Test Blu-ray : Apocalypse 2024

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États-Unis : 1975
Titre original :
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h30
Genre : Science-fiction
Date de sortie cinéma : 21 avril 1976
Date de sortie DVD/BR : 4 mai 2021

Sept ans après la guerre mondiale de 2017, la Terre est ravagée. Les quelques survivants errent dans des déserts, se battant pour les restes de l’ancien monde. Vic tente de survivre en compagnie de son chien, Prof, qui a le don de télépathie avec son maître. Toujours en quête de nourriture, armes, ou carburant, ils vont découvrir le monde souterrain qui abrite encore une civilisation. En fait, une oligarchie richissime qui profite du monde extérieur…

Le film

[5/5]

est un film aussi grandiose que méconnu. Sorti sur les écrans français au printemps 1976, le film de a par la suite été plus largement découvert en France par le biais de la VHS, au milieu des années 80. A cette époque, il était le plus souvent assimilé à la vague de films post-apocalyptiques ayant envahi les écrans et les vidéoclubs suite à la sortie de Mad Max 2. Il est vrai d’ailleurs que d’un point de vue visuel, et Mad Max 2 partagent une esthétique très similaire, et les points communs entre les univers dévastés dépeints d’un côté par , de l’autre par George Miller, sont légion.

Si vous me permettez un aparté personnel, j’ai découvert quand j’avais une douzaine d’années, en VHS, parallèlement au comics « Vic et Blood » de Richard Corben (sorti chez Comics USA en 1989, et que j’ai du lire 40 fois), qui reprenait la même histoire et l’enrichissait même d’un épilogue radical. Au fil des ans, j’ai régulièrement ressorti ma VHS pour faire découvrir le film autour de moi, puis le DVD Zone All de chez Slingshot, qui disposait d’ailleurs d’un commentaire audio. Invariablement, les réactions de mes amis et connaissances furent les mêmes à la découverte du film, au bout de 15, 20 minutes on me disait « Ah oui, en effet, on sent vraiment l’influence de Mad Max 2 ! » Tout aussi invariablement, je répondais qu’ était sorti dans les salles six ans AVANT le film de Miller.

De ce fait, est aujourd’hui devenu l’objet d’un véritable culte. Adapté d’une nouvelle signée (1934-2018), auteur injustement boudé de notre côté de l’Atlantique, le film de – acteur régulier chez Sam Peckinpah – est un film de science-fiction post-apocalyptique doublé d’une quête initiatique et d’une des plus étranges histoires « d’amour » jamais couchées sur celluloïd. Prenant place dans un monde complètement dévasté par les guerres, immense désert d’où sortent par endroits quelques vestiges d’une civilisation disparue, le film se base sur un triangle composé du jeune Vic (), de son chien télépathe Blood (Prof dans la VF) et d’une jeune « femelle » nommée Quilla June ().

L’enchaînement de péripéties développé par le film aura tôt fait de faire comprendre au spectateur que l’humanité n’est plus que l’ombre d’elle-même, et que le personnage le plus sensé et le plus « humain » de tous est en réalité… Un chien. Vic et Blood s’imposent ainsi comme les faces opposées d’une même pièce – Blood réfléchit et essaie d’envisager chaque situation dans son ensemble, Vic agit de façon irréfléchie et impulsive, se laissant dominer par ses pulsions primaires. La tête et les jambes.

Si Blood a immédiatement un mauvais pressentiment concernant Quilla June, chez le jeune homme, les hormones prennent le dessus sur la réflexion, et Vic de suivre Quilla June au cœur de sa communauté souterraine appelée Topeka (un clin d’oeil au Magicien d’Oz). Dans les tréfonds de la Terre, Vic découvrira une société semblant directement sortie du « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley, où la morale règne en maître et où des haut-parleurs diffusent en continu des homélies ineptes sur la bonne façon de vivre. Quiconque déroge à la règle est conduit à la « ferme » afin d’y connaître un sort qui ne sera pas révélé au spectateur, même si l’on est en droit de soupçonner cette communauté de pratiquer le cannibalisme.

Vous l’aurez compris, s’avère une véritable pépite, à mi-chemin entre le fantasme post-apocalyptique, le conte philosophique et le récit de coming of age, déployant une force narrative incroyable sur un rythme littéralement échevelé – pas moyen de s’ennuyer une seule seconde. Un sacré chef d’œuvre !

Le Blu-ray

[4,5/5]

C’est donc qui nous propose aujourd’hui de (re)découvrir au format Blu-ray, et autant dire que l’on salue cette sortie inattendue en applaudissant l’éditeur à tout rompre. Le film est proposé dans un Combo Blu-ray + DVD reprenant l’affiche américaine du film. Il est présenté dans un digipack deux volets surmonté d’un fourreau : une très belle édition, qui plus est limitée 1000 exemplaires, pour un film indispensable !

D’autant plus indispensable d’ailleurs que le rendu vidéo Haute-Définition du film de est tout simplement inespéré, surtout pour un film si attendu. a été restauré en 2K, et ne peut s’empêcher d’être impressionné par ce master respectant scrupuleusement le rendu argentique d’origine. Le film retrouve sa beauté resplendissante, qui rend vraiment un vibrant hommage à la photo du film, Mad Maxienne avant l’heure, signée John Arthur Morrill. L’encodage est très soigné, le rendu HD est bluffant de précision et de profondeur de champ, et présente un piqué plus qu’appréciable. Côté son, le film est proposé dans un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 tout aussi impressionnant en VO qu’en VF. Équilibrées et toujours parfaitement intelligibles, les deux versions audio ne présentent pas le moindre souci à l’horizon. Une présentation son et image absolument superbe – on remercie chaleureusement l’éditeur.

Du côté des suppléments, nous propose tout d’abord une présentation du film par Christian Lucas et Stéphane Derderian (24 minutes). Les deux spécialistes du cinéma de genre replaceront tout d’abord dans son contexte : celui de la science-fiction pessimiste des années 70, avant d’aborder un peu plus en profondeur le film et ses thématiques. Christian Lucas reviendra également sur l’œuvre originale d’, «  », résumant de fait la page Wikipédia américaine consacrée à l’œuvre. Mais le gros morceau de l’interactivité qui nous est proposée ici par Artus est bel et bien la longue conversation entre et (51 minutes), réalisée en 2013 et reprise du Blu-ray US édité par Shout Factory. C’est drôle, c’est enlevé, les deux artistes, qui se connaissent et s’apprécient reviendront sans langue de bois sur leur rencontre, le montage du film ainsi que sur les débats tumultueux qu’ils ont pu avoir par le passé, notamment sur certains aspects du film, sur la misogynie latente de ou encore sur le final choisi par le réalisateur, qu’Ellison déteste tout à fait.

On terminera ensuite avec les traditionnelles bandes-annonces et une galerie de photos, nous présentant notamment les photos d’exploitation françaises du film. Pour d’avantage d’informations ou pour vous procurer le film, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

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