Test Blu-ray : Le carrefour de la mort

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Le carrefour de la mort ()

 
États-Unis : 1948
Titre original :
Réalisateur :
Scénario : , , ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h39
Genre : Policier
Date de sortie cinéma : 28 juillet 1948
Date de sortie DVD/BR : 7 septembre 2016

 

 

Arrêté à la suite de l’attaque ratée d’une bijouterie, Nick Bianco se voit proposer un marché : s’il donne ses complices, sa peine sera réduite. Il refuse et est condamné à vingt ans de prison. Un an plus tard, sa femme, violée par l’un de ses ex-acolytes, se suicide, et ses fillettes sont placées dans un orphelinat. Désespéré, Nick accepte de parler. À sa sortie, il se retrouve traqué par un tueur…

 

 

Le film

[5/5]

Le carrefour de la Mort () est un classique du «  », parfois considéré comme le meilleur film d’. Profondément réaliste, mis en scène avec classe et déroulant son intrigue sur un rythme très soutenu, le film suit la trajectoire du petit truand Nick Bianco () qui, après un séjour en prison, se résoudra à devenir une « balance » et aura bien du mal à retrouver les rails d’une vie rangée sous la menace du truand psychopathe Tommy Udo (incroyable ).

Dés ses premières minutes, qui mettent en scène un braquage qui tourne mal, Le carrefour de la Mort s’impose comme un modèle de tension : fait lentement monter la pression du spectateur, s’amuse de ses attentes et de ses craintes ; tout au long du film d’ailleurs, il s’ingéniera à faire de son truand un personnage auquel on s’identifiera facilement. Par petites touches, il dresse la psychologie d’un truand droit dans ses bottes, ne cherchant qu’à se ranger sans y parvenir à cause du poids de ses erreurs passées qui modifient la perception que la société américaine a de lui. Brillamment mis en parallèle avec le personnage campé par (dont la folie furieuse et le rictus constant tranchent nettement avec les désillusions et l’allure de chien battu de Mature), Bianco devient un modèle de « rédemption » par l’amour. Construit avec rigueur, Le carrefour de la Mort composait également très habilement avec les strictes règles de la censure US ; cela n’empêchera pas certaines scènes de surprendre le spectateur, telle que celle mettant en scène Widmark balançant une vieille infirme du haut d’un escalier.

En deux mots comme en cent, Le carrefour de la Mort () est une franche réussite. Une fois n’est pas coutume, on vous conseillera également de jeter un œil au remake du film d’Hathaway, réalisé en 1995 par Barbet Schroeder, extrêmement différent et plutôt fréquentable dans son créneau de polar période post-Tarantino.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Deuxième Blu-ray du mois pour après l’excellent Larry le dingue, Mary la garce (lire notre test), Le carrefour de la Mort marque un deuxième coup de maître pour l’éditeur : le film a été restauré et bénéficie d’un joli upgrade HD. Certes, le master n’est pas totalement parfait (quelques outrages du temps sont toujours visibles, réduisant légèrement le piqué d’une séquence à une autre), mais la restauration est bien réelle, nous proposant un piqué étonnamment précis tout en conservant le grain d’origine. Le tout ne souffre que de peu nombreuses baisses de définition, les contrastes sont solides, les noirs profonds, et la galette est encodée en 1080p : il s’agit indéniablement d’un travail éditorial très bien fait, tout est réuni pour que nous puissions redécouvrir le petit chef d’œuvre d’Hathaway dans les meilleures conditions possibles. Du côté des enceintes, la VO anglaise ainsi que la version française d’origine nous sont proposées, en DTS-HD Master Audio 2.0, en mono d’origine évidemment. Les deux versions sont étonnantes de vitalité, toujours parfaitement audibles et on ne déplore ni bruits disgracieux ni souffle parasite. La VF est parfaitement désuète et fera assurément sourire le spectateur.

Dans la section suppléments, on trouvera deux featurettes signées Jean-Loup Bourget et produites par  : une classique mais très intéressante présentation du film (« Le carrefour de la mort, tout est bien ce qui finit mal ») ainsi qu’un portrait de (« , parcours exemplaire à Hollywood »). A eux deux, ces deux sujets nous proposent un peu plus de 25 minutes d’analyse et de remise en contexte assez passionnantes.

 

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