Test Blu-ray : L’invité surprise

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L’invité surprise

 
France : 1989
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Georges Lautner
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h30
Genre : Comédie, Policier
Date de sortie cinéma : 23 août 1989
Date de sortie DVD/BR : 26 septembre 2018

 

 

Martin Gaillard est témoin de l’explosion d’une voiture piégée et possède même une photo du présumé terroriste. Entre les médias qui veulent le faire parler et les services secrets qui veulent le faire taire, Martin est devenu une cible. Pour se protéger, il mène l’enquête semant la panique mais découvrant le scandale…

 

 

Le film

[2,5/5]

Rien n’est plus volatile que la comédie française. Ainsi, pour une comédie qui trouve son chemin vers le cœur du public et atteint dans une certaine mesure « l’immortalité », ce sont grosso modo dix petites comédies qui rejoignent les strates obscures de la mémoire collective. Qu’il s’agisse de réalisateurs reconnus (Claude Zidi, Gérard Oury, Georges Lautner…) ou même d’acteurs très populaires, il semble que nul ne soit réellement à l’abri, à un moment ou à un autre, d’apparaître au générique d’une comédie dont le titre finira noyé dans la masse de ces films inconnus, dont la plupart des cinéphiles affirment, en toute bonne foi cela dit, n’avoir « jamais entendu parler ». Cette malédiction de la mémoire frappe tellement au hasard qu’elle s’attaque même parfois à des comédies ayant rencontré, au moment de leur sortie en salles, de confortables succès publics. Il convient donc de saluer Gaumont qui, motivé par un indispensable devoir de mémoire, s’évertue, année après année, à ressortir de l’oubli quelques petites comédies françaises dont plus personne ne semble même se remémorer l’existence. L’invité surprise (1989) fait partie de ces exhumations inespérées réalisées par Gaumont.

Fantaisie policière se basant sur un scénario volontiers cartoonesque, L’invité surprise avait tout pour devenir une grande comédie. L’intrigue a été imaginée par Didier van Cauwelaert, et s’avère tout à fait intéressante, tortueuse et pleine de quiproquos plutôt solides ; le casting est composé de têtes connues et généralement appréciées du public, et derrière la caméra, on retrouve donc le talent de formaliste de Georges Lautner, toujours prompt à dynamiser sa mise en scène.

Seulement, patatras – au final, rien ne fonctionne. Ayant visiblement une confiance assez limitée dans le script de Didier van Cauwelaert, Lautner en rajoute des caisses dans le côté artificiel de l’ensemble, ce qui, finalement, tend réellement à mettre une distance entre le spectateur et ce qui se passe à l’écran. Les influences les plus manifestes du film se tournent du côté de la comédie policière US, de Fletch aux trousses (1985) pour l’enquête policière en mode cool au Flic de Beverly Hills (1984), pour la décontraction naturelle du protagoniste principal – avec un clin d’œil évident à Un fauteuil pour deux (1983) en fin de métrage. L’idée d’ériger Éric Blanc en Eddie Murphy français était honorable et aurait parfaitement pu fonctionner, mais le côté décousu et jamais crédible de l’entreprise l’emporte ici sur toute autre considération. La force des films américains cités un peu plus haut étaient bel et bien de garder un pied dans le réel, malgré leur humour.

Le fait de développer un récit policier décousu et déconnecté de la réalité ne plombe pas le film en tant que tel ; en fait, L’invité surprise aurait tout à fait pu fonctionner sur ce principe, mais il aurait fallu à ce moment-là opter pour une intrigue totalement cartoonesque, et aller encore plus loin dans le côté délirant de l’entreprise. En l’état, le film de Lautner semble surtout avoir le cul entre deux chaises, et ne jamais réellement se décider dans quelle direction partir. C’est d’autant plus triste que Georges Lautner semble réellement s’ennuyer à filmer ses acteurs, livrant une réalisation désespérément plate une fois passé le prologue du film, vivant et très intéressant. Certaines séquences tirent donc tout de même leur épingle du jeu : le prologue sur l’émission de TV, la séquence avec Gérard Hernandez reprenant la bande sonore des Tontons Flingueurs, les scènes autour du trio composé par Jean Carmet, et

L’autre problème de taille de L’invité surprise réside dans une monumentale erreur de casting : en flic brutal mis au placard, Victor Lanoux semble en effet constamment à côté de son rôle. En tant que spectateur, on n’y croit pas un seul instant, et l’acteur ne semblait pas réellement y croire non plus, ne faisant aucun effort pour donner un peu de vie à son personnage. On aurait plus naturellement vu dans ce type de rôle des acteurs tels que Gérard Depardieu ou Gérard Lanvin ! Dommage, restent donc quelques séquences amusantes et la bonne humeur d’Éric Blanc, sympathique acteur noir ayant malheureusement disparu des écrans radars depuis quelques années maintenant.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible au sein de la vingt-quatrième vague de la collection Blu-ray Découverte éditée par Gaumont, L’invité surprise s’offre donc un joli lifting Haute Définition : une sortie très inattendue pour une totale découverte en mode fin des années 80. D’un point de vue strictement technique, l’image est de toute beauté, affichant un grain soigneusement préservé, des couleurs éclatantes et des contrastes fins et affirmés. De même, le master semble débarrassé de tous les dégâts infligés par le temps ; en deux mots, le master est de qualité, et le résultat est extrêmement satisfaisant. Côté son, la bande-son est proposée en DTS-HD Master Audio 2.0, mono d’origine. Les dialogues sont clairs et bien découpés, et l’insupportable morceau pop acidulé qui ouvre le film est parfaitement mis en avant.

Dans la section suppléments, en plus de la traditionnelle bande-annonce, on trouvera un très intéressant entretien avec Éric Blanc, qui évoque ses souvenirs de tournage avec la bonne humeur qu’on lui connaît (son rire est très communicatif). Il raconte de façon enthousiaste ses rapports avec Georges Lautner, mais s’avère plus réservé quant à ses relations avec Victor Lanoux, qui s’avérait très froid et difficile. Il se souvient également d’avoir rencontré alors un Michel Galabru très sérieux et concentré, très éloigné de l’image de trublion bon vivant qu’il renvoyait au cinéma.

 

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