Test Blu-ray : Songbird

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États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h25
Genre : Science-Fiction
Date de sortie DVD/BR : 15 avril 2021

En 2024, une pandémie a ravagé la planète, et le virus qui a muté tue à un rythme accéléré. Cela fait maintenant quatre ans que le monde vit en confinement. Les personnes infectées sont forcées de quitter leur maison et envoyées dans des camps de quarantaine. Grâce à son immunité au virus, Nico peut malgré tout continuer ses activités de coursier et passe ses journées à effectuer des livraisons à vélo à travers la ville. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance de Sara, une jeune femme cloîtrée dans son appartement. Malgré les protocoles de sécurité, Sara et Nico tombent amoureux. Mais la jeune femme risque à tout moment d’être expulsée par le service d’hygiène de la ville… Sur le point de tout perdre, Sara garde malgré tout un infime espoir. Se pourrait-il que cette petite flamme entre les deux jeunes gens puisse mettre un terme au cauchemar de l’humanité ?

Le film

[3,5/5]

La plus grande force de , en termes de communication et de marketing, est d’avoir pris tout le monde de vitesse. Durant les débuts de la pandémie de Covid-19 aux États-Unis, et commencent à écrire un scénario inspiré de la situation sanitaire mondiale, et présentent leurs idées à une poignée de producteurs – parmi lesquels Michael Bay. Courant juin 2020, les acteurs répètent à distance et sont formés à tourner avec les différentes mesures de sécurité mises en place, et début juillet, le tournage débute, alors que Los Angeles est en plein confinement. Le tournage s’achèvera le 3 août, faisant de le premier film tourné dans la ville depuis le début de la période du confinement.

Le film d’ n’est donc peut-être pas “le” premier film post-Covid qui nous ait été donné à voir en France (on a en effet eu le loisir de voir Borat 2, Connectés ou Mort à 2020 par le biais des géants de la SVOD Amazon Prime Video et Netflix), mais il s’agit en revanche clairement du premier “blockbuster” surfant sur les événements et sur la pandémie mondiale.

restera donc bien dans l’Histoire du cinéma comme le premier long-métrage d’anticipation lié au virus du Covid-19. Mettant l’accent sur un certain sentiment d’urgence lié à un monde post-apocalyptique complètement déserté, se rapproche néanmoins beaucoup plus dans son ambiance et dans ses thématiques d’une série telle que Walking dead que d’un film “de pandémie” tel que le glaçant Contagion (Steven Soderbergh, 2011) ou le très Hollywoodien Virus (Wolfgang Petersen, 1995).

On ne s’attardera dans ni sur les ravages de la maladie (qui ici a déjà muté jusqu’au Covid-23), ni sur la façon dont elle se répand. Elle flotte ici au-dessus des personnages telle une menace, mais le film aborde déjà “l’après-virus”, avec des personnages qui font leur possible pour vivre avec, pour survivre en quelque sorte. Il semble que ne cherche pas forcément non plus à mettre en garde le spectateur par rapport aux dérives possible d’un confinement total – les auteurs du scénario et s’amusent juste avec les clichés d’un univers en mode “fin du monde”, un peu à la façon d’un récit à la Je suis une légende.

Pour ce faire, ils placent donc au centre de un coursier en vélo, Nico (KJ Apa), ayant littéralement la route – et le monde – pour lui tout-seul. Par sa nature d’immunisé, et grâce à son bracelet jaune, il est un des derniers êtres vivants à pouvoir arpenter les rues. Si bien sûr on tend à se dire qu’un drone ferait probablement son travail de façon plus efficace et plus économique, il faut bien un point de départ au récit, et voilà : le héros de sera donc un petit facteur romantique, un peu comme dans le film tchèque Rêves en rose (Dušan Hanák, 1977).*

L’essentiel de la première partie du film – de loin la plus intéressante – sera donc consacrée à nous présenter les personnages centraux, dans une espèce de flânerie narrative rythmée par les plans impressionnants d’une ville de Los Angeles complètement vide, et par la tension romantique existant entre Nico le gentil petit facteur et Sara (), avec qui il tente tant bien que mal de construire une relation alors même qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de se voir, de se toucher, de se sentir en dehors de discussions en “visio”. Leur contact le plus proche se fera à travers une porte, chacun des deux protagonistes étant enfermé de son côté du monde – une belle idée illustrant la notion de solitude au cœur de la société occidentale contemporaine, même hors période de confinement.

Les personnages secondaires illustrent également cette solitude exacerbée, de la chanteuse accro aux réseaux () au soldat paralysé s’étant confiné lui-même “bien avant que cela devienne à la mode” (). On pense aussi à ce couple composé par et , profitant de la situation sanitaire pour appuyer un statut social dominant. Cette galerie de personnages permet à de proposer une vision “sociale” un peu plus large du monde à l’ère du Covid-23, le film explorant également, de façon assez brève, la stigmatisation sociale dont sont victimes les “immunisés”, détestés par une partie de la population confinée.

La réussite de réside donc finalement réellement dans la façon inattendue avec laquelle le réalisateur parvient à rendre son univers peut-être pas réaliste, mais au moins crédible. Si le dernier acte du film s’avère moins convaincant, c’est sans doute parce qu’il prend le parti de mettre en avant une intrigue de fuite trop classique et déjà vue mille fois auparavant.

Cependant, dans la mise en place qu’il propose d’un monde à la fois différent du nôtre et pourtant ô combien familier, réussit clairement son pari. Derrière la caméra, fait par ailleurs preuve d’un talent inné pour nous livrer des plans efficaces et stylisés, même si certains pourront les trouver un peu trop “clippesques”. Rien d’étonnant à cela : Mason a en effet signé de nombreux clips pour des groupes de métal – notamment Alice in chains et System of a down.

*: vous vous y attendiez à une référence à un film tchèque des années 70 dans cette critique ?

Le Blu-ray

[4/5]

Gros succès en VOD outre-Atlantique, débarque enfin chez nous au format Blu-ray sous les couleurs de , après une période d’exclusivité dédiée à la VOD. L’arrivée du film sur support physique devrait néanmoins permettre aux retardataires et aux allergiques à la VOD de rattraper cet excellent divertissement surfant sur l’atmosphère anxiogène de pandémie mondiale qui occupe nos vies depuis un peu plus d’un an. La galette Haute-Définition de est d’ailleurs de toute beauté. La photo du film, sophistiquée et sublimée par un encodage Blu-ray sans faille (le piqué ne souffre jamais de la basse lumière), est vraiment superbe. Côté son, c’est également un festival de dynamisme : les effets vous feront à coup sûr sauter au plafond. Les deux mixages (VF/VO) sont proposés en DTS-HD Master Audio 5.1, qui passent tous deux en un éclair des ambiances discrètes finement spatialisées à des effets littéralement tonitruants propres à secouer les murs. Du très beau travail.

Du côté des suppléments, nous propose une poignée de bandes-annonces de ses sorties récentes ou à venir (Le gang Kelly, Shadow in the cloud…).

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