Test Blu-ray : Triplex

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Triplex

 
France : 1991
Titre original : –
Réalisation :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h36
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 17 avril 1991
Date de sortie DVD/BR : 26 septembre 2018

 

 

Nicolas a tout perdu. Victime d’une machination ourdie par des concurrents malveillants, il se retrouve en prison. La jeune avocate commise d’office obtient son acquittement et depuis, il ne la lâche plus. Mais la belle n’est pas libre. Son compagnon est aussi avocat et c’est lui qui défendait les intérêts de la partie adverse, dont il est en réalité complice. Dès lors, les ennuis ne font que commencer pour ce trio infernal…

 

 

Le film

[4/5]

Georges Lautner et Didier van Cauwelaert ont collaboré sur trois films. Le romancier français a tout d’abord signé les dialogues de La maison assassinée en 1988, puis le scénario de L’invité surprise en 1989. Cette deuxième expérience fut malheureusement marquée par le fait que le cinéaste et le scénariste ne sont pas parvenus à s’accorder sur la « tonalité » à apporter au film, qui s’avérait un curieux et indigeste mélange de comédie et de film policier. La troisième en revanche fut la bonne : avec Triplex en 1991, le ton est là, de même que la fantaisie, et cette petite comédie romantique oubliée s’impose rapidement comme une excellente surprise.

Déployant son intrigue autour d’un très classique triangle amoureux, Triplex dévoile en effet rapidement sa véritable nature : celle d’une inoffensive sucrerie, mise en scène avec panache et enchainant les idées complètement folles, qui permettent à Georges Lautner de retrouver toute la fantaisie dont il est coutumier depuis les années 60. Ainsi, nombre d’images et de séquences du film resteront à coup sûr gravées dans la mémoire du spectateur, telles que cette incroyable scène d’amour dans un bureau inondé ou ce long passage durant lequel le personnage de Patrick Chesnais cherche à tout prix à se faire arrêter par la police… Des passages quasi-immédiatement anthologiques au cœur d’un film que plus personne ne connaît, ou dont personne ne se souvient de nos jours. Heureusement, fidèle à ses habitudes, la maison Gaumont fait son devoir de mémoire, et a donc choisi ce mois-ci de ressortir de l’oubli cette petite perle.

Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, Triplex demeure donc un film injustement méconnu. Cela dit, on peut néanmoins, avec un peu de recul, trouver des raisons à cette discrétion. Déjà, le moins que l’on puisse dire, c’est que le film n’a pas trouvé son public dans les salles françaises : avec seulement un peu plus de 68.000 entrées, il s’agit d’un des scores les plus faibles jamais rencontrés par Georges Lautner au box-office. Ensuite, on ne pourra s’enlever de l’idée qu’une partie de l’échec du film est imputable au casting du film. Bien sûr, on se prosternera devant le talent fou de Patrick Chesnais, qui porte littéralement le film sur ses épaules et s’avère absolument impérial dans cet emploi de dépressif aux allures de chien battu. On ne peut malheureusement en dire autant de ses deux partenaires, Cécile Pallas et François-Éric Gendron, qui non seulement affichent des capacités de jeu nettement plus limitées que Chesnais, mais aussi et surtout se retrouvaient ici littéralement catapultés en tête d’affiche alors que le public ne les connaissait pas du tout à l’époque (et ne les connaît pas plus aujourd’hui d’ailleurs). Triplex représentait la toute première apparition au cinéma de Cécile Pallas ; indéniablement, elle est l’atout « charme » du film, mais son jeu sonne malheureusement souvent faux. Dans l’absolu, ce n’est pas très gênant pour ce film en particulier, dans le sens où l’intrigue est tellement fantaisiste et absurde que l’on n’attend pas non plus une interprétation « naturaliste » de la part des acteurs. Elle joue comme dans un vaudeville, n’est absolument pas crédible en avocate, mais cela ne pose pas de problème particulier. Par la suite, sa carrière se partagera entre le théâtre (elle a joué dans Le diner de cons en 1993) et la télévision – elle écume d’ailleurs les plateaux depuis vingt-cinq ans, et on a pu la voir dans énormément de séries et fictions françaises : Navarro, Julie Lescaut, Commissaire Moulin, Nestor Burma, Les Cordier juge et flic, Frères et flics, Père et maire, Le jour où tout a basculé ou encore Commissaire Magellan. Le visage de François-Éric Gendron sera peut-être vaguement plus familier au spectateur : on se souvient notamment de l’avoir croisé en courtisan de Brigitte Fossey dans 36-15 code Père Noël – mais c’est surtout sa voix que le public risque de reconnaître : il est en effet la voix française de Sean Bean dans la plupart de ses films. Pour le reste, en tant qu’acteur, sa carrière se concentre également plutôt sur le théâtre et les fictions TV depuis de nombreuses années (Avocats et associés, Camping Paradis, Section de recherches, Commissaire Magellan, Joséphine ange gardien…).

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

C’est Gaumont qui nous propose aujourd’hui de redécouvrir Triplex, dans la nouvelle vague de sa riche et passionnante collection « Blu-ray Découverte ». La galette Haute Définition proposée par l’éditeur nous offre le film au format 1.85 respecté. Le master du film est en bonne forme, la définition et le piqué sont irréprochables, le grain argentique a été scrupuleusement préservé, les couleurs sont éclatantes et les contrastes affirmés. Un beau Blu-ray assurément, rendant justice à la jolie photo du film, signée Yves Rodallec. Côté son, le film mixé en DTS-HD Master Audio 2.0 est d’une belle clarté, sans souffle ni craquements disgracieux, et affiche un beau dynamisme acoustique.

Du côté des suppléments, et outre la traditionnelle bande-annonce du film, on trouvera également un entretien avec Didier van Cauwelaert, qui évoque longuement – et avec une grande modestie – les souvenirs de son expérience auprès de Georges Lautner, et plus particulièrement sur Triplex.

 

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