Test Blu-ray : Otages à Entebbe

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États-Unis, Royaume-Uni : 2018
Titre original : 7 days in Entebbe
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h47
Genre : Thriller, Histoire
Date de sortie cinéma : 2 mai 2018
Date de sortie DVD/BR : 25 septembre 2018

 

 

1976, un vol Air France de Tel Aviv pour Paris est détourné sur Entebbe, en Ouganda. Les faits qui s’y sont déroulés ont changé le cours de l’histoire…

 

 

Le film

[2,5/5]

« Otages à Entebbe est un énième retour sur des faits sanglants qui avaient tenu en haleine le monde entier dans les années 1970, une époque pas si différente de la nôtre par sa menace diffuse d’un terrorisme amateur contre lequel les pouvoirs en place s’étaient longtemps montrés inefficaces. Malheureusement, le film de José Padilha, un réalisateur plutôt spécialisé dans le cinéma d’action de son pays d’origine, le Brésil, n’apporte pas grand-chose de percutant, ni à la reconstitution de cette prise d’otages au long cours, ni à sa mise en perspective avec un statu quo plus que jamais envenimé au Proche-Orient. (…)

Le grand écart entre le divertissement de haut vol et un regard supposément engagé sur un conflit pernicieux ne réussit guère à José Padilha. D’un côté, le spectacle aurait dû raviver le suspense, considérablement diminué à cause du cadre temporaire délimité précocement par le titre original. Et de l’autre, il est plus que périlleux de prendre parti dans ce trafic d’influences à l’échelle mondiale, que personne n’a osé trancher depuis la création de l’état d’Israël. La gestion du temps dramatique s’avère ainsi peu heureuse, faute de déclencher un compte à rebours passionnant. Au cours de ce dernier, les nerfs des adversaires auraient dû être mis à nu d’une manière incisive, plutôt que d’entrecouper la linéarité de l’intrigue par des retours en arrière à la seule vocation de construire la légende des terroristes. De même, la frilosité du discours, qui voit de pauvres illuminés dépassés par les événements dans le camp allemand et des politiciens en proie à l’hystérie va-t-en-guerre en face, prépare assez mal sa morale finale, qui voudrait essentiellement que les Israéliens – chanceux cette fois-là – se résignent enfin à négocier avec leurs voisins aussi belliqueux qu’eux, afin d’entamer une désescalade durable. Bien sûr, une telle propension à vouloir réécrire l’Histoire, ou plus précisément à lui infliger un tournant jusque là fictif vers une solution pacifique, qui ne veut toujours pas se matérialiser dans la réalité, a du mal à passer. Au moins, ces tentatives maladroites de condenser de façon sommaire une semaine de guerre des nerfs hautement complexe valent toujours mieux que les interprétations de Rosamund Pike, Daniel Brühl et Eddie Marsan, qui lorgnent avec une insistance inquiétante vers le cabotinage en roue libre.

Si vous ne saviez rien de la prise d’otage d’Entebbe, cette production américano-britannique peut éventuellement vous fournir une première introduction à ce chapitre important de l’Histoire récente du terrorisme international. Sinon, les lacunes sont tout de même un peu trop nombreuses, des otages réduits en somme à la fonction de figurants quasiment anonymes jusqu’à quelques prises de position dangereusement tendancieuses, en passant donc par cette référence étrange à la danse moderne, pour que Otages à Entebbe remplisse convenablement son contrat de vulgarisation. Comme quoi, même le cinéma commercial dans sa forme la plus convenue n’arrive pas à faire abstraction des tenants et des aboutissants contradictoires du conflit israélo-palestinien, pas plus clairs aujourd’hui qu’en 1976 ! »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Le Blu-ray d’Otages à Entebbe sort aujourd’hui, sous les couleurs de Orange Studio, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la jolie photo du film est bien rendue par le transfert aux petits oignons que nous a mitonné l’éditeur : les séquences de jour affichent un piqué redoutable, des couleurs naturelles et un niveau de détail assez époustouflant. Les passages nocturnes s’avèrent également convaincants en diable : pas de grain, la précision est toujours de mise. Niveau son, VF et VO sont proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 d’une étonnante sobriété. L’immersion est bonne pour le spectateur, mais la spatialisation joue la carte de l’ambiance, discrète, mais finalement assez efficace.

Dans la section suppléments, on retrouvera deux featurettes sur le tournage du film, faisant intervenir l’équipe du film mais également des personnes ayant réellement pris part aux événements relatés dans le film : on aura le plaisir d’entendre Jacques Lemoine, l’ingénieur mécanicien, relater sa version des événements. On terminera avec deux scènes coupées, les deux étant des scènes de danse contemporaine. Intéressant.

 

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