DVD — 31 mars 2019
Test Blu-ray : The daughter

 
États-Unis : 2015
Titre original :
Réalisation :
Scénario : Mitchell Lichtenstein
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h31
Genre : Horreur, Drame
Date de sortie DVD/BR : 28 mars 2019

 

Constance Barton et son mari Joseph vivent dans une immense demeure victorienne au cœur de Londres. A l’origine complices et fusionnels, leurs relations se sont ternies depuis l’arrivée de leur fille Angelica, née dans des circonstances traumatisantes. Marquée par cet événement, Constance s’est mise à couver sa fille à l’excès, s’éloignant progressivement de son mari. Un matin, la jeune enfant fait une confidence inquiétante à ses parents : chaque nuit, une mystérieuse présence vient lui rendre visite dans sa chambre. Si Joseph ne prête guère attention aux dires de sa fille, Constance, troublée, tente d’en savoir plus. Effrayée qu’il puisse arriver malheur à Angelica, elle se met en tête de sonder les recoins obscurs de la maison afin de percer à jour la terrifiante menace. A moins que le véritable danger ne soit pas ce qu’elle croit…

 


 

Le film

[3,5/5]

A sa sortie en France en 2008, la comédie horrifique avait généré pas mal de « buzz » sur Internet et sur les réseaux sociaux : le film mettait en effet en scène une jeune femme dont le vagin était garni de dents, et comportait pas mal de scènes d’un mauvais goût qui avait, à l’époque, réjoui ou choqué pas mal de monde (notamment celle du chien qui mangeait un zizi fraichement coupé), même s’il s’agit du genre de films « dont tout le monde parle mais que personne n’a vu ». Teeth s’amusait des codes du « teen movie » tout en brocardant le puritanisme américain, et avait permis à Mitchell Lichtenstein de se faire non pas un nom… Mais un prénom, puisqu’il est en fait le fils de Roy Lichtenstein, figure mythique du Pop Art dans les années 60.

Au cœur de la « hype » et roi de Sundance durant quelques mois, le cinéaste enchainerait en 2009 avec Happy tears, comédie indépendante inédite en France, puis aborderait en 2015 l’horreur à tendance psychanalytique avec The daughter (Angelica en VO). En France, on le pensait définitivement retombé dans l’oubli. C’était sans compter sur la ténacité de l’éditeur Condor Entertainment, rappelle choisit en ce début 2019 de rappeler le nom de Mitchell Lichtenstein à notre mémoire en sortant en Blu-ray et DVD son troisième film (le dernier en date), The daughter.

 

 

Présenté comme un film d’horreur, vendu sur une série de visuels à tendance gothique rappelant fortement l’affiche de L’orphelinat, The daughter comporte en effet en son sein quelques scènes tirant sur le fantastique. Néanmoins, le cœur du récit nous étant narré ici par Mitchell Lichtenstein tient bien d’avantage du drame psychologique, comportant plusieurs niveaux d’interprétation. Dès le générique du film, le ton est d’ailleurs donné, puisque celui-ci met en scène des surimpressions photographiques inspirées des travaux de photographies « d’esprits » effectués durant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle par William H. Mumler, puis par William Hope. A l’époque (qui est également bien entendu celle durant laquelle se déroule le film), ces photos étaient considérées soit comme la preuve de l’existence de certains phénomènes paranormaux, soit comme une supercherie. Quand le couple composé par Jena Malone et Ed Stoppard se retrouve face à ces clichés, la jeune femme déclare qu’elle « croit ce qu’elle voit », lui reste quant à lui fermement convaincu qu’il s’agit de faux. Le cœur du film est là : [Attention SPOILERS] les manifestations paranormales auxquelles assistera quelques bobines plus tard Constance, le personnage incarné par Jena Malone, ne sont ni plus ni moins que des équivalents de ces photos qui défilent durant le générique du film – des projections de son mal-être intérieur, ce dernier étant clairement lié au refoulement de ses pulsions sexuelles. Car si Constance est indéniablement attirée par l’acte sexuel, ce désir est impossible à réaliser dans le sens où, malade, si elle cède à la tentation, elle mourra probablement. Pulsion de vie, pulsion de mort : Eros et Thanatos, œuvrant ensemble au cœur d’un film plus Freudien qu’il n’en a l’air… Ainsi, les apparitions qui perturbent la psyché de Constance prennent-ils la forme de microbes se réunissant afin de créer l’illusion d’un corps et d’un sexe masculins… Ces microbes réunis en une forme humaine s’imposent non seulement comme des symboles de mort mais aussi comme la représentation symbolique de son mari, médecin, qui lui a permis de les découvrir au microscope un peu plus tôt durant l’intrigue.

Bien sûr, on retrouvera dans The daughter le goût prononcé du cinéaste pour les intrigues tournant autour de la condition féminine et du rapport à la sexualité, mais sans forcément avoir recours à la provocation dont il faisait preuve dans son premier film. Dans le dernier tiers du film, Lichtensetein intégrera au récit un personnage de femme forte, qui fera office à la fois de figure maternelle et sexuelle, et qui en précipitera le dénouement, à la fois brutal, sec, inattendu, mais parfaitement cohérent avec le reste de l’intrigue. [Fin des SPOILERS] Un film surprenant !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc Condor Entertainment qui fait aujourd’hui le pari de sortir The daughter en Blu-ray et DVD. Grand bien lui en a pris, car comme à son habitude, l’éditeur nous livre une galette quasi-irréprochable : la définition et le piqué sont d’une précision folle, la superbe photo de Dick Pope est respectée à la lettre, mais malheureusement le tout est proposé en 1080i et ne respecte donc pas le cadencement cinéma à 24 images / seconde. Du côté des enceintes, on trouvera deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (VF / VO) aussi dynamiques dans la restitution de la musique que vraiment immersifs côté ambiance : du beau travail.

Pas l’ombre d’un supplément à l’horizon, mais la découverte du film se suffit à elle-même !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles