Test Blu-ray : Larry Flynt

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Larry Flynt

États-Unis : 1996
Titre original : The People vs. Larry Flynt
Réalisation : Milos Forman
Scénario : Scott Alexander, Larry Karaszewski
Acteurs : Woody Harrelson, Courtney Love, Edward Norton
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 2h10
Genre : Drame, Biographie
Date de sortie cinéma : 19 février 1997
Date de sortie DVD/BR : 26 octobre 2022

De son enfance misérable dans le Kentucky, Larry a gagné l’art de la débrouille, le goût d’entreprendre et l’irrépressible désir d’améliorer sa condition. Propriétaire d’un bar à stripteaseuses, il flaire le bon coup et lance en 1974 Hustler, une publication licencieuse qui fait bientôt de l’ombre à Playboy, en ne reculant jamais devant le scandale et l’obscénité. Mais un succès aussi sulfureux ne pouvait qu’attirer les foudres des dévots : l’Amérique puritaine fera tout pour mettre Larry au pilori…

Le film

[3,5/5]

Comme son titre l’indique clairement, Larry Flynt est un biopic consacré au créateur de la revue Hustler – un personnage tellement extravagant et « Bigger than life » qui sied de la meilleure manière qui soit à ce genre de film. Le genre du Biopic ou de la biographie filmée n’aime pas les personnages tièdes, et quitte à condenser une vie en l’espace de deux heures, autant le faire avec panache… Réalisé par Miloš Forman et écrit par Scott Alexander et Larry Karaszweski, collaborateurs réguliers de Tim Burton (qui remettraient le couvert en 1999 pour Man on the Moon, un autre biopic réalisé par Forman), Larry Flynt a rencontré un certain succès critique lors de sa sortie dans les salles obscures, et a contribué à familiariser le public avec la personnalité provocatrice de Larry Flynt.

Pour autant, le film de Miloš Forman a tout de même soulevé quelques levées de boucliers au moment de sa sortie – pas tellement concernant la question de la liberté d’expression, sujet central du film, mais plutôt en rapport avec l’image de la femme véhiculée par Hustler. Préfigurant de façon radicale toute une série de mouvements qui modifieraient considérablement l’industrie du divertissement dans les années qui suivraient, une poignée de lobbies féministes avaient dénoncé la représentation des femmes en tant qu’objets sexuels, ainsi que leur exploitation dans le domaine de la pornographie en général. De fait, les victoires de Flynt sur le premier amendement mises en évidence par l’intrigue de Larry Flynt ne pesaient finalement pas lourd face au fait que tout son « empire » était fondé sur l’exploitation des femmes.

Pour autant, et pour peu que l’on remette un tant soit peu le film dans son contexte (il y a vingt-cinq ans, les choses n’étaient pas tout à fait les mêmes qu’aujourd’hui), force est de reconnaître que Larry Flynt s’avère, encore aujourd’hui, un spectacle extrêmement divertissant. Il s’agit d’un film consacré à un homme complexe, pour lequel vous ne voudriez probablement jamais travailler, mais qui s’avère assez réjouissant dans son genre en plus d’être très amusant à regarder. La prestation de Woody Harrelson est absolument brillante, toujours sur le fil entre le vicieux et le charmant, le rusé et le fou, et contribue à « humaniser » de façon remarquable un personnage plein de défauts mais attachant, que ses opposants d’hier et d’aujourd’hui semblent bien déterminés à nous présenter comme le mal incarné.

Larry Flynt suit la trajectoire de Flynt depuis ses débuts misérables dans le Kentucky, où il vendait de l’alcool de contrebande avec son jeune frère Jimmy. Le film de Forman fait ensuite un bond en avant jusqu’en 1972 : les frères Flynt (Woody et Brett Harrelson) gèrent alors une chaîne de clubs de strip-tease dans le sud de l’Ohio, les Hustler Go-Go Clubs. Le petit monde de Flynt changera finalement avec l’arrivée d’Althea, interprétée par Courtney Love, une personnalité qui suscite des réactions aussi complexes et souvent aussi négatives que Larry Flynt lui-même. Mais la performance de la rockeuse / actrice dans le rôle d’Althéa est exceptionnelle. La relation entre ces deux personnages constitue le vrai « cœur » du film, et nous offre vraiment une poignée de scènes d’une très belle intensité émotionnelle. Malheureusement, leur histoire d’amour tumultueuse s’est terminée de façon tragique ; Althea n’a pas vécu assez longtemps pour voir la Cour suprême donner raison à son mari : elle était morte du sida l’année précédente.

Un poil plus longue et moins bien rythmée que la première, la deuxième partie de Larry Flynt est centrée sur les longues batailles juridiques de Flynt, ainsi que sur ses relations avec son avocat Alan Isaacman (Edward Norton), sur sa conversion religieuse brutalement interrompue par la balle d’un tireur, sur sa longue dépendance aux drogues ainsi que, pour finir, sur sa désintoxication et son retour sur le devant de la scène en tant qu’agitateur médiatique. A découvrir !

Le Combo Blu-ray + DVD + Livret

[5/5]

D’une façon assez étonnante, Larry Flynt était encore à ce jour inédit au format Blu-ray en France, et la superbe édition estampillée Wild Side Vidéo disponible depuis hier chez tous vos dealers de culture habituels s’avère, sans surprise, extrêmement supérieure à l’antique édition DVD Collector éditée par Sony Pictures. L’ensemble est d’autant plus enthousiasmant que le film débarque sous la forme d’un superbe Digibook contenant le Blu-ray et le DVD du film, ainsi qu’un livret inédit de 50 pages signé François Cau et intitulé « Sexe, Love & Premier Amendement ».

Côté Blu-ray, c’est vraiment une totale redécouverte que nous propose Wild Side : l’image est proposée au format, et nous propose un gain sensible de précision côté image ; la photo du film est lumineuse, et le piqué est très satisfaisant, le tout est proposé dans un master stable, avec de belles couleurs vives et surtout un grain argentique parfaitement préservé. Côté son, VF et VO nous sont proposées en DTS-HD Master Audio 5.1. Le mixage multicanal est précis, nous proposant un confort acoustique optimal ; la restitution des dialogues est de la plus parfaite clarté, et la musique de Thomas Newman bénéficie d’une belle mise en avant.

Du côté des suppléments, on commencera avec un commentaire audio de Scott Alexander & Larry Karaszweski. Les deux scénaristes nous livreront quantité d’informations sur leur parcours, la genèse du film, la rencontre avec Milos Forman, le casting, les différentes versions du scénario, les prises de liberté avec la réalité ou encore sur leurs relations avec les dirigeants de Columbia Studios. On continuera ensuite avec un commentaire audio de Woody Harrelson, Courtney Love et Edward Norton. On notera que les trois acteurs ont été enregistrés séparément. Courtney Love est la plus présente des trois, et ses propos sont assez passionnants, même si elle dévie souvent de la stricte analyse des images. Très libre dans ses propos, elle révélera par exemple avoir eu une relation avec Edward Norton durant le tournage. Woody Harrelson est également plutôt intéressant. Quant à Edward Norton, on ne l’entend quasiment pas, son temps de parole ne devant pas excéder les cinq minutes.

On aura ensuite droit à un captivant making of (30 minutes), qui reviendra sur l’histoire du film, les acteurs, la rencontre entre Woody Harrelson et le « vrai » Larry Flynt, les thématiques du film, les lieux de tournage, les costumes, etc. Ce sujet consacré au film sera complété d’un documentaire sur la vie du véritable Larry Flynt (29 minutes), racontée en voix off par Dennis Hopper. Il s’agit d’un autre point de vue sur certains des éléments racontés dans le film : on y reviendra sur les premières entreprises commerciales de Flynt, sur la création du magazine Hustler, sur diverses batailles juridiques, sur l’influence d’Althea Leasure, sur la candidature de Larry Flynt aux élections, etc. On enchaînera ensuite avec deux courtes scènes coupées (2 minutes), dont une assez géniale au cœur de laquelle il montre à ses parents la réplique exacte de sa maison d’enfance du Kentucky construite dans le sous-sol de son manoir, et avec une rencontre entre Jerry Flynt et Brett Harrelson (2 minutes).

Pour terminer, Wild Side nous proposera également un intéressant entretien avec Milos Forman (18 minutes) ainsi qu’un entretien avec Philippe Rousselot (31 minutes), directeur photo du film, qui reviendra sur son travail avec Milos Forman, qu’il ne considère d’ailleurs pas forcément comme le plus intéressant qu’il ait réalisé au fil de sa carrière. Il reviendra cependant tout de même sur ses méthodes de travail ainsi que sur sa « note d’intention » visuelle sur le film.

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