Test Blu-ray : Une bible et un fusil

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Une bible et un fusil

États-Unis : 1975
Titre original : Rooster Cogburn
Réalisation : Stuart Millar
Scénario : Martha Hyer
Acteurs : John Wayne, Katharine Hepburn, Anthony Zerbe
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h47
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 5 mai 1976
Date de sortie DVD/BR : 15 avril 2021

Démis de ses fonctions pour avoir fait un usage excessif de la force, le marshal Rooster Cogburn reprend son insigne pour retrouver les pillards en possession d’une mitrailleuse et d’un chargement de nitroglycérine. Des bandits également coupables du massacre de soldats et du meurtre d’un pasteur. Si Cogburn recueille la fille de celui-ci, une missionnaire d’un certain âge, ainsi qu’un jeune indien, il n’en doit pas moins poursuivre sa traque en territoire hostile…

Le film

[3,5/5]

A première vue, on pourrait considérer Une bible et un fusil comme une espèce de remake western de African Queen, né du succès de Sierra Torride et d’autres comédies prenant place dans l’Ouest sauvage et opposant un cow-boy à une femme de caractère. De fait, et même s’il s’agit en fait d’une suite de Cent dollars pour un shérif (1969), Une bible et un fusil vaut surtout pour le fait qu’il réunisse à l’écran John Wayne et Katharine Hepburn – deux légendes Hollywoodiennes qui n’avaient encore jamais été mises face à face – et que, contre toute attente, l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne parfaitement.

Délaissant l’âpreté du film original, Une bible et un fusil joue donc la carte de la comédie, et du spectacle familial. Afin de se concentrer – comme il se doit – sur ses deux acteurs et sur le show qu’ils livrent au public, les auteurs du film ont fait le choix d’aborder le genre par le biais de la « sécurité ». On entend par là que le film aborde le western par le biais d’éléments typiques et bien établis, avec des décors et des paysages pittoresques tirant sur le cliché, et une intrigue très classique avec l’inévitable grand méchant et le rapprochement attendu entre ces deux personnages que tout oppose.

Le déroulement de l’intrigue, sans surprise, permet ainsi à John Wayne et Katharine Hepburn, tous deux âgés de 67 ans au moment du tournage, de déployer tout leur talent et leur énergie afin de rendre leurs personnages attachants. Assumant tous deux leur vieillissement, ils campent de vieilles carnes entêtées, sans avoir peur du ridicule. L’affrontement entre ces deux monstres sacrés du cinéma US est somme toute assez réjouissant : les saillies verbales fusent, et le duel entre le cow-boy alcoolique et misogyne d’un côté et la vieille bique sûre d’elle et dirigiste de l’autre réservera à coup sûr quelques éclats de rire au spectateur.

Mais d’une façon assez paradoxale, le fait qu’Une bible et un fusil reprenne le personnage principal de Cent dollars pour un shérif joue à la fois pour et contre le film de Stuart Millar, car dans un sens, le spectateur sera bien content de retrouver le personnage de Rooster Cogburn (ou « Coq hardi Cogburn » comme ils le disent dans la VF). Cependant, à l’inverse, le fait que ce nouveau film soit clairement orienté « comédie » est un peu dur à avaler pour l’amateur de western, qui garde forcément un souvenir ému du film original, qui fut d’ailleurs le seul pour lequel John Wayne obtint un Oscar – en 50 ans de carrière.

Dur à avaler, certes, mais finalement, Une bible et un fusil reste facile à digérer, tant le film s’avère enlevé et toujours plaisant. Pour les amateurs du cinéma de John Wayne, le fait de le voir tourner dans ce genre de western comique est un signe des temps, et du déclin du genre. En effet, en 1975, la figure du héros « bigger than life » a peu à peu laissé la place aux anti-héros et aux laissés pour compte du Nouvel Hollywood, et le déclin du personnage de Coq hardi Cogburn, perdu au cœur d’un monde qui ne l’accepte plus, peut clairement être mise en parallèle avec la carrière de John Wayne, dont il s’agit de l’avant-dernier film.

Le Blu-ray

[4/5]

Après une première édition Blu-ray en 2013, sous les couleurs d’Universal Pictures, Une bible et un fusil vient de réapparaitre en France au format Haute-Définition, mais cette fois sous la bannière de Sidonis Calysta, qui l’intègre à sa riche collection « Western de légende ».

A première vue, le master utilisé ici par Sidonis est le même que celui dont le public français avait pu se régaler en 2013 : si l’image est globalement assez douce, le niveau de détail est correct et le piqué tout à fait satisfaisant pour un film de cette époque. L’ensemble est également propre et stable, et on ne trouvera rien à redire ni aux couleurs, éclatantes, ni aux contrastes, solides et réguliers tout au long du film. On notera quelques noirs « bouchés » sur les scènes les plus sombres. Côté son, l’éditeur Sidonis Calysta nous propose deux mixages DTS-HD Master Audio 2.0 en mono d’origine. Dans les deux cas, la restitution acoustique est très satisfaisante, les dialogues sont clairs et l’ensemble est très propre, sans souffle ni craquements disgracieux. Du beau travail.

Du côté des suppléments, on trouvera tout d’abord une présentation du film par Jean-François Giré (15 minutes). Ce dernier y reviendra sur Cent dollars pour un shérif et son remake par les frères Coen (True grit, 2010) avant de s’attarder plus précisément sur Une bible et un fusil. Comme à son habitude, il en évoquera l’intrigue en long, en large et en travers, sans pour autant réellement nous proposer d’analyse en tant que telle. On terminera ensuite avec les traditionnelles bandes-annonces, qui s’accompagneront d’un long entretien avec Katharine Hepburn (49 minutes), réalisé en 1985. L’actrice y reviendra sur sa vie ainsi que sur sa carrière, avec une honnêteté tout à fait réjouissante. Ses plus grands films ainsi que les rencontres décisives y seront largement évoquées ; en revanche, et puisqu’il s’agit d’une interview « carrière », elle ne reviendra que très brièvement sur Une bible et un fusil – ce qui est somme toute logique.

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