Test Blu-ray : Atomic cyborg

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Italie : 1986
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , Sergio Martino, ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h34
Genre : Action, Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 26 mars 1986
Date de sortie DVD/BR : 6 mars 2020

 

En 1997 au Nouveau-Mexique. Le professeur Mosley, l’un des plus importants dénonciateurs de la pollution atmosphérique, se bat pour empêcher la construction de nouvelles structures dans des quartiers surpeuplés. Turner, riche industriel, fait appel à des hommes de la pègre pour se débarrasser de lui. Mosley est placé sous la protection de la police, mais , un cyborg dont les organes humains ont été remplacés à 70 % par de l’électronique après un accident, parvient à le blesser. Turner, furieux qu’il ait raté sa cible, ordonne d’éliminer Paco. Traqué, celui-ci retourne vers son pays natal, l’Arizona, et s’installe dans le motel de Linda…

 


 

Le film

[4/5]

Révélé à la fin des années 60 par une série de films tournés avec Edwige Fenech (qui se trouvait être sa belle-sœur), Sergio Martino a œuvré, au fil de ses 25/30 ans de bons et loyaux services consacrés au « bis », dans à peu près tous les genres du cinéma d’exploitation italien : giallo, comédie, horreur, mondo, polar, érotique, western, science-fiction… Si sa filmographie est riche en pépites (ses cinq gialli tournés entre 1971 et 1973 font vraiment partie des incontournables du genre), son film le plus célèbre si l’on en croit le site de référence IMDb est Atomic cyborg, sorti en 1986, qui se rattache donc à une époque durant laquelle le cinéma d’exploitation italien vivait ses derniers sursauts.

Atomic cyborg débarque donc après une flopée de films post-apocalyptiques réalisés dans la foulée de Mad Max 2 (1982), mais le film de Sergio Martino s’intègre déjà d’avantage au cœur d’une autre mouvance du cinéma international : celle du cinéma d’action porté par les « musclés » des années 80, à savoir Arnold Schwarzenegger, dont la carrière vient juste d’exploser avec Conan le barbare (1982), Terminator (1984) et Commando (1985), et Sylvester Stallone, qui sort tout juste en 1985 de Rambo II : La mission et Rocky IV. Le muscle saillant, bien bandé et soigneusement huilé, est donc à la mode en ce début de décennie 80’s, et Atomic cyborg semble vouloir s’installer à la fois sur les ruines de la SF « post-apo » et imposer avec Daniel Greene une alternative aux bodybuilders atteignant les cimes du box-office à l’époque (la petite histoire veut d’ailleurs que l’acteur américain ait été recruté par Sergio Martino dans une salle de musculation de Los Angeles). L’intrigue du film mettra donc en scène Daniel Greene dans la peau non pas d’un simple « cyborg » à la Terminator, mais d’un humain qui, suite à un accident, voit son corps remplacé par 70% de technologie de pointe. Après un lavage de cerveau et un conditionnement en bonne et due forme, la machine à tuer est donc envoyée pour mettre fin aux jours d’un politicien. Mais c’était sans compter sur l’humanité du bonhomme, qui finirait par remontrer le bout de son nez par le biais d’un sentiment de remords et de culpabilité (les réplicants de Blade runner sont également passés par là). Voici donc notre tueur cybernétique en cavale, avec à ses trousses non seulement tous les flics du pays mais également bien sûr le consortium véreux qui l’a créé, et qui s’avère prêt à tout pour s’en débarrasser…

 

 

Notre tueur s’appelle Paco Queruak – un nom qui évoque naturellement celui de Jack Kerouac, écrivain fondateur de la Beat Generation. La référence n’est peut-être pas si absurde, dans le sens où le personnage du film semble voué à vivre une cavale perpétuelle, et traversera littéralement les États-Unis en faisant le trajet en voiture de New York jusqu’en Arizona, sans argent qui plus est. Les grands espaces désertiques de l’Ouest américain seront donc au cœur d’Atomic cyborg, qui, une fois posé dans un motel miteux de Marble Canyon, reprendra plutôt des allures de western, opposant le personnage de Paco à ses poursuivants, à la tête desquels on trouvera la sale trogne de , ainsi qu’aux camionneurs du coin, menés par le salopard George Eastman (Anthropophagous), figure incontournable du bis italien des années 70/80.

Le tout est d’ailleurs emballé avec grand soin par Sergio Martino, fier artisan qui parvient à contourner de façon parfois assez habile son manque flagrant de budget : ainsi, la représentation des directives « mentales » du cyborg durant les premières séquences sont par exemple amenées au spectateur de façon très intéressante et efficace. Le film fait également le choix de contourner quelques scènes de baston par l’utilisation de scènes de « bras de fer », idée qui sera d’ailleurs reprise l’année suivante par Stallone lui-même dans Over the top (1987). Pour ce qui est de la filiation avec Terminator, elle arrivera évidemment à mi-métrage avec une scène durant laquelle Daniel Greene s’ouvrira le bras de la même façon que Schwarzenegger dans le film de James Cameron – mais c’est à peu près tout, le reste de l’intrigue se déplaçant sur des terrains désolés et arides que n’abordait du tout pas le film de 1984. Ainsi, s’il y aura toujours quelques indécrottables pour crier au « nanar » avec une morgue arrogante et un petit verre de pinard à la main, le fait est qu’Atomic cyborg n’est clairement pas de ce bois-là, et ne fera rire bêtement que ceux qui auront décidé de s’en moquer avant même de se lancer le visionnage (il faut dire à ce niveau-là que les différentes affiches du film n’aident pas forcément à le prendre au sérieux).

 

 

Déployant son intrigue de façon sincère, composant clairement avec les limites étriquées de son budget, généreux en termes de scènes d’action et de fusillades, Atomic cyborg s’avère finalement un divertissement solide et bien rythmé, porté par la prestation monolithique de Daniel Greene, clairement sous perfusion de Schwarzie dans Terminator / Dolph Lundgren dans Rocky IV, mâchoires serrées, visage fermé, intonations graves et monocordes.

On notera également que le tournage d’Atomic cyborg a été marqué par un événement dramatique : la mort de Claudio Cassinelli, décédé dans un accident d’hélicoptère. Le scénario a dû être modifié le scénario en urgence puisque l’acteur devait, à l’origine, figurer dans l’affrontement final du film. Pour terminer sur une note plus gaie, on notera également que le titre québécois du film est presque digne d’une production Marc Dorcel, puisqu’il s’agit de L’enfonceur. On imagine la bande-annonce… « Trahi par les siens… Traqué par la police… 30% humain, 70% robot… Daniel Greene est : L’ENFONCEUR ! » Rocco Siffredi en serait presque jaloux.

 

 

Le Combo Blu-ray + DVD

[5/5]

Né d’une campagne de financement participatif (crowdfunding) et accompagnant la sortie de « Retour vers les Futurs », le nouveau livre de Claude Gaillard dédié aux films post-apocalyptiques, le projet «  » a finalement donné naissance à deux Combos Blu-ray + DVD : celui des Exterminateurs de l’an 3000 (Giuliano Carnimeo, 1983) et d’Atomic cyborg (Sergio Martino, 1986), édités sous la bannière de Pulse Vidéo, branche vidéo d’Omake Books. On salue bien bas cette initiative portée par Guillaume Le Disez et Claude Gaillard, aussi courageuse qu’inattendue, surtout si l’on considère l’état du marché de la vidéo physique en France.

Atomic cyborg est donc disponible chez Pulse Vidéo au sein de cette exceptionnelle vague « Atomic Future », qui permettra au film de Sergio Martino de s’offrir un épatant lifting Haute Définition sur galette Blu-ray. Du côté du master, c’est une évidence, on n’est certes pas en présence du dernier transfert 4K de la mort qui tue du dernier film tourné en Alexa ReDD 126K interpositif digital macrobio-UHD infrasub-x4000² DolbyVisionMax / HDR10x5. On parle de cinéma d’exploitation là les gars, tourné en péloche, mais à l’ancienne – on n’est là ni pour enculer les mouches ni pour compter les pixels. Pour autant, aussi bien côté image que côté son, Atomic cyborg s’offre une présentation vidéo d’excellente tenue ; le film est présenté au format, en 1080p et dans sa version « intégrale ».

 

 

L’éditeur a pris soin de préserver la granulation argentique d’origine, les couleurs et les contrastes sont soignés, et si on note occasionnellement quelques petits « décrochages » occasionnels (griffes et autres points blancs dus au temps), l’ensemble s’avère tout à fait recommandable, et même clairement enthousiasmant. Le film est par ailleurs proposé en VO et dans sa VF d’origine, et dans les deux cas, le mixage audio est proposé en LPCM Audio 2.0 mono d’origine, et se révèle parfaitement équilibré, clair, net et précis, sans saturations intempestives ni sensation de souffle ou de voix trop étouffées.

Côté suppléments, on commencera avec le film en « VHS-O-VISION », un transfert de la VHS éditée par René Chateau dans les années 80, témoin s’il en fallait encore un de l’énorme bond qualitatif offert par le transfert Blu-ray présent dans cette édition. Le tout est donc naturellement proposé en VF, avec une qualité d’image toute ripou, bref, indispensable pour les nostalgiques en panne de magnétoscope. On continuera ensuite avec un entretien avec Sergio Martino (58 minutes), qui permettra au cinéaste de revenir – en français et avec un certain humour – sur l’ensemble de sa carrière dans le bis. Les anecdotes sont nombreuses et intéressantes, le ton détendu, le rythme assez soutenu, bref, c’est une belle interview pour qui goûte le cinéma de cette période. On continuera ensuite avec une sélection de fausses bandes-annonces délirantes créées par le collectif « MaseBothers » – un concentré de bonne humeur, de créativité et de nostalgie 80’s. Pour terminer, on se régalera de la bande-annonce française du film, ici remastérisée en 4K (!), et d’un diaporama de photos d’exploitation d’Atomic cyborg.

 

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