Test Blu-ray : Les exterminateurs de l’an 3000

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Les exterminateurs de l’an 3000

 
Italie, Espagne : 1983
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h30
Genre : Action, Science-Fiction
Date de sortie cinéma : 18 juillet 1984
Date de sortie DVD/BR : 6 mars 2020

 

Un territoire immense, aride et dévasté par les guerres atomiques. Alien, un aventurier solitaire, est laissé pour mort après s’être fait voler son véhicule surarmé. Dans une grotte souterraine, une communauté de survivants essaie par tous les moyens de maintenir leurs plantes en vie. Ils manquent d’eau, la ressource devenue la plus rare dans ce monde désolé. Tommy, 10 ans et doté d’un bras biomécanique, se cache dans la citerne d’un convoi de volontaires à la recherche de réserves en eau. Une horde d’exterminateurs sanguinaires, menée par le cruel Crazy Bull, les massacre tous. Tommy est le seul rescapé. Poursuivant sa route, il aide Alien à s’extraire d’une voiture renversée. Une amitié inattendue naît entre le guerrier de la route et l’orphelin de l’apocalypse…

 


 

Le film

[4,5/5]

Période de grandes mutations dans le petit monde du cinéma, la fin des années 70 et le début des années 80 ont vu naître de très nombreux films populaires. Le succès international de La guerre des étoiles en 1977, d’Alien et Mad Max en 1979, de New York 1997 en 1981 ou encore de Conan le barbare et – Le défi en 1982 a redistribué toutes les cartes, ouvrant grand les portes à un certain cinéma de « l’imaginaire », qui bénéficierait dorénavant de moyens conséquents afin de séduire des générations de jeunes gens biberonnés aux comics et à la science-fiction depuis les années 50. Tous les grands studios se lanceraient donc dès lors dans la grande aventure du cinéma de genre, multipliant les films d’horreur, de science-fiction ou de « fantasy ». Et pendant que les majors sortaient tout à la fois des blockbusters en tous genres et des productions nettement plus modestes (n’oublions pas que Metalstorm : La tempête de métal, produit et réalisé par Charles Band, fut en son temps distribué par Universal), les indépendants de leur côté se lançaient dans une frénésie d’imitations et de démarcations en tous genres, aux États-Unis mais également bien sûr en Italie ou encore aux Philippines. Les exterminateurs de l’An 3000 est donc une resucée de Mad Max 2 à la sauce italienne bon marché. Pour autant, le film de Giuliano Carnimeo n’a pas (trop) à rougir de la comparaison avec le film séminal de George Miller : comme beaucoup de « petits » films d’exploitation tournés en Italie à cette époque, ce long-métrage a pour lui une « immédiateté », une générosité et une sacrée énergie, qui lui permettent finalement de rejoindre, en termes de pur plaisir de cinéma, leurs homologues les plus onéreux.

Car si Giuliano Carnimeo (que l’on avait déjà abordé à l’occasion de la sortie en Blu-ray des Rendez-vous de Satan) n’a certes pas la réputation et l’aura d’artisans-cinéastes en provenance d’Italie tels que Lucio Fulci, Enzo Castellari, Antonio Margheriti ou encore Umberto Lenzi, il n’en signe pas moins un divertissement de haute volée, drôle, spectaculaire, parfaitement rythmé, et blindé de rebondissements. Ne serait-ce que durant la séquence d’ouverture, qui suit un couple de flics ripoux confrontés au héros du film – qui s’avérera probablement encore pire qu’eux – lors d’une impressionnante course-poursuite, on sent réellement une farouche volonté de la part de l’équipe du film de se « surpasser » afin d’en donner pour son argent au spectateur, avec des cascades énergiques, violentes et véritablement excitantes, dans le sens où elles repoussent pas mal des limites de ce qui se faisait à l’époque en termes de cascades voitures / motos dans le petit monde du cinéma d’exploitation italien.

 

 

Bien sûr, on comptera énormément de références à Mad Max 2 au cœur de ces Exterminateurs de l’An 3000, et les deux principales sont probablement les deux antagonistes les plus emblématiques du film, à savoir Alien (Robert Iannucci) et Crazy Bull (). Le personnage d’Alien est donc l’équivalent du Max Rockatansky incarné par Mel Gibson dans la saga de George Miller. Bien sûr, Iannucci n’a aucunement le charisme animal de Mad Mel, mais il compense en agissant comme le dernier des enfoirés, sans le moindre code d’honneur et n’hésitant pas à sacrifier femmes et enfants pour sauver sa peau, ce qui est assez original, clairement inhabituel. Les nombreux gros plans sur son regard tout au long du film nous feront cependant imaginer qu’il n’aura pas été embauché pour sa magnifique petite touffe de cheveux bouclés mais pour ses yeux, qui évoqueront forcément le bleu azur des yeux d’acteurs tels que Franco Nero ou Terence Hill, qui ont également beaucoup joué sur la force de leur regard tout au long de leurs carrières respectives. Et face à Alien, il y a bien sûr Crazy Bull – quand j’étais petit, je croyais que ça s’écrivait « Crazy Boule » – qui permet à de nous livrer une imitation en bonne et due forme du personnage de Wez dans Mad Max 2, et incarné par Vernon Wells. Pour autant, et même si sa prestation est clairement sous influence, il met du cœur à l’ouvrage et donne finalement une personnalité à chacune des scènes dans lesquelles Crazy Bull apparaît ; ce qui, au final, distinguera Les exterminateurs de l’An 3000 des dizaines d’autres films post-apocalyptiques ayant pullulé dans les salles durant la première moitié des années 80 (et dans nos magnétoscopes durant la deuxième).

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Né d’une campagne de financement participatif (crowdfunding) et accompagnant la sortie de « Retour vers les Futurs », le nouveau livre de Claude Gaillard dédié aux films post-apocalyptiques, le projet «  » a finalement donné naissance à deux Combos Blu-ray + DVD : celui des Exterminateurs de l’an 3000 (Giuliano Carnimeo, 1983) et d’ (Sergio Martino, 1986), édités sous la bannière de Pulse Vidéo, branche vidéo d’Omake Books. On salue bien bas cette initiative portée par Guillaume Le Disez et Claude Gaillard, aussi courageuse qu’inattendue, surtout si l’on considère l’état du marché de la vidéo physique en France.

Grâces soient donc rendues à Pulse Vidéo, qui permettra aujourd’hui à tous les cinéphiles de l’hexagone de (re)découvrir Les exterminateurs de l’An 3000 en Blu-ray : une pépite dégénérée découverte il y a 35 ans en vidéo à qui la Haute-Définition restitue enfin son statut de grand classique populaire un peu oublié. La copie du film de Giuliano Carnimeo est d’ailleurs de très bonne tenue, avec un grain cinéma respecté, des couleurs et des contrastes finement travaillés, même si bien sûr les conditions de tournage en elles-mêmes limitent un peu la profondeur du piqué. La restauration a néanmoins fait place nette des tâches, rayures et autres griffes disgracieuses, et Pulse nous propose ici une image relativement stable, avec néanmoins quelques fourmillements discrets sur certaines séquences. Côté son, l’éditeur nous propose de retrouver le film en version française ou version originale, les deux étant mixées en LPCM Audio 2.0 mono, sans souffle ni bruits parasites. Les dialogues sont clairs, on appréciera forcément la VF d’époque un brin surannée, et les sous-titres ne souffrent d’aucun problème particulier.

 

 

La section suppléments est tout particulièrement riche et intéressante. Comme dans le cas d’Atomic cyborg, on commencera avec le film en « VHS-O-VISION », un transfert de la VHS des années 80, éditée par Super Vidéo Productions à l’époque, qui permettra à ceux qui pourraient encore en douter de constater le bond qualitatif impressionnant offert par le transfert Blu-ray proposé par Pulse Vidéo. Le tout est donc naturellement proposé en VF, avec une qualité d’image toute ripou, bref, indispensable pour les nostalgiques en panne de magnétoscope. On continuera ensuite avec un « commentaire odieux » de l’équipe de la chaîne Youtube Terrain Z, accompagnés de Davy Mourier et Thomas Combret, les deux lascars se cachant entre autres derrière la web-série Bad News, ainsi que du Captain Web et Manox, venus quant à eux du podcast L’apéro du capitaine web. Si vous n’avez jamais entendu parler de cette bande de joyeux drilles, on vous dira simplement qu’il est assez difficile de regarder un film tranquillement en leur compagnie. Leur prestation avait d’ailleurs fait l’objet d’une diffusion « Live » sur les réseaux sociaux à l’automne dernier. Privée de l’image sur cette édition, la réunion de potes sera par moments un peu difficile à comprendre, voire complètement inaudible / inintelligible, mais on retiendra l’énergie de groupe qui se dégage de l’entreprise, qui pourra s’avérer amusante si vous êtes dans cette optique de dérision systématique – qu’on réserve généralement au bis ou aux films considérés comme des « nanars » mais qu’on pourrait tout aussi bien appliquer au cinéma de Bergman, de Welles, de Kubrick ou de Christopher Nolan. L’idée du « commentaire odieux » de son côté est empruntée au groupe nantais Ultra Vomit, qui avait inauguré le concept en bonus de son Blu-ray live « UTLRA VOMIT à l’Olymputaindepia ».

Et puisqu’on nage au cœur de la créativité made in France, on continuera avec le court-métrage Gasoline road, réalisé par Yannis Cacaux et Clément S. Bernard (9 minutes). Non répertorié sur IMDb, ce court-métrage proposant de jolis plans aériens filmés par des drones sent bon la rencontre de fin de soirée lors d’un festival de musique rétro type rockabilly ou d’un rassemblement de Hot Rods ou de voitures américaines. On continuera ensuite avec un entretien avec Claude Gaillard (14 minutes), qui reviendra sur la genèse de son livre « Retour vers les Futurs », consacré aux films post-apocalyptiques. Il évoquera également son statut d’auteur, ses différents livres et le fait qu’il soit le seul à écrire en France sur chacun des sujets qu’il a choisi. Généreux, il donnera même quelques conseils à ceux qui, comme lui, rêvent de devenir des auteurs. Il reviendra par la suite sur les circonstances de sa rencontre avec Guillaume Le Disez, ainsi que sur le fait que le projet « Atomic Future » n’a pas forcément vocation à renouveler l’expérience de l’édition vidéo.

 

 

Et comme pour fournir une « bande-originale » à la lecture de « Retour vers les Futurs », l’éditeur nous propose, outre les traditionnelles bande-annonce et galerie de photos, une large sélection de bandes-annonces « vintage » de films post-apocalyptiques, pour la plupart inédits en France en DVD. Cette sélection – d’une durée de 36 minutes – est poétiquement appelée « Trailers of the apocalypse ». On y trouvera donc les bandes-annonces de :

 
Les survivants de la fin du monde – Jack Smight, 1977
Les rats de Manhattan – Bruno Mattei, 1984
2019, après la chute de New York – Sergio Martino, 1983
Les guerriers du Bronx 1 & 2 – Enzo Castellari, 1982/83
Les nouveaux barbares – Enzo Castellari, 1982
Terminus – Pierre-William Glenn, 1987 (avec Johnny Hallyday)
Les prédateurs du futur (Atlantis interceptors)- Ruggero Deodato, 1983
2072, les mercenaires du futur – Lucio Fulci, 1984
Mestema, le maître du donjon (Dungeonmaster) – Charles Band, 1984
Metalstorm : La tempête de métal – Charles Band, 1983
Yor, le chasseur du futur – Antonio Margheriti, 1983
Les guerrières du futur (The sisterhood) – Cirio H. Santiago,1988
Le drive-in de l’enfer – Brian Trenchard-Smith, 1986
Stryker – Cirio H. Santiago, 1983
Les guerriers du futur – Cirio H. Santiago, 1985 (et non « Le guerrier du désert »)
Cyborg – Albert Pyun, 1989
 

Se replonger dans tous ces films est vraiment réjouissant, même si les plus passionnés regretteront l’absence de 2020 Texas gladiators (Joe D’Amato, 1983), Le chevalier du monde perdu (David Worth, 1983), Rush et Rush 2, la bête de guerre (Tonino Ricci, 1983/84), She (Avi Nesher, 1984), Le gladiateur du futur (Joe D’Amato, 1983), Interzone (Deran Sarafian, 1988), Le dernier missile (Albert Pyun, 1985) ou encore Robowar (Bruno Mattei, 1988) – autant de films qu’on rêve de voir débarquer un jour en Blu-ray en France…

 

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