Le Rêve américain
France, Canada : 2026
Titre original : –
Réalisation : Anthony Marciano
Scénario : Anthony Marciano
Acteurs : Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi, Olga Mouak
Distributeur : Gaumont
Genre : Comédie dramatique
Durée : 2h06
Date de sortie cinéma : 18 février 2026
Date de sortie DVD/BR : 24 juin 2026
Personne n’aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA. Inspiré d’une histoire vraie, ce film raconte le parcours de deux outsiders qui, grâce à leur passion absolue pour le basket et leur amitié indéfectible, ont bravé tous les obstacles pour réaliser leur Rêve Américain…
Le film
[3,5/5]
« Grâce à l’interprétation très impliquée de Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, on croit corps et âme en cette odyssée semée d’embûches en terre américaine. Or, le sujet principal de cette comédie à l’opposée d’une utopie bling-bling n’est guère le fonctionnement alambiqué de la ligue nationale de basket aux États-Unis. Nul besoin en effet d’être un expert de cette discipline pour apprécier les hauts et les bas de cette entrée maintes fois empêchée dans la cour des grands. Non, Le Rêve américain s’emploie avec une hardiesse tout à fait appréciable à explorer la culture de l’échec. Nous n’avons pas fait les comptes, mais il est sûr et certain que ce duo de fanatiques gentils enchaîne sensiblement plus de revers cuisants que de moments d’une consécration amplement méritée. Pour le dire autrement, ce rêve américain-ci n’est point un conte supplémentaire sur le pays des possibilités illimitées, où tout un chacun peut réussir si seulement il le veut vraiment. (…)
La combinaison infernale
Prêts à tout, les deux protagonistes du Rêve américain le sont indéniablement. Néanmoins, leur soif de la réussite reste constamment accessible pour nous, spectateurs, guère mordus par le culte des ballons ronds. Le fil rouge précieux de cette alternance, entre leurs échecs dus à leur manque d’expérience et leur naïveté d’un côté et l’ascension très progressive de la montagne si lointaine et si haute de la NBA de l’autre, consiste en un optimisme inébranlable, surtout chez Bouna. Ce gars, qui ne paye pas de mine à première vue, sait ce qu’il veut. À peu de choses près, il sait également comment parvenir à l’accomplissement de ses aspirations. Un rôle de pôle tranquille, en somme, sur lequel toute l’agitation ambiante et les plans foireux n’ont pas d’emprise. Et un personnage dépourvu de fioritures, à qui Jean-Pascal Zadi sait conférer tout le sérieux nécessaire, sans en faire non plus un bosseur à l’acharnement terne. Bravo !
Face à lui ou plutôt à ses côtés, Raphaël Quenard agrandit, lui aussi, le spectre de rôles dans lesquels il se montre entièrement à l’aise. Car son Jérémy n’est aucunement le bouffon, l’imposteur ou le gaffeur de service. Un emploi que des films moins scrupuleux et en quête de la blague facile lui auraient probablement attribué sans la moindre hésitation. Alors qu’ici, son apport est essentiel en ce qu’il sait épauler son partenaire professionnel en toute circonstance. Leurs numéros successifs pour attirer l’attention et s’imposer malgré le fait qu’ils dénotent forcément dans le microcosme codifié de la NBA fonctionnent, parce qu’ils ne sont jamais dupes de leur supercherie. Mieux encore, par une réplique judicieusement placée par ci et par là, le scénario fait de nous les complices de cette conquête à l’issue incertaine. À chaque nouveau coup de poker, ce duo de choc perd ainsi en ringardise, même si le ton global du film ne les décrit jamais de cette façon condescendante. En revanche, il gagne en roublardise nullement mal intentionnée.
Pile ou face
En effet, l’authenticité des bons sentiments est bluffante dans Le Rêve américain. De quoi presque soupçonner que les deux principaux intéressés, Ndiaye et Medjana, n’aient donné leur accord pour ce projet qu’à condition que le résultat final ressemble à une hagiographie cinématographique de leurs exploits. Heureusement, il n’en est rien puisque, même si les deux agents officient comme producteurs associés, cette version-ci de leur histoire est exclusivement l’œuvre de Anthony Marciano. Et quel bel ouvrage filmique, capable de maintenir le rêve en vie tout au long de leur périple cabossé ! Attention, l’agencement de ce but à atteindre ne s’aménage aucun raccourci, ni grands coups de théâtre mélodramatiques où tout risque de basculer soudainement vers le drame larmoyant. Ces incidents y surviennent, soit. Mais toujours dans l’optique de sceller un peu plus l’amitié entre les deux personnages principaux, selon un cahier de charges qui ne paraît jamais poussif ou artificiellement prémédité.
Est-ce que cette ode magnifique à l’amitié indéfectible est dès lors dépourvue de défauts ? Après ses films précédents qui célébraient en quelque sorte l’immaturité dans toute sa splendeur, dont son premier long très prometteur Les Gamins sorti il y a treize ans déjà, Anthony Marciano a-t-il accompli le pas décisif vers un cinéma plus philosophe, quoique toujours aussi divertissant ? On aurait eu envie d’acquiescer. Très envie, même. Si, au sein de cette histoire aux personnages joliment modestes et conscients de la tâche immense qu’ils cherchent à accomplir, il n’y avait pas cette couche musicale superflue, trop présente et intrusive pour passer inaperçue. Surtout, elle enfonce inutilement le clou là où la trame agréablement dépouillée du scénario, aidée par un ton qui ne cherche jamais l’esbroufe et un duo d’acteurs renversant de sincérité réussissent à eux seuls parfaitement à nous faire rêver en leur exquise compagnie. (…)
La France a indiscutablement besoin d’un peu de baume au cœur. Un film aussi doucement édifiant que Le Rêve américain peut vous l’administrer sans pour autant frôler l’indigestion de bons sentiments. Porté par le binôme en or formé par Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard – en fait, pendant deux heures, il n’y en a que pour eux, mais qui viendra s’en plaindre ? –, le film de Anthony Marciano réussit l’exploit considérable de nous faire croire, le temps de la projection et un peu au-delà, qu’il suffit d’une forte dose de détermination et de passion pour voir ses rêves devenir réalité. Pareille propagande volontariste a tendance à nous écœurer, quand elle nous est présentée sous sa forme pompeuse, toujours à l’ordre du jour dans le cinéma hollywoodien. Ici, par contre, la leçon passe avec une certaine élégance ou en tout cas avec une admiration nullement feinte pour ces deux hommes, assez téméraires pour se donner les moyens de leur réussite. »
Extrait de la critique de notre chroniqueur Tobias Dunschen. Découvrez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien !
Le Blu-ray
[4/5]
Après avoir réuni presque 700.000 français dans les salles, Le Rêve américain vient de sortir au format Blu-ray sous les couleurs de Gaumont, qui nous livre ici un master Haute-Définition propre, stable, qui épouse plutôt bien la texture du film d’Anthony Marciano. Le film en lui-même n’a rien d’un objet visuel tapageur : Marciano privilégie une mise en scène fluide, semi-documentaire, qui alterne entre les intérieurs modestes d’Amiens et les espaces plus lumineux des arènes américaines. Le Blu-ray restitue cette dualité avec une belle tenue générale : les contrastes sont solides, les noirs rarement bouchés, et les visages conservent un grain léger mais organique, jamais lissé. On note parfois une douceur ponctuelle sur certains plans nocturnes, probablement inhérente au tournage plus qu’au disque lui-même. La compression reste discrète, sans macroblocs ni fourmillement parasite, même dans les scènes de vestiaires ou de couloirs faiblement éclairés. Les couleurs, souvent chaudes lorsqu’il s’agit de filmer l’amitié entre Jérémy et Bouna, retrouvent ici leur équilibre sans saturation excessive. Les séquences plus dynamiques – notamment celles liées au basket ou aux déplacements professionnels – gagnent en lisibilité grâce à un piqué honnête, sans jamais atteindre la précision chirurgicale d’un tournage en 4K. On reste dans une HD solide, cohérente, respectueuse du matériau d’origine.
Côté son, le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 proposé par Gaumont fait le job avec une générosité mesurée mais efficace. Le film repose beaucoup sur les dialogues, et ceux-ci sont parfaitement mis en avant : nets, centrés, jamais noyés dans l’ambiance. Les surrounds s’activent surtout lors des scènes de matchs, des déplacements ou des moments de foule, apportant une spatialisation agréable, parfois même surprenante dans sa précision. La musique, souvent utilisée pour souligner l’élan, la persévérance ou l’humour du duo, bénéficie d’une belle ampleur frontale. La dynamique reste sage, mais cohérente avec le ton du film : pas de démonstration tonitruante, mais une bande-son équilibrée, propre, qui accompagne sans jamais écraser la musique du film, signée Andry Rasoahaingo, alias Dédouze. Un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 est également disponible, et s’avérera sans doute plus cohérent si vous visionnez Le Rêve américain sur un simple téléviseur, sans barre de son ou système de Home Cinema. Du côté de la section suppléments, Gaumont accompagne Le Rêve américain d’une simple bande-annonce.
























