Test Blu-ray : Rendez-vous avec la mort

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États-Unis : 1988
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , Peter Buckman, Michael Winner
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h42
Genre : Policier
Date de sortie cinéma : 27 avril 1988
Date de sortie DVD/BR : 25 septembre 2019

 

Qui a organisé un rendez-vous avec la mort pour la terrible Mrs Boynton ? L’un de ses sinistres beaux-enfants ? Son avocat manipulateur ? Un compagnon effacé ? Un membre du parlement ? Une seule personne saura faire la lumière :

 


 

Le film

[3,5/5]

Le personnage d’Hercule Poirot a si fortement été marqué par la prestation de David Suchet, qui l’incarnerait a l’écran de 1989 à 2013 pour la série TV de la BBC, qu’on en oublierait presque que d’autres brillants interprètes ont, durant quelques années, également endossé les frusques élégantes du détective belge issu de l’imagination d’. C’est le cas de Peter Ustinov, qui interpréterait le personnage de Poirot à six reprises entre 1978 et 1988, dans trois téléfilms et trois films de cinéma.

Réalisé en 1988 pour le compte de la Cannon, Rendez-vous avec la mort marquait donc les adieux de Peter Ustinov à Hercule Poirot : des adieux en grande pompe si l’on considère le budget et le casting « quatre étoiles » du film. Derrière la caméra, on retrouve Michael Winner, grand artisan du cinéma populaire, qui assure aussi le montage du film, tout en ayant également contribué au scénario, lui apportant une touche de modernité et d’humour vraiment plaisante. La photo, délicieusement exotique, est signée David Gurfinkel, grand habitué de la Cannon, et la musique par l’immense Pino Donaggio. Autant dire que la réunion de ces talents donnera naissance à l’écran à une poignée de séquences assez époustouflantes, notamment celle qui suit le retour du personnage du docteur King () sur le site de fouilles et sa découverte du cadavre, véritable prodige de timing, de montage et de mise en scène. On retrouve également occasionnellement certaines des obsessions de Michael Winner, surtout dans la manière dont il filme les bad-fonds les plus interlopes de Jérusalem. Le rythme du film est par ailleurs particulièrement bien tenu, et même si l’on connaît globalement le déroulement de l’histoire, il sera littéralement impossible de s’ennuyer tant les séquences s’enchaînent avec malice, s’avérant même parfois surprenantes dans les ajouts qui ont été faits à la trame originale.

Et bien sûr, il y a l’autre grosse valeur ajoutée : celle d’un casting réellement haut de gamme, non seulement porté par Peter Ustinov mais également par une poignée d’acteurs étonnants, que Michael Winner exploite vraiment de façon remarquable. On commencera bien sûr en citant la toujours inquiétante , qui s’avère ici tout particulièrement glaçante, flippante, encore plus peut-être d’ailleurs dans les flash-blacks la mettant en scène, dans lesquels elle apparaît comme un véritable spectre, fantomatique, bizarre, menaçant. Autre physique singulier mis en scène par Winner dans Rendez-vous avec la mort : celui de Jenny Seagrove, dont le potentiel inquiétant serait exploité à fond quelques années plus tard par William Friedkin dans La nurse, et qui ici campe un subtil mélange de force et de fragilité. Au rayon des fortes personnalités, on notera également la présence de Lauren Bacall, impeccable en notable imbue de sa personne, qui s’avère néanmoins attachante par certains aspects. Dans des rôles un peu moins importants, c’est également toujours un plaisir de retrouver – dans un rôle fort éloigné de celui de Ken « Hutch » Hutchinson – ainsi que Carrie Fisher – dans un rôle fort éloigné de celui de la princesse Leia.

En deux mots comme en cent, Rendez-vous avec la mort constitue une excellente petite incursion dans l’univers très codifié d’Agatha Christie. Porté par une série d’acteurs épatants et par une mise en scène évitant l’académisme forcené des adaptations télévisuelles des enquêtes d’Hercule Poirot (qui donnerait dans l’inconscient collectif un « coup de vieux » prématuré aux œuvres de la romancière britannique), le film se déguste trente ans après avec toujours autant de plaisir.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc sous les couleurs de BQHL Éditions, éditeur encore relativement rare sur le front de la Haute-Définition, que nous parvient aujourd’hui Rendez-vous avec la mort. On en est d’ailleurs bien contents, impatients que nous sommes de posséder l’intégralité des films de Michael Winner en HD. Cette édition Blu-ray fait dans le minimalisme pur et dur, avec un menu animé nous proposant uniquement de lancer le film soit en version française, soit en version originale sous-titrée. Le chapitrage n’est pas découpé par séquences mais aléatoirement, toutes les dix minutes de métrage.

Du côté du master, le transfert de ce Blu-ray de Rendez-vous avec la mort nous permettra de constater un indéniable upgrade par rapport à l’édition DVD sortie en 2006 ; les contrastes et couleurs sont bien gérés, et le léger bruit vidéo parasitant inévitablement l’édition DVD est désormais absent. La copie est d’une belle stabilité, et l’ensemble est proposé en 1080p. Du côté de la définition et du piqué à proprement parler, certains plans passeront mieux que d’autres, et dans l’ensemble, c’est plutôt réussi et agréable à l’œil. Côté son, les deux versions sonores du film ne bénéficient pas d’un upgrade Haute Définition, et sont proposées en Dolby Digital 2.0 d’origine. Les deux pistes audio ne posent pas de problème particulier, l’ensemble est stable, équilibré et toujours parfaitement intelligible. La VF d’origine propose des doublages signés de personnalités bien connues des amateurs : si Peter Ustinov double lui-même en VF le personnage d’Hercule Poirot, lui donnant un curieux accent, on retrouvera avec plaisir les voix d’Anne Jolivet, Jean Berger, Céline Monsarrat ou encore de Patrick Guillemin. Pas de bonus.

 

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