Test Blu-ray : Toro

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Toro

 
Espagne : 2016
Titre original : –
Réalisateur : Kike Maíllo
Scénario : Rafael Cobos, Fernando Navarro
Acteurs : Mario Casas, Luis Tosar, José Sacristán
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 1h46
Genre : Thriller, Policier, Drame
Date de sortie DVD/BR : 22 février 2017

 

 

Après quelques temps passés à l’ombre, Toro, un ancien membre de la mafia, est bien décidé à refaire sa vie. Il souhaite plus que tout laisser derrière lui son passé. Mais lorsque sa nièce se fait enlever, il se retrouve entraîné dans une spirale infernale de fuite, de pièges et de violence. Son instinct de tueur va resurgir…

 

 

Le film

[4/5]

Qu’ils soient originaires de n’importe quel pays, les cinéastes abordant le genre du film de gangsters contemporains se contentent en général d’exporter une « mythologie » italo-américaine de la mafia, largement popularisée par des cinéastes tels que Martin Scorsese ou Abel Ferrara dans les années 90. Sous prétexte de co-productions internationales destinées à être vues dans le monde entier, seuls quelques ou éléments visuels et/ou narratifs occasionnels ajoutent parfois une espèce de « couleur locale » à des films qui finissent, au final et bien malheureusement, par tous se ressembler un peu.

La grande force de Toro au contraire est que le film ose ancrer son intrigue au cœur d’une réalité espagnole presque palpable : on est loin du simple folklore touristique, mais bel et bien au cœur d’un pays qui impose ses rites, son rythme, ses usages et autres traditions. Si bien sûr le schéma de l’organisation criminelle de type mafia est de rigueur, l’environnement dans lequel se déroule le nouveau film de Kike Maíllo (quelques années après le très intéressant Eva) est ici un élément-clé ; les paysages idylliques de la Costa del Sol prennent un côté étouffant, sordide, presque monstrueux, à l’image de cette société viciée au cœur de laquelle la police n’est jamais représentée, mis à part par le prisme d’une corporation corrompue et sans visage, exécutant de basses manœuvres pour le compte du parrain local, Don Romano (José Sacristán).

Emporté dans une spirale de violence et de faux-semblants, le personnage principal, Toro (Mario Casas, le beau gosse du film Twilight love), finira par se résigner à l’idée de déterminisme social qui baigne son existence, et adoptera les méthodes pour le moins radicales d’un monde qu’il tentait de fuir – sans concession, le scénario de Fernando Navarro et Rafael Cobos ne lui permet aucune échappatoire. Côté réalisation, Kike Maíllo nous offre un puissant film d’atmosphère, lorgnant par moments sans vergogne du côté du fantastique. Pour ne citer qu’un exemple, l’ascension de Toro vers l’appartement de Don Romano se fait dans des dédales de couleurs vives et variables, accentuant le sentiment d’oppression et de folie de l’ensemble, pour s’achever dans un espace kitsch et rococo, plombé d’images et de reliques christiques, dirigeant Toro vers un final évoquant autant Pedro Almodovar que Dario Argento – il faut vraiment le voir pour le croire.

Polar énervé aux allures de tragédie grecque, baignant dans le sang et la testostérone, Toro s’avère donc une excellente surprise, et la confirmation, cinq ans après Eva, que Kike Maíllo est un cinéaste espagnol majeur, n’abordant jamais le genre à la légère. On attend donc maintenant son prochain film avec impatience !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Comme à son habitude, Wild Side a soigné sa copie en ce qui concerne le nouveau film de Kike Maíllo, et photo sublime oblige (bravo à Arnau Valls Colomer, déjà à l’œuvre sur Eva), a apporté un soin tout particulier au transfert de l’image. Le master de Toro affiche donc une forme littéralement insolente : beau piqué, couleurs éclatantes, profondeur de champ et niveau de détails accrus… Du beau travail. Côté son, VF et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, nous plongeant au cœur d’un mixage d’ambiance immersif à souhait.

Dans la section bonus, on découvrira, outre la traditionnelle bande-annonce, un ensemble de featurettes mises bout à bout dans un seul et même sujet, formant au final un making of très intéressant et relativement complet, qui nous permettra d’écouter les toujours passionnants Kike Maíllo et Luis Tosar, toujours éblouissant de charisme animal.

 

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