Test Blu-ray : Revenger

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États-Unis, France, Canada : 2016
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : , Walter Hill
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h35
Genre : Action
Date de sortie DVD/BR : 6 juin 2017

 

 

Frank Kitchen est un tueur sans pitié qui pourchasse ses proies et les abat froidement pour éxécuter ses contrats. Mais cette fois ci, le contrat, c’est lui. Un contrat motivé par un puissant désir de vengeance qui doit le mener sur le chemin de la rédemption. Après s’être fait kidnapper, Frank se réveille avec un nouveau visage… Comprenant qu’il est l’objet d’une terrible manipulation, c’est à son tour de mettre en œuvre sa vengeance : elle sera redoutable…

 

 

Le film

[3,5/5]

Parmi la profusion de cinéastes américains ayant fait leurs armes ou officiant déjà derrière la caméra durant les années 70, seulement une poignée a réussi à aborder le grand tournant des années 80 (l’après-Star Wars) sans y laisser des plumes ou carrément leur âme. Quelques maestros ont certes su confirmer tout le bien que l’on pouvait penser d’eux, mais dans de nombreux cas (De Palma, Coppola…), le meilleur n’était déjà plus « à venir » mais se situait avant la décennie 80. Certains cinéastes cependant sont parvenus à évoluer, à avancer avec leur temps, et même à bonifier leur cinéma, nous livrant avec une étonnante régularité une série de chefs d’œuvres étalés sur les deux décennies. On pense à Steven Spielberg, qui a toujours bénéficié de l’œil bienveillant de la critique et du public depuis ses débuts, à John Carpenter, dont le cinéma a été réhabilité assez tardivement par le Saint des Saints de la critique française Les Cahiers du Cinéma, et enfin à Walter Hill, toujours largement méprisé de l’intelligentsia cinéphile, mais dont le « gros œuvre »contient une série de films absolument formidables, qui obtiendront probablement un jour fort logiquement leur place au panthéon du septième Art comme autant de perles intemporelles. Le bagarreur (1975), Les guerriers de la nuit (1979), Sans retour (1981), Les rues de feu (1984) et enfin Extreme prejudice (1987) – Cela fait déjà cinq chefs d’œuvres sur une période de douze ans. Plutôt pas mal pour cet élève et admirateur de Sam Peckinpah, surtout quand on considère en comparaison que le cinéma de « Savage » Sam s’est quant à lui effondré au tournant de la décennie 80.

En cette époque de bien-pensance généralisée, où le « politiquement correct » domine avec l’aide insidieuse des réseaux sociaux, il serait impossible de retourner à l’identique des films tels que Extreme prejudice (1987) ou Double détente (1988), qui seraient immédiatement la cible de diverses associations cherchant à en interdire la diffusion. De fait, le cinéma de Walter Hill, très « masculin », dans le sens où il s’avère volontiers frondeur, bourrin et très chargé en testostérone, ne trouve de nos jours malheureusement plus d’autre terrain d’expression que la série B. Les productions indépendantes et autres séries B, destinées à un public friand d’une certaine liberté de ton que l’on ne retrouve plus guère que dans les DTV (Direct To Vidéo), ont donc permis à Walter Hill de retrouver le chemin des studios, au prix cependant d’une nécessaire adaptation à des méthodes de tournage moins confortables, et à des budgets ne lui permettant pas forcément de laisser libre cours à son imagination la plus débridée en terme de mise en scène.

Pour autant, Walter Hill n’est pas mort – tel Saint Eloi, il bande encore ! On en veut pour preuve ce Revenger bien hargneux, adapté d’un comic book signé Hill lui-même, et porté par la prestation de Michelle Rodriguez dans un double rôle, à la fois masculin et féminin (qui a dit comme d’habitude ?). Le film bénéficie aussi de solides seconds rôles, tels que Sigourney Weaver, Tony Shalhoub ou encore dans un rôle de truand haut en couleurs ; côté action, les gunfights sont nerveux et très bien découpés / mis en espace, la photo est étonnamment classe et l’ensemble s’impose donc comme un bon petit polar – clairement pas le haut du panier de la filmo de Walter Hill, mais un excellent petit film d’action, bien au-dessus du tout venant de la production DTV actuelle.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Comme à son habitude, TF1 Vidéo nous livre avec Revenger une galette HD tout à fait recommandable. Il faut de toutes façons admettre que l’éditeur fait preuve depuis quelques années d’une belle expertise en matière de Haute Définition : si l’on excepte un petit passage à vide et un recours régulier à un encodage 1080i il y a quelques années, on ne se souvient pas d’un Blu-ray récent édité par TF1 Vidéo qui ne nous ait globalement convaincus. Il fallait un bon savoir-faire technique pour réussir à proposer un beau rendu sur un film tel que Revenger, qui se déroule quasi-exclusivement de nuit, et l’éditeur s’en sort haut la main : outre une définition et un piqué de haut vol (deux-trois baisses de régime à tout casser), le master nous propose une gestion des noirs absolument impeccable : pas l’ombre du moindre effet « quadrillage » ou de banding horizontal, ce qui arrive malheureusement encore trop souvent, et chez de gros éditeurs. Côté son, comme d’hab on a droit à deux mixages en DTS-HD Master Audio 5.1, laissant la part belle aux ambiances bourrines et immersives en diable. A noter que la version française s’avère plutôt convaincante, malgré une spatialisation moins travaillée que sa grande sœur anglophone.

Du côté de la section suppléments, TF1 Vidéo fait dans la sobriété, avec un entretien avec Walter Hill et Michelle Rodriguez mené par le sémillant Didier Allouch. Le cinéaste y revient sur sa volonté de tourner une « bonne » série B, sur sa rencontre avec Michelle Rodriguez, ainsi que sur les différentes contraintes liées à un petit budget. Court mais passionnant !

 

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