Test Blu-ray : Les Fantômes d’Halloween / Lady in White

0
302

Les Fantômes d’Halloween

États-Unis : 1988
Titre original : Lady in White
Réalisation : Frank LaLoggia
Scénario : Frank LaLoggia
Acteurs : Lukas Haas, Len Cariou, Alex Rocco
Éditeur : Le Chat qui fume
Durée : 1h54
Genre : Fantastique
Date de sortie Blu-ray : 31 mars 2024

Un auteur de romans d’épouvante établi à Los Angeles revient dans sa ville natale. Se recueillant sur deux tombes au cimetière, il se souvient… Willowpoint Falls, 1962. Victime d’une mauvaise blague d’Halloween, Frankie Scarlatti, 9 ans, écrivain en herbe, se retrouve enfermé dans le vestiaire de sa classe après les cours. Durant la nuit lui apparaît une fillette, Melissa Montgomery, dont il revit le meurtre survenu dix ans plus tôt. Peu après, revenu sur les lieux de son crime pour retrouver un indice compromettant, le tueur s’en prend au garçon qu’il laisse pour mort. Alors que le gardien de l’école, un Noir, est faussement accusé des meurtres, Frankie, aidé par Geno, son frère aîné, feront éclater la vérité…

Le film

[4/5]

Si sa carrière n’a jamais véritablement « explosé » par la suite, Lukas Haas s’était en revanche fait remarquer en tant qu’enfant acteur dans les années 80, dans des films tels que Witness (1985) ou Music Box (1989). Souvent cantonné aux seconds-rôles, il trouverait avec Lady in White – sorti en VHS en France sous le titre Les Fantômes d’Halloween – sa première expérience en tant que premier rôle. Le film de Frank LaLoggia suivant les souvenirs d’un narrateur invisible pendant un épisode de sa jeunesse dans les années 50, on pourrait même avancer sans prendre de risque que Lukas Haas portait une bonne partie de la réussite du film sur ses épaules.

Durant les premières minutes de Lady in White, qui suit de jeunes garçons traversant en vélo une petite ville côtière des Etats-Unis l’après-midi d’Halloween, on se dit que le film va chercher son inspiration du côté des productions Amblin Entertainment. Cependant, le film marquera bien rapidement ses distances avec le cinéma made in Amblin, en développant rapidement une atmosphère nostalgique mêlée d’onirisme et développant un certain malaise, en partie lié à une narration se faisant le plus souvent à hauteur d’enfant.

L’interprétation de Lukas Haas est assurément une des pièces maîtresses de Lady in White, dans le sens où il permettra rapidement au spectateur de se rendre compte que le petit Frankie est très différent des autres enfants, et de ses petits camarades en particulier. Cette différence est, on l’apprendra assez rapidement, liée à la disparition de sa mère ; la narration du film mêlera assez habilement les souvenirs d’enfance du jeune Frankie concernant sa mère, en les mettant en parallèle avec la veillée funèbre à laquelle le jeune garçon a assisté.

La perte de sa mère joue un rôle d’élément déclencheur pour Frankie qui, le soir d’Halloween, se retrouvera malencontreusement face à face avec Melissa (Joelle Jacobi), une petite fille fantôme. Au prix de visions surréalistes et de découvertes macabres dans les recoins les plus sauvages de la ville, qui l’amèneront à découvrir la fameuse « Dame en Blanc » du titre, Frankie découvrira peu à peu que ces apparitions d’un autre monde pourraient être liées à une série de meurtres d’enfants qui ont ravagé la ville au cours des dernières années. Bien entendu, la quête de Frankie pour découvrir la vérité mise en scène par Lady in White prendra bien vite des allures de récit de « coming of age » teinté de fantastique.

Le cinéma fantastique et les récits de « coming of age » font souvent bon ménage. Le fameux passage à l’âge adulte, la découverte de la sexualité et la notion d’acceptation de soi demeurent, pour tout un chacun, forcément toujours un peu nimbés de mystères en tous genres, et le fait de les illustrer au cinéma en ayant recours à des symboles allant chercher du côté du surnaturel est une idée non seulement habile, mais également pleine de poésie. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne Lady in White, dans le sens où le scénariste / réalisateur Frank LaLoggia parvient à créer à l’écran une ville de Nouvelle-Angleterre à la fois réaliste et propice à tous les cauchemars, notamment à cause de ses paysages sauvages, qui emmènent parfois le spectateur à la lisière du conte de fées.

Formellement, Frank LaLoggia ne semble d’ailleurs avoir peur de rien, osant des effets visuels assez étonnants, qui s’allient notamment à des transparences déjà un peu désuètes en 1988, mais qui contribuent à l’étrangeté générale de Lady in White. Constamment sur le fil entre la poésie et le ridicule, le film finit par développer une certaine grâce inattendue, et pour tout dire assez unique.

Le Blu-ray

[4/5]

Complètement inédit en France depuis sa sortie en VHS sous le titre Les Fantômes d’Halloween, le très beau Lady in White débarque enfin en Haute-Définition en France, sous les couleurs du Chat qui fume. Et comme d’habitude avec l’éditeur, cette édition 2 Blu-ray en imposera d’entrée de jeu grâce à son visuel classieux (signé Frédéric Domont) mais également grâce au soin apporté au packaging : un beau Digipack trois volets de la mort qui tue, orné de photos du film et nanti d’un sur-étui cartonné. La classe américaine en somme, d’autant qu’il s’agit d’un tirage limité à 1000 exemplaires.

Avant toute chose, il nous faut préciser que le film de Frank LaLoggia nous est ici proposé dans trois montages différents : on pourra le visionner au choix dans sa version cinéma (1h54), sa version longue (2h06) et enfin sa version Director’s cut (1h58) sur le deuxième Blu-ray. Les différences entre les différents montages sont peu nombreuses, mais intéressantes, et permettent au film d’installer son atmosphère de façon un peu plus nette encore que sur la version « salles ». Pour vous faire une idée des variations entre les différents montages de Lady in White, le site de référence Movie-censorship a dressé la liste des différences entre la version cinéma et le Director’s cut, ainsi que les différences entre le Director’s cut et la version longue.

Côté Blu-ray, le master de Lady in White, stable et propre, s’affiche aujourd’hui débarrassé de la moindre trace de griffes ou autres poussières. La définition est accrue, contrastes et couleurs sont solides, et si le film manque certainement de piqué par moments, cela est sans doute imputable aux conditions de tournage en elles-mêmes. La granulation d’origine et les contrastes affirmés ont tous deux été scrupuleusement respectés. Quelle que soit le montage que vous privilégierez, le transfert est indubitablement soigné, et l’excellente qualité du travail de l’éditeur ne se dément à nouveau pas du tout. Côté son, on pourra savourer le film soit en version originale, soit en version française d’époque, toutes deux étant mixées en DTS-HD Master Audio 2.0 et proposant un confort d’écoute optimal. Clairs et équilibrés, les deux mixages sont vierges de tout parasite, larsen ou autre pétouille sonore. La VF s’avère certes un peu surannée, mais rajoute peut-être encore un peu de poids à l’ambiance délétère et onirique qui baigne le film de Frank LaLoggia. On notera que seule la version cinéma de Lady in White est proposée en version française.

Dans la section suppléments, on trouvera tout d’abord un making of (16 minutes), présenté par le réalisateur Frank LaLoggia qui le décrit comme un « film de vacances ». En effet, il s’agissait pour lui non pas de fabriquer un making of mais surtout de se faire des souvenirs personnels. Malgré la captation camescope de piètre qualité, ce document nous permettra de découvrir LaLoggia sur le plateau avec son équipe, de le voir diriger les acteurs ou encore de découvrir les story-boards du film. On continuera ensuite avec une large sélection de scènes coupées (36 minutes), probablement tirées d’une copie de travail du film. L’image et le son sont très moyens, mais ces scènes prolongées ou carrément coupées sont intéressantes, et contiennent des plans absents des trois montages de Lady in White présents dans cette édition Blu-ray. On embrayera ensuite avec le court-métrage promotionnel (7 minutes), probablement tourné par Frank LaLoggia afin d’obtenir des financements pour son long-métrage. Il s’agit d’un très court résumé du film, reprenant certaines de ses scènes les plus marquantes, avec des acteurs différents. Le boitier du Blu-ray éditée par Le Chat qui fume nous annonce une version longue du making of et une présentation du film par Damien Granger, mais on n’en trouvera trace sur aucun des deux disques présents dans cette édition – sans doute une coquille d’impression. En revanche, on trouvera bel et bien la bande-annonce, ainsi que les souvenirs de Christophe Lemaire (17 minutes) concernant Lady in White. Il y reviendra notamment sur sa découverte du premier film de Frank LaLoggia, Effroi (Fear no Evil), ainsi que sa rencontre avec le cinéaste, qui fut l’occasion pour lui de le féliciter pour le scénario d’Audrey Rose… qui en fait n’est pas signé Frank LaLoggia mais Frank De Felitta. Au rayon des anecdotes amusantes, il se remémorera également avoir assisté à une projection de Lady in White dans un festival en compagnie de Christopher Lee. De façon très étonnante, à l’issue de la projection, l’acteur britannique avait placé ses mains derrière ses oreilles afin de se moquer des oreilles décollées de Lukas Haas… Un bon moment ! Pour vous procurer cette édition Blu-ray limitée à 1000 exemplaires, rendez-vous sur le site de l’éditeur !

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici