthias Hues (35 minutes), au cœur duquel l’acteur reviendra sur la façon dont il a été choisi pour le rôle de l’alien, alors même que ce dernier était à l’origine prévu pour Dolph Lundgren. Il évoquera les difficultés rencontrées sur le tournage (cascades, semelles compensées, lentilles qui ne lui permettaient pas de voir autre chose que des ombres…), ainsi que la suite de sa carrière : l’échec du film, puis son refus de jouer avec un masque de caoutchouc dans le film Highway to Hell – un refus qui lui vaudrait finalement d’être blacklisté à Hollywood. Dans la dernière partie de l’entretien, l’acteur enregistrera un message vidéo à destination de Dolph Lundgren, dans lequel il reviendra sur son projet de suite à Dark Angel, qui se déroulerait en Suède, sous la neige.

On continuera avec un entretien avec Dolph Lundgren (22 minutes). L’acteur y reviendra sur sa volonté d’incarner un personnage un peu plus « normal » que ceux qu’il avait interprété jusque-là au cinéma. Il évoquera les liens entre Dark Angel et un projet de buddy movie avorté produit par Joel Silver et intitulé Man to Man. Il reviendra sur ses bonnes relations avec Brian Benben ainsi qu’avec le réalisateur Craig R. Baxley. Enfin, il réagira au message enregistré à son attention par Matthias Hues : il répondra qu’il préférerait que le film se déroule à Paris plutôt qu’en Suède, évoquant notamment la possibilité de tourner sur la Tour Eiffel. On poursuivra enfin avec un entretien avec Mark Irwin, directeur de la photographie (31 minutes), qui se remémorera le film comme de son introduction à un cinéma d’action et de cascadeurs au cœur duquel la narration était principalement basée sur l’action. Il évoquera ses débuts aux côtés de David Cronenberg, et ses souvenirs d’un tournage riche en explosions qui nécessitait parfois de prendre certaines précautions avant de tourner.

On enchaînera ensuite avec un making of rétrospectif (24 minutes) qui donnera la parole à Craig R. Baxley, Dolph Lundgren et Brian Benben. Un sujet remarquable, rythmé et bien conçu, qui reviendra sur le budget du film, le scénario, le mélange d’éléments de SF et de buddy movie, ainsi que sur les acteurs et sur certaines anecdotes de tournage : on y apprendra notamment qu’à cause d’une légère glissade et d’un placement mal respecté, Dolph Lundgren a véritablement collé un coup de pied retourné à son adversaire durant le tournage de la scène du braquage de la supérette. On poursuivra le tour des suppléments avec une très riche présentation du film par Jérémie Damoiseau (46 minutes). Grand spécialiste français de Dolph Lundgren, Jérémie reviendra tout d’abord sur le scénario d’origine, et sur la façon dont le projet Dark Angel est finalement devenu ce qu’il est aujourd’hui. Il passera en revue les grands noms de l’équipe technique, reviendra sur les cascades, les explosions, les trucages et autres effets de mise en scène qui ont nécessité beaucoup de « Système D », et évoquera le fait que Dolph Lundgren se soit senti « en confiance » sur le tournage avec le réalisateur Craig R. Baxley. Il élargira ensuite au reste de la carrière de Dolph Lundgren, évoquera en parallèle la carrière de Matthias Hues, ainsi que ce fameux projet de suite qu’il trimballe et annonce régulièrement depuis une quinzaine d’années.

On retrouvera à nouveau Jérémie Damoiseau à l’occasion d’une rencontre avec Hélène Merrick (37 minutes), alias la « Fille de Starfix », qui a également pas mal écrit à l’époque pour la revue-culte Ciné-News. Cette dernière reviendra sur ses rencontres répétées avec Dolph Lundgren, sur sa chance de l’avoir vu sortir d’une piscine, ainsi que sur les nombreux articles qu’elle aura pu écrire à son sujet dans différentes revues, de Sport Tonic à Jeune et Jolie. Avec Jérémie Damoiseau, ils évoqueront la réception du film en France, ainsi que le petit succès qu’il a rencontré à l’époque dans les salles françaises ; Hélène Merrick expliquera ainsi qu’au moment de sa sortie en salles le 13 juin 1990, Dark Angel n’avait « pas grand chose » en face de lui : Miss Missouri, Miss Daisy et son chauffeur ou encore Dragon Ball Z, le film. Si les équipes de MDC Films ont naturellement pris soin d’illustrer par l’image les propos de la journaliste, ils n’en demeurent pas moins une grosse erreur de sa part : le premier film dérivé de la série animée Dragon Ball Z à se voir distribué dans les salles françaises ne sortirait en effet que le 31 octobre 1995, soit plus de cinq ans après le film de Dolph. Par la suite, la journaliste expliquera sa nostalgie pour les héros des années 80 dans une vibrante ode à la masculinité héroïque – « des hommes, des vrais » soupire-t-elle.

Enfin, on pourra mesurer l’impressionnant bond qualitatif que nous propose cette édition Haute-Définition de Dark Angel grâce à un transfert de la VHS du film, éditée en France au début des années 90 (VF, 1h28), et on terminera avec une galerie de photos (4 minutes) et deux bandes-annonces du film. On notera que la quasi-intégralité des suppléments est exclusive à cette édition française. Pour vous procurer cette édition limitée à 1000 exemplaires, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

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