Test Blu-ray : St Agatha

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États-Unis : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , , ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Program Store
Durée : 1h39
Genre : Horreur
Date de sortie DVD/BR : 20 mars 2019

 

Dans les années 1950, dans une petite ville de Géorgie, une jeune femme enceinte nommée Mary cherche refuge dans un couvent. Ce qui semble être l’endroit idéal pour avoir un enfant se change en une nappe sombre où le silence est forcé, les secrets les plus horribles sont cachés, et chaque once de volonté de Mary, rebaptisée Agatha par la mère supérieure, est testée tandis quelle prend conscience de l’infâme réalité du couvent et des gens qui se cachent dans ses couloirs…

 


 

Le film

[3/5]

En signant, coup sur coup, trois épisodes de la saga Saw entre 2005 et 2007, a malheureusement pour lui rapidement été catalogué comme un « yes man » sans âme, un mercenaire du cinéma d’horreur dont le nom devenait presqu’automatiquement péjoratif dans le petit monde des amateurs du genre. Pourtant, si cette étiquette lui colle encore aujourd’hui à la peau, le cinéaste fait tout ce qu’il peut depuis une douzaine d’années pour essayer de prouver au monde qu’il est autre chose que le réalisateur de Saw II, Saw III et Saw IV. En 2008 déjà, il créait la surprise avec Repo ! The genetic opera, comédie musicale horrifique adaptée d’un de ses propres courts-métrages. Inégal mais attachant, le film, imaginé par Bousman et Terrance Zdunich, deviendrait rapidement le fer de lance de son cinéma « personnel », et servirait largement de base à The devil’s carnival (2012), film très court – 56 minutes – qui serait projeté à travers les Etats-Unis par le biais d’un « road tour » prenant la forme d’un cirque itinérant. En 2015, rebelote avec Alleluia ! The devil’s carnival, qui serait à nouveau projeté à travers le pays de l’oncle Sam lors d’un grand road tour de plusieurs dates. Entre ces films personnels (le troisième opus de la saga Devil’s carnival est d’ailleurs dans les tuyaux), tourne régulièrement de petits films horrifiques l’étant probablement un peu moins, tout en s’entourant le plus souvent de la même bande d’acteurs et de techniciens, qui contribuent à assurer une certaine continuité esthétique entre les différents maillons de son œuvre.

Tourné en 2018, fait partie de cette veine de films là : peu personnel, mais dans la parfaite continuité de ses films précédents d’un strict point de vue formel. Le film s’attache donc à tenter de ressusciter un genre éteint depuis quelques années, mais que le succès de et de auraient pu relancer : il s’agit bien sûr de la « nunsploitation » (un terme parfois francisé en « nonnesploitation »), sous-genre du cinéma d’exploitation très en vogue dans les années 70 impliquant habituellement un ou des personnages de sœurs chrétiennes, et jonglant avec des thématiques religieuses, sexuelles ou plus explicitement fantastiques. De fait, s’il n’est certes pas totalement réussi (notamment à cause de sa gestion du rythme mal assurée), est tout de même traversé de visions proprement cauchemardesques, et propose à intervalles très réguliers des plans de toute beauté : en dépit d’un budget probablement étriqué, le directeur de la photo Joseph White, collaborateur de longue date de Bousman, est vraiment parvenu à tirer le meilleur des décors et des lumières disponibles sur le plateau. Ainsi, certains plans –notamment les flashbacks– affichent une absolue continuité avec des films tels que Repo ! The genetic opera, et sont immédiatement repérables comme issus de la filmographie – et de l’esprit tordu – de .

Et mine de rien, à une époque où le cinéma d’horreur tend malheureusement à s’uniformiser, le fait de reconnaître en l’espace de quelques plans la « patte » visuelle d’un cinéaste est déjà assez rare. Peu importe donc finalement si le film fait plutôt partie de la moyenne basse de son auteur – on en attendra le suivant avec d’autant plus d’impatience ! Surtout s’il s’agit du troisième épisode de The devil’s carnival, saga horrifique unique et passionnante sur laquelle un éditeur vidéo français ferait bien de se pencher en vue de la sortie d’une intégrale DVD / Blu-ray !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Pour son arrivée sur support Blu-ray sous les couleurs de Program Store, s’offre un master de haute tenue, aux couleurs parfaitement saturées et au piqué d’une précision étonnante. Beaucoup de scènes se déroulant de nuit, l’éditeur a tout particulièrement soigné la profondeur de ses noirs : le résultat est remarquable ; au final, ce Blu-ray fait donc clairement honneur à la belle photo du film, pourtant le plus souvent plongée dans l’obscurité. On ne dénote pas non plus de souci de compression : si les arrière-plans laissent par moments apparaître de légers fourmillements, l’éditeur compose parfaitement avec le matériau dont il dispose et nous offre un travail d’encodage remarquable, dont l’impact est encore renforcé par la présence de deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 (VF / VO), immersifs et très efficaces dans les séquences les plus terrifiantes ou lors des quelques « jump scares » qui vous feront à coup sûr sauter au plafond. En revanche, le film n’est proposé qu’en 1080i, réduisant légèrement sa durée d’1h42 dans les salles à 1h39 en vidéo, ceci étant dû à un défilement à 25 images / seconde, comme sur le format DVD. On notera également que la version française du film, malheureusement doublée en Espagne sous la direction de Michael Rudy Cermeno, nous propose toujours les mêmes sempiternelles voix aux intonations monocordes, ce qui pourra nuire un peu à l’immersion au cœur du film si vous choisissez de le visionner dans la langue de Molière.

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose la traditionnelle bande-annonce du film.

 

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