Test Blu-ray : The boys next door

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The boys next door

États-Unis : 1985
Titre original : –
Réalisation : Penelope Spheeris
Scénario : Glen Morgan, James Wong
Acteurs : Maxwell Caulfield, Charlie Sheen, Patti D’Arbanville
Éditeur : Carlotta Films
Durée : 1h31
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 2 septembre 1987
Date de sortie DVD/BR : 19 mai 2021

Roy Alston et Bo Richards sont deux adolescents marginaux qui s’ennuient ferme au lycée. Fraîchement diplômés, ils n’ont d’autre perspective qu’une vie de dur labeur à l’usine locale. Pour leur dernier week-end de liberté, ils décident de partir en virée à Los Angeles. Les années de rage et de frustration contenues vont déclencher en eux une véritable folie meurtrière…

Le film

[4/5]

The boys next door est sorti sur les écrans américains en 1985 – soit il y a plus de 35 ans – mais s’avère encore aujourd’hui extrêmement méconnu en France. Né de la fascination américaine pour la violence et la figure du « serial killer », le film de Penelope Spheeris s’impose pourtant comme un film assez inoubliable – par quel mystère est-il retombé dans les limbes de la mémoire collective ? Trop « américain », peut-être ? Toujours est-il que The boys next door est une espèce de chaînon manquant entre la « teen comedy » du début des années 80, qui serait largement popularisée par le cinéma de John Hughes, et le film de serial killer froid et implacable à la Maniac (William Lustig), dont un des représentants les plus glaçants, Henry portrait d’un tueur en série (John McNaughton), sortirait l’année suivante.

Pour les nombreux cinéphiles qui le découvriront ce mois-ci grâce à Carlotta Films, The boys next door s’imposera en effet comme une sacrée surprise – un film puissant, posant un regard sombre et conscient sur la colère larvée de toute une génération de parias made in U.S.A, que la société même invite à sombrer lentement mais sûrement dans l’abîme de l’autodestruction. Pourtant, The boys next door n’est ni un inédit ni un DTV : ce deuxième film de Penelope Spheeris a même connu une distribution dans les salles françaises, en 1987, sous le titre De sang froid.

Ainsi, à cause ou en dépit d’un titre et un sujet similaire au chef d’œuvre de Richard Brooks (dont on vous parlait il y a une quinzaine de jours), ce De sang froid aussi violent que crépusculaire semble être retombé totalement dans l’oubli. C’est dommage, car même s’il n’est certes pas toujours totalement maîtrisé d’un point de vue technique, le film de Penelope Spheeris aurait sans doute mérité mieux que la discrétion quasi-confidentielle dans laquelle il est sorti sur les écrans français. On espère que cette deuxième vie que lui propose Carlotta, cette fois sous son titre original The boys next door, permettra enfin au film de trouver son public dans l’hexagone.

Plongée suffocante dans les méandres de la criminalité juvénile, The boys next door permet à Penelope Spheeris, documentariste de renom, de traiter de ce sujet passionnant avec beaucoup de réalisme, sans concessions ou presque au grand spectacle Hollywoodien. Porté par le jeu fébrile de Maxwell Caulfield et de Charlie Sheen, le film explore la rage profonde de cette génération d’adolescents en perdition, dont le seul avenir semble être l’aliénation d’une vie assommante dans l’usine du coin. Au scénario, Glen Morgan et James Wong, futurs piliers de la série X-Files et créateurs de la saga Destination finale, parviennent à construire deux personnages solides, dont le détachement émotionnel semble né d’un environnement familial, scolaire, économique et social totalement démissionnaires ayant contribué à les plonger dans une insécurité constante.

Fine observatrice de la nature humaine, la réalisatrice Penelope Spheeris s’avère très habile dès qu’il s’agit de présenter, en quelques plans, un milieu ou une classe sociale. Dès lors, la colère qui torpille littéralement l’existence du personnage de Roy (Maxwell Caulfield) ne fera qu’augmenter au fur et à mesure que l’intrigue de The boys next door avance, motivée à la fois par une insupportable pression sociale et par une homosexualité refoulée qui deviendra de plus en plus évidente au fil des séquences. Entre les épisodes de violence, la cinéaste parvient à capturer l’ambiance décadente du Los Angeles nocture, éclairée par les néons rose vif malades du Sunset Strip.

Au final, The boys next door s’attache donc à nous montrer comment l’existence morne et banale de deux jeunes adolescents peut déboucher sur la violence et le crime gratuit. Bien plus explicite que le titre français, le titre original pour lequel a opté Carlotta résume par ailleurs parfaitement le propos de l’auteur : l’innocence et la normalité peuvent cacher des abîmes insoupçonnés de perversité meurtrière et de folie homicide. Et si le prochain Teb Bundy vivait à côté de chez vous ?

Le Blu-ray

[4/5]

Quelques jours seulement après la trilogie Angel, c’est aujourd’hui The boys next door qui rejoint en Blu-ray les rangs de la prestigieuse « Midnight Collection » de Carlotta Films. Du côté du transfert Haute Définition, c’est du tout bon que nous propose Carlotta : la restauration 4K a fait place nette des taches et autres petits défauts : on ne dénotera pas le moindre petit problème de compression, le piqué est précis et la définition solide, les gammes de couleurs sont globalement bien rendues, de même que les noirs, profonds comme une pensée d’Alain Finkielkraut. On notera néanmoins une légère granulation sur les scènes plongées dans le noir quasi-complet. Côté son, la VO comme la VF sont mixées en DTS-HD Master Audio 1.0 d’origine et de belle tenue générale. Toutes deux s’avèrent équilibrées et tout à fait intelligibles, avec une belle harmonie entre la musique, les bruitages et les voix.

Du côté de la section suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord un intéressant entretien avec Penelope Spheeris et Maxwell Caulfield (21 minutes), dans lequel la réalisatrice et l’acteur principal reviendront sur la production de The boys next door, en n’éludant ni sa violence, ni l’importance du décès du frère de la cinéaste dans la tonalité du film. Ils reviendront également, entre autres, sur leurs carrières respectives à Hollywood ainsi que sur la personnalité de Charlie Sheen, qui avait, selon Caulfield, « déjà vendu son âme au diable » au moment du tournage. On continuera ensuite avec un intéressant retour sur les lieux de tournage du film (14 minutes), présentés tels qu’ils étaient à l’époque et tels qu’ils sont aujourd’hui. On terminera avec un générique alternatif assez esthétique et réussi, deux scènes alternatives légèrement différentes du montage final ainsi que qu’avec la traditionnelle bande-annonce.

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