Test Blu-ray : Class of 1999

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États-Unis : 1990
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Mark L. Lester,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h39
Genre : Science-Fiction, Action
Date de sortie DVD/BR : 26 novembre 2019

 

En 1999, l’insécurité atteint un niveau critique. Des gangs s’affrontent dans les rues à l’aide d’armes automatiques et certains quartiers sont inaccessibles aux autorités. Au milieu de l’une de ces zones, le proviseur d’un lycée de Seattle a recours aux services de Bob Forrest, patron d’une entreprise de robotique. Trois androïdes militaires reconvertis en professeurs viennent ainsi gonfler les rangs du corps enseignant…

 


 

Le film

[3,5/5]

On ne vas pas se mentir, ni tenter de vous la faire à l’envers : les plus âgés parmi nos lecteurs savent pertinemment qu’il y a ne serait-ce que quinze / vingt ans, personne n’était très tendre avec Class of 1999. Série B tirant tout doucement vers le Z, le film de Mark L. Lester n’a jamais eu particulièrement bonne presse, et les amateurs de cinéma fantastique marquaient généralement le plus profond dédain pour ce petit film, que tout le monde considérait comme raté dans les grandes largeurs. Grosso modo, cette [fausse] suite de Class 1984 était à peu près aussi respectée que le cinéma d’Albert Pyun (Nemesis), avec qui il entretient d’ailleurs pas mal de similarités.

Mais il semble aujourd’hui que le temps ait fait son œuvre de réhabilitation, du moins en ce qui concerne la « forme » du métrage. Mis en boite à une époque où les effets spéciaux étaient encore fabriqués à même le plateau de tournage, sans recours comme aujourd’hui au « tout numérique », Class of 1999 est devenu, tout comme d’autres films tournés durant ces années-là d’ailleurs, une espèce de symbole d’un certain cinéma à l’ancienne, sur lesquels de véritables « artisans » des effets spéciaux pouvaient encore s’exprimer et laisser libre cours à leur Art, fortement teinté de créativité et de système D. Et il faut bien admettre qu’à ce niveau-là, Class of 1999 s’avère en effet un parfait représentant de l’inventivité et de la fantaisie de ces artisans d’un certain type de spectacle « old school ».

Ainsi, les reproches que l’on pouvait faire au film en 1990, concernant par exemple son scénario simpliste et presque incohérent, restent toujours autant d’actualité, mais s’effacent finalement largement en comparaison du plaisir que pourra prendre le spectateur à retrouver les sensations authentiques que pouvait prodiguer le déluge d’effets spéciaux animatroniques – qui se drapent aujourd’hui d’une coloration presque poétique – que nous réserve le dernier tiers de Class of 1999. Pour le reste, on admettra que le contrat de confiance tacite entre Lester et le spectateur est tout de même respecté : plus ouvertement spectaculaire que le premier épisode (un peu moins politisé également), le film s’impose comme un pur divertissement, délaissant la tentation de la provocation et des scènes-choc pour se livrer un pur film d’action prenant place dans un univers de science-fiction développant une vision du futur typique des années 90 – celle que l’on retrouvera en substance dans toute la filmographie d’Albert Pyun durant les années 80/90.

Et côté action, on est servis, notamment grâce à des profs-cyborgs dont les fusibles semblent avoir complètement grillé, et qui buteront à peu près tous ceux qui se dressent en travers de leur chemin. Ces profs-robots, dont les actions sont supervisées par un albinos à la nuque longue, ce sont rien de moins que , inoubliable Foxy / Coffy / Friday / Sheba de la Blaxploitation (qui n’avait à l’époque pas encore été redécouverte par Tarantino), , papa du petit monstre en cavale dans la saga Le monstre est vivant, et enfin , qui fait partie de ces visages familiers du cinéma d’action des années 90 sur lesquels vous n’arrivez habituellement jamais à remettre un nom. On notera également la présence au casting de Malcolm McDowell qui, s’il conserve encore un certain prestige grâce à Orange mécanique, est devenu depuis les années 90 un gros gros gros cachetonneur du bis, et un des visages les plus récurrents de la série B depuis une trentaine d’années.

Aujourd’hui, toute la valeur ou presque de Class of 1999 se situera dans la dernière partie du film, complètement folle et volontiers grotesque dans son déluge d’action décérébrée : motos dans les couloirs, explosions à tous les étages, armes de destruction massive, gore exagéré et grand-guignolesque… Un quart d’heure de grand spectacle en mode fun et jouissif pour un film qui, trente après sa sortie, mérite de ce fait clairement d’être redécouvert.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

C’est sous les couleurs d’ESC Éditions que l’on pu voir débarquer en fin d’année dernière le Blu-ray de Class of 1999. Le film était en réalité déjà disponible depuis quelques années en Haute Définition sur le territoire français, mais dans une édition « pirate » distribuée comme si de rien n’était à un prix dérisoire dans la grande distribution. Il va sans dire que côté image, cette nouvelle édition estampillée ESC Éditions écrase littéralement la précédente : la préservation maniaque du grain argentique ne gâche en rien le rendu HD du film, riche d’un niveau de détail très satisfaisant. La photo du film signée Mark Irwin (La mouche) est respectée à la lettre, les couleurs sont naturelles et parfaitement saturées. Côté son, la VO en DTS-HD Master Audio 2.0 impose une bande son étonnamment efficace, offrant beaucoup plus de clarté, d’ampleur et de petits détails sonores que les éditions précédentes du film. Ce mixage s’avère fidèle à l’esprit du film, et propose des effets sonores subtils. Les dialogues sont également présentés de façon claire et équilibrée : une expérience sonore optimale, surtout compte tenu de l’âge du film. Cela dit, les nostalgiques ayant découvert le film gamins en VF se tourneront probablement tous vers la version française du film, encodée en DTS-HD Master Audio 2.0 (mono d’origine), qui se révèle claire et précise, et a pour elle l’avantage de son doublage aux voix connues des amateurs de versions françaises de l’époque.

Du côté de la section suppléments, c’est un véritable festival : on trouvera en effet plus d’une heure et quarante minutes de bonus, ce qui représente, mine de rien, plus que le film en lui-même. On commencera avec un entretien avec Olivier Père, le directeur du cinéma d’Arte, qui reviendra sur la carrière de Mark L. Lester, sur le contexte de production du film et surtout sur les différences qui l’opposent au premier opus. On continuera avec un entretien avec le producteur / réalisateur Mark L. Lester et le coproducteur Eugene Mazzola (23 minutes), au cœur duquel Lester déclare, entre autres, avoir apprécié le fait de prendre des éléments réels dont il a volontairement gonflé et exagéré l’ampleur ; on y apprendra une anecdote assez amusante sur la perruque que portait Stacy Keach dans le film, d’une valeur de… 3000 dollars ! On trouvera ensuite un entretien avec le scénariste C. Courtney Joyner (19 minutes), qui expliquera notamment que dans l’histoire imaginée à l’origine, les profs-robots ne devaient pas avoir une apparence humaine. Il se remémorera également son enthousiasme à l’arrivée sur le projet du directeur photo Mark Irwin, connu pour son travail aux côtés de David Cronenberg. On enchaînera d’ailleurs avec un entretien avec le chef-opérateur Mark Irwin (19 minutes), qui évoquera son arrivée sur le projet ainsi que ses souvenirs du tournage. Et comme on s’est gardé le meilleur pour la fin, on terminera avec un entretien avec les créateurs des effets spéciaux Eric Allard et Rick Stratton (20 minutes). Etant donné que les effets spéciaux constituent réellement le point fort du film, écouter les deux lascars s’exprimer sur leurs difficultés autant que sur leurs « trucs » afin de donner le change à l’écran s’avérera un vrai plaisir, d’autant qu’ils sont drôles et citent tous deux des anecdotes très amusantes. Le tout est entrecoupé de photos du tournage illustrant leurs propos. La traditionnelle bande-annonce est également disponible.

 

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