Test Blu-ray : Les Nouveaux Barbares

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Les Nouveaux Barbares

Italie, États-Unis : 1983
Titre original : I nuovi barbari
Réalisation : Enzo G. Castellari
Scénario : Tito Carpi, Enzo G. Castellari, Antonio Visone
Acteurs : Giancarlo Prete, Fred Williamson, George Eastman
Éditeur : Pulse Vidéo
Durée : 1h31
Genre : Science-fiction, Action
Date de sortie cinéma : 9 mai 1984
Date de sortie DVD/BR : 1 juillet 2022

Dans un futur proche, en 2019, la troisième guerre mondiale a fait de la terre un vaste désert, dans lequel de rares survivants tentent de recréer des communautés. Mais le gang des Templars, dirigé par leur gourou One, les massacre les uns après les autres. Seuls Scorpion, membre repenti des Templars, et Nadir, archer émérite, peuvent s’opposer à leur projet d’extermination de toute vie humaine…

Le film

[4/5]

Tourné entre les deux opus de la franchise Les Guerriers du Bronx par un Enzo G. Castellari en pleine forme, Les Nouveaux Barbares sort sur les écrans italiens en 1983. Mais contrairement aux deux films mettant en scène Trash et sa bande de bikers, Les Nouveaux Barbares appartient clairement au genre de la science-fiction post-apocalyptique, initié l’année précédente par George Miller et son cultissime Mad Max 2 – Le défi. Le genre, parfois appelé post-apo ou post-nuke, qui trouvait ses racines visuelles dans le sublime Apocalypse 2024 (L.Q. Jones, 1975), avait donc la particularité de nous proposer des intrigues prenant place après une catastrophe ayant détruit toute trace de civilisation.

L’intrigue des Nouveaux Barbares prend donc place en 2019 : après une guerre nucléaire, la civilisation n’est plus qu’un lointain souvenir, et comme dans le film de George Miller, les survivants forment de petites communautés itinérantes, qui errent dans un monde désolé dans l’espoir de trouver de quoi survivre. Au cœur de cet univers, le spectateur sera amené à rencontrer Scorpion (Giancarlo Prete), un solitaire arpentant le désert au volant de sa grosse bagnole modifiée, et, plus tard, son ami Nadir (Fred Williamson), un autre « gentil » errant dans les plaines dévastées de ce nouveau monde avec son arc et ses flèches explosives.

Mais bien sûr, l’univers que nous dépeint Les Nouveaux Barbares compte aussi son lot de raclures, et parmi elles, on trouvera le gang des Templars, dirigé par l’odieux One (George Eastman), dont le but avoué est de débarrasser le monde de toute trace d’humanité. Forcément, les différentes forces en place au cœur du script vont s’affronter à grands coups de véhicules pétaradants et blindés de gadgets mortels. Les costumes, les accessoires et les effets spéciaux du film ne sont certes pas forcément de ceux qui sont parvenus à traverser les années avec le plus de classe, mais l’ensemble conserve un charme fou, notamment grâce au talent d’Enzo G. Castellari.

En effet, en plus de son classique et fréquent recours au ralenti, le cinéaste italien soigne ici sa photo et ses cadres, et nous propose un montage pour le moins énergique, voire même original. On pense notamment à la scène du « châtiment suprême » de Scorpion par One : Castellari nous y propose une façon très originale de mettre en scène l’humiliation du héros, qui se voit sodomisé en public par One devant tous ses soldats interloqués. De plus, le scénario des Nouveaux Barbares, signé Tito Carpi, Enzo G. Castellari et Antonio Visone, ne repose pas que sur un déluge d’action et de violence : il met également en évidence le contraste entre civilisation et chaos, entre la fin du monde et la possibilité d’un nouveau départ.

On n’irait pas jusqu’à affirmer que Les Nouveaux Barbares est un chef d’œuvre. Ne serait-ce que dans le petit monde du post-nuke à la sauce ritale, on trouvera en effet de nombreux films lui étant très supérieurs (Le Gladiateur du futur, Les Exterminateurs de l’an 3000…). Mais le film d’Enzo G. Castellari reste tout de même un spectacle profondément attachant, en partie grâce à la nostalgie (beaucoup d’entre nous l’ont découvert enfant et en conservent un souvenir ému), en partie grâce à son montage et à certaines bonnes idées. Au final, et en dépit du kitsch ambiant des costumes et des accessoires des personnages, Les Nouveaux Barbares parvient tout de même à enchaîner les séquences mémorables. Tellement mémorables qu’on s’en souvient encore 40 ans plus tard !

Le Blu-ray

[4/5]

Autant l’annoncer d’entrée de jeu, le Blu-ray des Nouveaux Barbares édité par Pulse Vidéo au sein de la désormais fameuse collection « Atomic Future » rend vraiment honneur au film d’Enzo G. Castellari et à la sublime photo du film, signée Fausto Zuccoli. La restauration a fait des merveilles, nous proposant un rendu très satisfaisant – le film bénéficie d’un joli upgrade Haute Définition. Certes, le master n’est pas parfait (on note bien quelques rayures et autres petits outrages liés au temps), mais la restauration est bien réelle, nous proposant un joli piqué tout en conservant le grain d’origine. Tout n’est pas rose bien sûr : quelques plans, essentiellement nocturnes, marquent quelques baisses de définition, et les contrastes auraient pu être mieux gérés. Néanmoins, le boulot a été fait – et bien fait – pour que nous puissions (re)découvrir Les Nouveaux Barbares dans les meilleures conditions possibles. Du côté des enceintes, VO et VD d’origine nous sont proposées, en DTS-HD Master Audio 2.0, en mono d’origine évidemment, et on s’en contentera parfaitement : le rendu acoustique est équilibré et efficace.

Du côté des suppléments, l’éditeur nous propose tout d’abord de voir ou revoir le film en VHS-Vision, c’est-à-dire dans un transfert de la VHS d’époque (SD, 4/3 et VF uniquement), non restaurée, ce qui nous permettra de nous rendre compte du « bond » qualitatif bien réel lié à cette nouvelle édition. On continuera ensuite avec un entretien avec Enzo G. Castallari (41 minutes), durant laquelle il reviendra sur sa carrière en abordant une sélection de quelques-uns de ses films. Les anecdotes sont nombreuses et l’ensemble est assez passionnant. On fermera le tour des bonus avec la traditionnelle bande-annonce, un morceau de la B.O du film signée Claudio Simonetti, ainsi qu’avec un « Eastmanrama » (32 minutes), soit une sélection de bandes-annonces de films avec George Eastman. On trouvera donc les trailers de Mon nom est Pécos (Maurizio Lucidi, 1966), Django le taciturne (Massimo Pupillo, 1967), Le dernier tueur (Giuseppe Vari, 1967), Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau (Michele Lupo, 1972), Black Emanuelle autour du monde (Joe D’Amato, 1977), Blastfighter, l’exécuteur (Lamberto Bava, 1984), Les nouveaux barbares (Enzo G. Castellari, 1983), Le gladiateur du futur (Joe D’Amato, 1983), Atomic Cyborg (Sergio Martino, 1986), Sentences de mort (Lamberto Bava, 1987) et Horrible (Joe D’Amato, 1981). Pour vous procurer cette superbe édition Blu-ray + DVD, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

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