Test Blu-ray : Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore

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1986

Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore

États-Unis, Royaume-Uni : 2022
Titre original : Fantastic Beasts – The Secrets of Dumbledore
Réalisateur : David Yates
Scénario : J. K. Rowling, Steve Kloves
Acteurs : Jude Law, Mads Mikkelsen, Ezra Miller
Éditeur : Warner Bros.
Durée : 2h22
Genre : Fantastique
Date de sortie cinéma : 13 avril 2022
Date de sortie DVD/BR : 24 août 2022

Le professeur Albus Dumbledore sait que le puissant mage noir Gellert Grindelwald cherche à prendre le contrôle du monde des sorciers. Incapable de l’empêcher d’agir seul, il sollicite le magizoologiste Norbert Dragonneau pour qu’il réunisse des sorciers, des sorcières et un boulanger moldu au sein d’une équipe intrépide. Leur mission des plus périlleuses les amènera à affronter des animaux, anciens et nouveaux, et les disciples de plus en plus nombreux de Grindelwald. Pourtant, dès lors que que les enjeux sont aussi élevés, Dumbledore pourra-t-il encore rester longtemps dans l’ombre ?

Le Film

[3/5]

La saga Les Animaux fantastiques représente sans doute tout ce qu’il y a de plus versatile dans l’industrie du blockbuster Hollywoodien. Une machine à fric chapeautée de la façon la plus cynique qui soit par J.K. Rowling, sans ligne directrice claire, et destinée à suivre le sens du vent, quitte à aller vers le plus écœurant du politiquement correct. Ainsi, dans Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore, le personnage de Gellert Grindelwald n’est plus incarné par Johnny Depp, qui a été écarté du tournage suite aux accusations de violences conjugales dont il a été l’objet, et dont il a récemment été innocenté. Le personnage est de fait dorénavant interprété par Mads Mikkelsen. Dans le même état d’esprit, suite au « bad buzz » soulevé par un tweet de J.K. Rowling jugé transphobe en 2020, la créatrice de la saga a décidé de jouer à fond la carte de l’inclusion en faisant du personnage de Dumbledore un sorcier explicitement homosexuel, qui avouera dès les premières minutes du film son amour pour Grindelwald. A ce niveau d’opportunisme et d’absurdité, on ne serait pas loin de trouver ça abject.

Mais le karma est une roue, que Warner et J.K. Rowling se sont violemment pris dans la gueule : non seulement c’est aujourd’hui au tour d’Ezra Miller de se retrouver dans la tourmente du jugement médiatique (agressions, harcèlement, cambriolage…), mais il semble également que la franchise soit clairement en perte de vitesse au box-office : alors, bien sûr, Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore a tout de même encore fait 400 millions de dollars de recettes, ce qui reste relativement confortable, mais comparés aux 810 millions du premier film en 2016, et aux 653 du deuxième épisode en 2018, la série de préquelles d’Harry Potter semble avoir pris un peu de plomb dans l’aile. Et la saga avait beau avoir été initialement prévue par J.K. Rowling comme une saga de cinq films, la baisse des recettes au box-office pourrait bien être le signe d’une fin prématurée.

Pourtant, J.K. Rowling et son coscénariste Steve Kloves se sont efforcés de prendre note des remarques leur ayant été faites sur le deuxième épisode de la saga, souvent considéré comme beaucoup trop sombre. Pour palier à cela, les duettistes ont tout d’abord eu l’idée de recentrer Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore sur ces fameux « animaux fantastiques » annoncés dans le titre, qui avaient un peu disparu dans l’opus précédent : le film mettra ainsi en scène énormément de bébêtes de contes de fées, ce qui émerveillera à coup sûr le public familial. Parmi celles-ci, le « Qilin », une créature magique capable de voir l’avenir, sera même carrément un élément-clé de l’intrigue, puisqu’elle sera au centre des tentatives de Grindelwald pour régner sur le monde des sorciers.

Dans le même état d’esprit, les auteurs des Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore décident également de réinjecter un peu d’humour dans le métrage : les interactions entre les différents personnages sont ainsi volontairement plus drôles, certaines situations tirant sur le grotesque féérique s’avèrent tout à fait réussies dans leur genre (l’évasion de la prison en crabe), et bien sûr, le personnage de Jacob (Dan Fogler), le sympathique moldu, refait son apparition – toujours aussi maladroit, ce « sidekick » comique des plus classiques a ici reçu une baguette magique qui lui permettra d’aider les gentils sorciers.

Pour le reste, Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore déroule un classique récit d’affrontement entre le bien et le mal, mais David Yates et son équipe parviennent à ajouter un peu de piquant à l’ensemble, tout en agrémentant le film de quelques « clins d’yeux » destinés aux fans d’Harry Potter, avec l’apparition de certains lieux, noms ou personnages bien connus des inconditionnels du sorcier binoclard. Globalement, le retour à un ton plus léger permettra probablement au public de retrouver l’agréable frisson ressenti devant le premier opus des Animaux fantastiques, à condition bien sûr de parvenir à faire abstraction de l’esprit outrageusement politiquement correct impliqué par quelques éléments du scénario. Et bien sûr, si Mads Mikkelsen ne fera probablement pas oublier le Grindelwald baroque et barré interprété par Johnny Depp dans le deuxième épisode, il faut tout de même admettre que l’acteur danois s’en sort parfaitement bien, nous proposant une version du personnage de Grindelwald toujours aussi menaçante, mais présentant cette fois un aspect plus humain, grâce au jeu et à l’apparence générale de Mads Mikkelsen, qui semble comme d’habitude cacher derrière ses traits burinés de grands mystères et une profonde souffrance.

Le Blu-ray

[4,5/5]

Malgré les lacunes du film, Warner Bros. ne déroge pas à sa règle d’or, qui consiste à offrir à chaque nouveau Blu-ray estampillé Harry Potter un écrin audio/vidéo absolument somptueux. Les Animaux fantastiques 3 – Les Secrets de Dumbledore ne fait pas exception à la règle : côté image, c’est sans surprise que l’on constatera que Warner a de nouveau livré un travail sur l’image tout simplement irréprochable. Le piqué, les contrastes, les couleurs, sont littéralement au taquet pour flatter nos mirettes : c’est tout simplement magnifique. Pour ce qui est du son, VF et VO s’offrent des mixages en Dolby Atmos, qui seront décodées en l’absence de matériel adéquat en Dolby TrueHD 7.1. Niveau rendu acoustique, bien sûr, les deux pistes audio proposent une immersion de dingue, avec des effets multicanaux constants, puissants, spatialisés avec une finesse incroyable et proposant plus que jamais un vrai rendu cinéma à la maison. Époustouflant !

Dans la section suppléments, on trouvera toute une ribambelle de featurettes tantôt axées sur le film, tantôt tournées vers l’ensemble de la saga Harry Potter. On commencera donc avec un arbre généalogique des Dumbledore (9 minutes), remontant sur plusieurs générations, et on reviendra à nouveau sur l’histoire du personnage de Dumbledore (7 minutes), à travers les propos du réalisateur David Yates, du producteur David Heyman, mais également de Richard Harris, J.K. Rowling, Jude Law, etc. On continuera ensuite avec un petit jeu de devinettes « magique ou moldu » (5 minutes) avec des membres de l’équipe de tournage, puis on abordera le Château de Poudlard (6 minutes) du point de vue des acteurs Jude Law, Callum Turner, Jessica Williams ou encore Victoria Yeates, qui évoqueront leurs souvenirs de cette école pour le moins emblématique, et l’effet que leur procure le décor. On passera ensuite à un sujet consacré aux animaux fantastiques (6 minutes), avec un petit focus sur les nouvelles créatures ainsi que sur celles que l’on connaissait déjà. Par extension, on continuera avec un sujet consacré à Nobert Dragonneau (5 minutes), qui donnera la parole à l’acteur Eddie Redmayne. La featurette suivante est dédiée au Ministère allemand de la magie (5 minutes), un des nouveaux lieux proposés par le film Les participants de retour parlent de la place de ce lieu dans le film.

On reviendra ensuite plus précisément sur certaines scènes-clés du film, telles que l’affrontement entre Dumbledore et Croyance (4 minutes), le dîner des candidats à l’élection du nouveau chef suprême de la Confédération magique internationale (5 minutes), l’évasion de la prison d’Erkstag (5 minutes) ou encore la scène finale au Bhoutan (6 minutes). Les plus curieux pourront également se régaler de quelques scènes coupées (7 minutes), ainsi que d’une bande-promo consacrée à la pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant maudit (5 minutes).

3 Commentaires

  1. L’opportunisme dont vous accusez le film est sans fondement : J. K. Rowling avait annoncé que Dumbledore était gay en 2007, lors de la sortie du dernier tome d’Harry Potter. Vu les mentalités en 2007, je ne crois pas que cela soit de l’opportunisme…

    • Bonjour Etufanto,

      Soit, elle savait et avait annoncé que Dumbledore était gay depuis 15 ans, peut-être même que d’autres personnages d’Harry Potter sont gay, et c’est très bien comme ça, sauf que ça n’avait aucun intérêt de le révéler, puisque ça n’avait aucune espèce d’importance au cœur de l’intrigue de la saga Harry Potter.

      En revanche, nous ressortir aujourd’hui l’homosexualité de Dumbledore et la porter en étendard LGBT en en faisant un élément central de l’intrigue de ce troisième épisode des Animaux fantastiques nous parait bel et bien une manœuvre aussi opportuniste que maladroite pour tenter de faire oublier le scandale des tweets transphobes.

      C’est d’ailleurs bien là le principal problème de la saga des Animaux fantastiques : elle n’a aucune ligne directrice, et on change tout d’un épisode à un autre, en fonction du sens du vent, et des réactions des fans / du public. Pourquoi faire mourir Croyance à la fin du premier si c’est pour le faire revenir dans les premières minutes du deuxième épisode ? Pourquoi n’avait-on aucun signe de l’intrigue amoureuse entre Dumbledore et Grindelwald dans le deuxième opus, et que dans le troisième Dumbledore apparait constamment comme un homme meurtri par la perte de son amant ?

      Tout simplement parce que J.K. n’a aucune idée de la direction dans laquelle faire évoluer son récit, et qu’elle a ici cherché un moyen de redorer quelque peu son image publique…

      • En réalité, Croyance en meurt pas à la fin du premier opus. Un visionnage attentif du film vous fera remarquer que des restes de l’Obscurus (c’est-à-dire de Croyance forme enragée disons xD) s’échappent de la station de métro vers l’extérieur. Les personnages ne le voient pas mais l’oeil habile du spectateur le peut. Enfin une scène coupée (pas dans le film donc, j’en conviens) montre Croyance récupérer des papiers sur son identité après la bataille finale.

        Je doute grandement que J. K. n’ait pas de plan (même très élargi) pour les cinq opus, il y a forcément des indices éparpillés, surtout quand on sait qu’elle produit directement les films.

        Il y avait déjà des signes de l’intrigue amoureuse dès le premier film.. Quand Grindelwald sous couverture au MACUSA demande à Norbert « Pourquoi Albus Dumbledore vous affectionne-t-il tant ? » ; et dans le deuxième bien sûr : la métaphore quand même assez évidente de la formation du pacte de sang + le miroir du Rised qui est censé reproduire « le désir le plus cher » de la personne qui le regarde + la réplique « nous étions plus proches que des frères ».

        Ce ne peut pas être négatif d’écouter les critiques entre chaque film et de procéder à quelques ajustements. Enfin, côté opportunisme LGBT, je ne crois pas que ce soit réellement un opportunisme : censure en Chine, pas d’exploitation dans les pays du Golfe, ni en Russie. Un studio/producteur qui aurait privilégié l’image de marque et l’argent ne se serait pas encombré d’une telle mise en avant LGBT…

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