Test Blu-ray : Rolling thunder – Légitime violence

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États-Unis : 1977
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 1h35
Genre : Thriller
Date de sortie DVD/BR : 8 juillet 2015

 

 

1973. San Antonio, Texas. Charles Rane est un vétéran de l’armée. Considéré comme un héros de guerre par sa ville, il se voit offrir de nombreux cadeaux par la communauté. Une bande de voleurs y voit l’occasion de s’enrichir et prend d’assaut la maison du commandant. Sa femme et son fils y perdent la vie. Six semaines plus tard, l’heure de la vengeance a sonné pour Rane…

 

 

Le film

[4/5]

, également connu sous le titre dans l’hexagone, est un film qui est demeuré longtemps invisible, et que sa nature « fantasmée » par de nombreux cinéphiles n’ayant pour point d’ancrage que les dithyrambes que lui sert depuis vingt ans le cinéaste aura probablement rendu vaguement déceptif pour de nombreux spectateurs. Souvent enflammé quand il en parle, le réalisateur de Pulp Fiction a au fil des ans fait naître une aura de « culte » autour du film de , annoncé comme une bande d’exploitation badass et nerveuse au possible, mais qui est en réalité un film beaucoup plus désabusé qu’il n’y parait, tout en non-dits et en violence contenue.

Jusqu’ici inédit en France depuis son exploitation sur support VHS il y a une trentaine d’années, arrive donc aujourd’hui dans un superbe coffret Blu-ray / DVD contenant également un livre de 128 pages, sous les couleurs de Wild Side Vidéo. Un superbe objet qui devrait remettre quelques pendules à l’heure, le film étant probablement assez éloigné de ce que beaucoup s’attendaient à voir. Le scénario signé développe en effet une tension diffuse sur la durée, que le réalisateur entretient avec talent jusqu’à l’explosion finale, qui s’avère en réalité le seul moment vraiment « badass » du métrage. Douleur, frustration, colère, insurrection : le personnage interprété par , tout comme celui incarné par , sont de véritables cocottes-minutes, prêtes à exploser, mais des années de détention leur ont appris à dissimuler, à encaisser, à souffrir en silence. A la façon du personnage de Travis Bickle dans Taxi driver, il suffira d’une frustration « de trop » pour que la violence explose, mais au contraire du personnage incarné par Robert De Niro dans le film de Scorsese, la vengeance du major Rane sera froide et savamment calculée.

En résultent donc dix dernières minutes de métrage d’une brutalité estomaquante, un gunfight de folie venant clôturer en beauté un film tendu et puissant : une séquence incroyable et brute de décoffrage, rappelant le meilleur du Guet-apens de Peckinpah, et dont réalisera un quasi-remake en fin de dernière bobine de Justice sauvage quelques années après.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

On l’a déjà dit un peu plus haut, mais on ne se lassera pas de le répéter : le coffret Blu-ray / DVD de édité par Wild Side Vidéo est purement et simplement superbe, et dénote d’une volonté forte de la part de l’éditeur de mettre en avant ce film méconnu et longtemps invisible de . Côté master, on retrouve la copie utilisée pour le Blu-ray britannique édité par StudioCanal : si certains plans « à effets » (fondus enchainés, mentions écrites) dénotent d’une légère baisse de définition, le reste du métrage affiche une belle pêche, avec un grain cinéma conservé et une définition et un piqué accrus, fluctuant cela dit légèrement d’une séquence à une autre. Les plans nocturnes ou en basse lumière rencontrent par moments de petits soucis de contrastes, mais dans l’ensemble, il y a de quoi se montrer satisfait D’autant plus que l’éditeur nous propose de découvrir parallèlement la version « intégrale » et le montage français du film, raccourci de quelques minutes de dialogues (on peut également choisir de visionner la version intégrale en langue française, les passages non doublés apparaissant en VOST). Côté son, la version française d’origine côtoie donc la V.O, toutes deux en DTS-HD Master Audio 2.0 : les deux proposent des dialogues clairs et sans souffle parasite ; on préférera néanmoins la version originale, plus ample et efficace.

Du côté des suppléments, évoquons tout d’abord le livre écrit par Philippe Garnier, intitulé « Tempête sous un crâne : un film prématuré ? », et retraçant la genèse du film, ainsi que la façon dont il est passé à la postérité. Véritable puits de science (au point que ses collègues dans le métier le surnomment le « laboratoire » Garnier), Garnier s’est procuré des documents rares (différentes versions du scénario, rushes, photos de plateau) afin de tenter d’établer une ébauche de « work in progress » concernant , en soulignant habilement les différentes modifications opérées par les phases de réécriture. En fin d’ouvrage, Giordano Guillem dresse également un tableau des séquences coupées dans le montage français du film.

Sur la galette à proprement parler, l’éditeur Wild Side a compilé, outre la traditionnelle et inévitable bande-annonce, deux entretiens avec des membres de l’équipe du film. Un court entretien avec nous permet de (re)découvrir une actrice ayant fait le choix d’arrêter le cinéma il y a quelques années. Elle évoque ses souvenirs de tournage sur les quelques films émaillant sa filmo, et raconte plus précisément ses souvenirs du tournage de . Court, léger et sympathique. Plus conséquente, et produite pour le Blu-ray français, la rencontre avec Lawrence Gordon nous permettra de rencontrer le producteur de nombreux chefs d’œuvres, dont plusieurs films de Walter Hill ou de John McTiernan, et de naturellement. Parfois un poil sur la défensive, il y revient sur les diverses réécritures du film, qui devait à l’origine être réalisé par . Beaucoup plus amusant, il raconte les retours de la première projection-test absolument désastreuse, et nous montre la fiche de renseignements remplie par un spectateur, dans laquelle ce dernier déclare qu’il préférerait emmener sa mère voir Gorge profonde que de revoir le film…

 

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