Test Blu-ray : Petit vampire

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France : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h22
Genre : Animation, Fantastique
Date de sortie cinéma : 26 octobre 1955
Date de sortie DVD/BR : 14 avril 2021

vit dans une maison hantée avec une joyeuse bande de monstres, mais il s’ennuie terriblement… Cela fait maintenant 300 ans qu’il a 10 ans, alors les bateaux de pirates, et le cinéclub, ça fait bien longtemps que ça ne l’amuse plus. Son rêve ? Aller à l’école pour se faire des copains. Mais ses parents ne l’entendent pas de cette oreille, le monde extérieur est bien trop dangereux. Accompagné par Fantomate, son fidèle bouledogue, s’échappe du manoir en cachette, déterminé à rencontrer d’autres enfants. Très vite, il se lie d’amitié avec Michel, un petit garçon aussi malin qu’attachant. Mais leur amitié naissante va attirer l’attention du terrifiant Gibbous, un vieil ennemi qui était sur les traces de et sa famille depuis des années…

Le film

[4/5]

Superstar

Bande dessinée créée par en 1999, fut à l’origine publié chez Delcourt jusqu’à 2005. En 2017, une nouvelle série de ses aventures a également commencé à paraitre chez Rue de Sèvres, avec la collaboration de pour le scénario. Entre temps, avait également connu une existence sous la forme de nouvelles et de romans, en plus d’une adaptation sous la forme d’une série TV animée : 52 épisodes avaient en effet été diffusés sur France 3 entre 2004 et 2005, puis sur Gulli et Boomerang.

A l’automne 2020, a donc refait une courte apparition dans les salles, dans un long-métrage animé réalisé par , et à l’occasion duquel il retrouvait ses collaborateurs Sadrina Jardiel au scénario et Antoine Delesvaux à la direction artistique, déjà à ses côtés pour l’adaptation cinématographique de sa BD Le chat du rabbin en 2011.

, grand confiné

Impossible, dès lors que l’on évoque , de ne pas penser à la façon dont le film de semble intrinsèquement lié à la crise sanitaire du Covid-19. Tout d’abord parce que le film a été une victime collatérale de la fermeture des cinémas en France : sorti une semaine avant le deuxième acte du « Grand Confinement » en octobre 2020, fut forcé d’arrêter sa course à un peu moins de 200.000 spectateurs. Un coup dur pour et son studio d’animation Magical Society, dont il s’agissait du premier film à sortir sur les écrans.

Mais c’est aussi dans l’histoire qui nous est narrée par et sa complice que créera un inévitable parallèle avec la situation sanitaire subie dans le monde entier depuis le début de l’année 2020 : notre gentil petit Dracula est en effet confiné dans sa maison, coupé du monde extérieur pour sa propre protection, depuis rien de moins que… 300 ans ! Une vraie leçon d’humilité pour tous ceux qui se plaignent de leur absence de contacts sociaux depuis un an !

Dans l’ombre des grands

Dans ce version cinéma, nous aurons donc l’occasion d’assister à la « naissance » du personnage en tant que créature de la nuit au cœur d’une séquence de pré-générique très éloignée de la représentation classique que l’on peut se faire du genre animé, surtout lorsqu’il est, comme ici, censé s’adresser aux enfants autant qu’aux adultes. On y découvre en effet une jeune femme attachée à une croix de torture médiévale et prête à être jetée en pâture à une créature Cthulhu-esque vivant au fond d’un puits.

Evoquant les grandes heures du cinéma gothique des années 50/60, et rendant d’ailleurs ponctuellement hommage à Roger Corman et à la Hammer par le biais des séquences mettant en scène le « Ciné-Club » des monstres, multiplie les références au bestiaire classique du cinéma de genre. Réussissant le tour de force de n’exclure ni les enfants ni les parents du spectacle qui leur est proposé, semble avoir trouvé ici l’équilibre parfait entre le lugubre et l’humour, sans jamais tomber non plus dans l’esprit grotesque développé par les fêtes d’Halloween en occident. parvient ainsi à maintenir dans son récit une tension liée à une notion de danger, de menace latente. En évitant le recours à des bons sentiments trop sirupeux, Sfar conserve également au cœur de une idée de « mort », omniprésente, qui plane littéralement sur tout le récit, sans jamais néanmoins entamer ni son humour, ni sa fantaisie.

Le monstre, éternel symbole de différence

Il n’aura échappé à personne que met en scène une poignée de monstres, à l’apparence horrible, parfois absolument débiles ou décalés, mais débordant de gentillesse et d’humanité. Comme souvent avec le cinéma fantastique, les monstres sont avant tout des incompris, et les vrais monstres ne sont pas forcément ceux que l’on imagine. Ainsi, si le fil rouge du récit suit la traque du Capitaine des Morts, Pandora et par le Gibbous, antagoniste les poursuivant depuis des siècles, on découvrira finalement que ce dernier est un personnage plus complexe, torturé et solitaire qu’il n’y parait.

L’univers du film, dont avait déjà largement posé les bases dans ses œuvres passées, est composé de spectres, de créatures étranges et insolites, de vampires ou encore de squelettes. Cette joyeuse troupe macabre compose finalement une espèce de « famille », agissant avec ses propres codes, mais animée d’une réelle solidarité, voire même d’un amour réel. Le regard du cinéaste sur ses personnages est bienveillant, ce qui contribue à faire de un véritable plaidoyer en faveur de la tolérance et du droit à la différence – une prise de position certes bien conventionnelle mais ayant le mérite d’exister.

Une réussite visuelle et technique

En négociant son passage sur grand écran, a néanmoins un peu changé. Le trait haché et anguleux adopté par dans les bandes dessinées réalisées entre 1999 et 2005 a été considérablement « arrondi », voire même un peu lissé, même si le film étonne régulièrement par ses compositions de plans parfois extrêmement chargées et complexes. Pour autant, et comme dans le cas du Chat du rabbin en 2011, le résultat à l’écran est régulièrement de toute beauté, réellement impressionnant de fluidité. Et quelle explosion de couleurs !

Du côté de l’univers sonore, Olivier Daviaud signe une musique très épurée, éloignée des dissonances chères à Danny Elfman auxquelles, en toute honnêteté, on aurait pu s’attendre. Le doublage a également été l’objet d’une attention particulière, bénéficiant des performances remarquables – et remarquées – de (le Capitaine des morts) et (Pandora). Dans les rôles de et de son copain Michel, et succèdent respectivement à Riad Sattouf et Kevin Sommier, qui assuraient le doublage de ces deux personnages pour la série TV de 2004.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est qui édite aujourd’hui au format Blu-ray, et comme à son habitude, l’éditeur nous livre une galette techniquement impeccable. Le master est d’une superbe précision, affichant un piqué d’une précision absolue tout en préservant un grain prononcé. Les couleurs montrent une belle pêche, les noirs sont solides et profonds : du grand Art, sublimant littéralement l’animation nous ayant concoctée par le studio Magical Society. Côté son, fait très fort également, puisque le film bénéficie d’un tonitruant mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Le rendu acoustique s’avère donc d’un dynamisme échevelé, surtout sur les scènes les plus agitées naturellement, et quand le danger rôde, tous les canaux y vont de leur pleine puissance, alors même que le caisson de basses sollicité à intervalles très réguliers. Le film étant déjà visuellement très impressionnant, ce mixage ajoute encore à l’ambiance et participe pleinement à l’immersion du spectateur au cœur de l’intrigue imaginée par . Un sans-faute absolu…

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord un mini-making of (3 minutes) qui nous révélera quelques secrets de fabrication du film. Celui-ci sera complété d’un entretien avec (10 minutes), qui reviendra par webcam (situation sanitaire oblige) de façon un peu plus approfondie sur plusieurs aspects de cette adaptation cinématographique de .

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