DVD — 05 mai 2019
Test Blu-ray : Premières vacances

 
France : 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , Patrick Cassir
Acteurs : Camille Chamoux, ,
Éditeur :
Durée : 1h42
Genre : Comédie
Date de sortie cinéma : 2 janvier 2019
Date de sortie DVD/BR : 8 mai 2019

 

Marion et Ben, trentenaires et parisiens, font connaissance sur Tinder. C’est à peu près tout ce qu’ils ont en commun ; mais les contraires s’attirent, et ils décident au petit matin de leur rencontre de partir ensemble en vacances malgré l’avis de leur entourage. Ils partiront finalement… en Bulgarie, à mi-chemin de leurs destinations rêvées : Beyrouth pour Marion, Biarritz pour Ben. Sans programme précis et, comme ils vont vite le découvrir, avec des conceptions très différentes de ce que doivent être des vacances de rêve…

 


 

Le film

[3/5]

« Le versant comique du cinéma français fait une fixation pas toujours heureuse sur les vacances. Il doit y avoir quelque chose dans ce moment de détente suprême, attendu parfois pendant toute une année, qui fait bon ménage avec la fonction divertissante du cinéma. Ce doublement de l’effet évasion a ainsi donné naissance à quelques uns des plus grands succès populaires sur les écrans français, avec pour référence éternelle l’univers des Bronzés dont le goût pour les séjours foireux à la montagne continue à porter ses fruits jusqu’à aujourd’hui, comme le démontre la sortie très prochaine des Petits flocons de Joséphine De Meaux. Quand, en plus, cette recette guère originale est associée à une bonne dose d’eau de rose, tous les ingrédients sont a priori réunis pour un désastre filmique. Or, finalement, Premières vacances, le premier film de Patrick Cassir, navigue avec une aisance pas sans charme à travers les hauts et les bas de son intrigue assez improbable. En dépit d’une prémisse passablement bancale – un premier rendez-vous réussi et hop on s’envole ensemble pour des vacances prédestinées à être catastrophiques, vraiment ?! –, le récit sait préserver une certaine malice dans l’observation des différentes options touristiques, bien entendu toutes appelées à échouer à cause de l’incompatibilité initiale du couple.

On se demande bien pourquoi les Français ont mauvaise réputation lorsqu’ils se rendent à l’étranger pour y passer leurs vacances ? La longévité de ce cliché se nourrit de la perception plus ou moins vraie d’une hygiène douteuse, ainsi que du fait beaucoup moins discutable d’un tempérament de râleur incorrigible. En somme – et de nombreux détails du film s’emploient à colporter ces stéréotypes –, les Français voyagent en dehors de leur pays pour mieux se plaindre et y exacerber leurs diverses phobies bactériennes. Heureusement, l’humour de Premières vacances ne consiste pas seulement à se moquer de nos petits travers nationaux, à faire comme si les personnages vivaient en vase clos au sein d’un univers qui ne tourne qu’autour d’eux. Bien au contraire, même si ce couple mal assorti peine à grandir réellement et à rendre son coup de foudre crédible, son immersion dans trois styles de forfaits touristiques presque diamétralement opposés se distingue par le regard nuancé de la mise en scène sur les avantages et les inconvénients de ces offres de changement de décor trompeuses. La déception répétée à trois reprises ne provient alors pas nécessairement des difficultés récurrentes de la part de Ben et de Marion d’accorder leurs violons sur ce qui est beau et désirable. Elle est plutôt le fruit d’une approche sans fard de l’industrie du tourisme avec ses impératifs économiques, philosophiques et dans une moindre mesure écologiques. Le scénario l’intègre dans le flux romantique, sans prétendre pour autant au règlement de compte social, ni à la farce folklorique, évitée de justesse grâce à des personnages secondaires pas aussi caricaturaux qu’il ne paraît à première vue. (…)

On n’ira pas jusqu’à dire que Premières vacances constitue la première bonne surprise de l’année dans le domaine souvent problématique de la comédie française, le film incroyablement amusant contre lequel tous les suivants devraient se mesurer. Il n’en reste pas moins que Patrick Cassir y signe un premier film plutôt adroit dans le jonglage avec un nombre conséquent de clichés, dont pratiquement aucun ne tombe à plat. Car derrière tous ces poncifs étalés avec une élégance notable, il se cache le regard relativement subtil d’un réalisateur ayant parfaitement compris les contradictions plus ou moins hilarantes de son époque. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Après une honorable petite carrière dans les salles ayant réuni un tout petit peu plus de 300.000 français, Premières vacances débarque aujourd’hui sur support Blu-ray sous les couleurs du Pacte, qui distribuait déjà le film en salles. Et même si le film de Patrick Cassir n’est sans doute pas le film le plus spectaculaire afin de démontrer les qualités du support Blu-ray, la galette Haute Définition est très soignée, et fait honneur aux compositions de plans élaborées par le cinéaste et son directeur photo Yannick Ressigeac, qui a su tirer le meilleur des jolis paysages bulgares proposés par le film. Le rendu est en effet de toute beauté, la définition et le piqué sont d’une belle précision, les couleurs superbes et le tout est bien sûr proposé en 1080p : c’est un superbe travail technique. Côté son, l’éditeur nous propose un sympathique mixage DTS-HD Master Audio 5.1, immersif et efficace, même si bien sûr il privilégie les ambiances à la démo d’effets dynamiques. On notera également que Le Pacte n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisque l’éditeur nous propose également un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 plus cohérent si vous visionnez Premières vacances sur un « simple » téléviseur, et sans onéreux système acoustique.

Du côté des suppléments, on trouvera une petite demi-heure d’entretiens avec l’équipe du film : on commencera avec un entretien avec Patrick Cassir, qui reviendra largement et sans pudeur sur la côté autobiographique de Premières vacances, toute la deuxième partie du film ayant été inspirée de ses vacances avec Camille Chamoux – sa compagne – au cœur d’un « all inclusive », le cinéaste déclarant même qu’il avait du intervenir quand cette dernière avait balancé une dame dans l’eau. Il reviendra également sur le processus de casting et ses méthodes de travail sur le film, que confirmeront largement les deux acteurs principaux dans un entretien avec Jonathan Cohen et Camille Chamoux.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles