Test Blu-ray : La planète des vampires

0
351

 
Italie, Espagne : 1965
Titre original :
Réalisation :
Scénario : , Alberto Bevilacqua, Callisto Cosulich
Acteurs : , ,
Éditeur : /
Durée : 1h28
Genre : Science-fiction
Date de sortie DVD/BR : 6 décembre 2017

 

 

Deux vaisseaux Argos et Galyot reçoivent des signaux de détresse venant d’un planète nommée Aura. Une force invisible les oblige à se poser sur celle-ci. Dés qu’il atterrisse, une ennemi inconnu les agresse et prend possession des corps…

 

 

Le film

[5/5]

Si d’aventure il vous arrivait de rencontrer un cinéphile qui vous raconterait, la voix encore remplie de souvenirs émus, comment il a découvert en 1966-67 au Lynx, à l’Omnia ou au Brady après l’avoir découvert en couverture de Midi-Minuit Fantastique, vous pourrez en être certain : vous avez affaire à ce qu’on appelle dans le jargon un « gros mytho ». Car si on a bien parlé du film de dans Midi-Minuit Fantastique, il aura en revanche fallu attendre 1992 – soit 27 ans après la réalisation du film ! – pour enfin découvrir en France, dans le cadre du Cinéma de quartier de Jean-Pierre Dionnet sur Canal +.

On peut d’ailleurs tout autant tiquer quand le distributeur évoque sur l’affiche de la « reprise » du film (sorti dans les salles obscures l’année dernière), un film « invisible depuis cinquante ans »… Car après sa diffusion sur Canal +, le film de Bava est sorti en VHS, à priori aux alentours de 1996, puis en DVD, et ce à deux reprises. En effet, avant cette édition Blu-ray tant attendue, les cinéphiles français avaient déjà droit à deux éditions de  : la première en 2001 chez StudioCanal dans la collection « Cinéma de quartier », et la deuxième en 2014 chez Artus Films, en version restaurée et dotée de bonus éminemment sympathiques (dont un présentation fleuve du film par Alain Petit). Si on la trouve encore facilement sur le circuit de l’occasion et dans certaines boutiques parisiennes, cette édition avait néanmoins du être officiellement « retirée » de la vente suite à un problème lié à l’acquisition des droits par Artus Films. Néanmoins, pour un film considéré comme « invisible », on trouve que cela fait beaucoup d’occasions de l’avoir vu tout de même.

Vous l’aurez compris, est donc un film autour duquel flotte une aura de mystère, un voile de ténèbres et même presque d’affabulations. On murmure – à raison – que le regretté Dan O’Bannon s’en était inspiré afin de signer le scénario d’Alien, mais il y a de grandes chances pour que cette assertion prête à faire sourire les plus jeunes d’entre nous, tant l’aspect visuel du film de s’avère à mille lieues de celui développé par Ridley Scott et son équipe sur le film de 1979. Car en effet, est le fruit d’une époque où, sous l’impulsion des nombreux « fumetti » et romans de science-fiction, les Européens se laissaient volontiers aller à regarder les étoiles et imaginaient pouvoir vivre toutes sortes d’aventures « cosmiques », tout en se demandant s’ils étaient seuls dans l’univers. Dans les années 60, ces préoccupations étaient d’ailleurs tout à fait dans l’air du temps, surtout si l’on considère que réalité et fiction se rejoindraient seulement en 1969 avec les premiers pas d’Armstrong sur la Lune.

D’ailleurs, côté réalisme, est un peu l’anti-2001 odyssée de l’espace : il s’agit plutôt d’un petit délice de sucrerie très orientée bis, autant influencée par le serial que par la bande dessinée. Visuellement sublime, mais également plutôt amusant par son côté charmant et suranné, le film de Bava tient tout de même du plaisir coupable, du gros kitsch bis en carto(o)n. Jeu des acteurs, dialogues, enjeux narratifs, effets spéciaux et raccourcis narratifs d’une naïveté confondante (à l’époque, sortir tâter de l’atmosphère d’une planète inconnue sans même un casque sur la tête n’avait rien de choquant), tout est réuni au cœur de pour assurer le spectacle avec un panache et une science du divertissement élevant sans problème aujourd’hui (comme hier) cette incursion de Bava dans le petit monde de la science-fiction au rang de chef d’œuvre du septième Art, que l’on reverra sans aucun doute avec le même plaisir enfantin dans 50, 100 ou 150 ans. Une merveille.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

C’est donc sous les couleurs de que débarque sur support Blu-ray. Cette sortie événement a été précédée d’une présentation à Cannes Classics en 2016, puis d’une sortie dans les salles françaises. Le master est tiré d’une restauration 4K faite à partir du négatif original, et dont l’étalonnage a été supervisé par Lamberto Bava, fils du réalisateur, qui occupait le poste d’assistant-réalisateur sur le tournage. C’est dire si le master a de la gueule – le transfert Blu-ray s’avère vraiment de toute beauté, proposant un grain argentique préservé avec soin, des couleurs sublimes, mais également un piqué et des contrastes remarquables ; l’encodage ne nous réservera pas la moindre mauvaise surprise, bref, tout est fait pour magnifier le travail d’Antonio Rinaldi et sur la magnifique photo du film. Côté son, VF et VO italienne nous sont proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 2.0 qui rendent honneur à la douce étrangeté du métrage, allant même peut-être jusqu’à l’accentuer un peu.

Du côté des suppléments, on trouvera, outre un livret de 40 pages proposant, entre autres, un retour sur le tournage du film et un entretient avec Lamberto Bava, un documentaire de presque 40 minutes signé Yves Montmayeur et intitulé Planet Bava. S’ouvrant sur une séquence suivant Nicolas Winding Refn, cet intéressant documentaire proposera également des interventions de Christophe Gans, Lamberto Bava, Fulvio Lucisano, Sergio Stivaletti, Gabriele Mayer ou encore Luigi Cozzi. L’esprit est très largement à la célébration non-stop de l’immense talent de , mais les amoureux du film et de l’œuvre du cinéaste italien seront assurément aux anges. Le supplément suivant sera une amusante curiosité : il s’agit du montage Super 8 allemand de , nous proposant de voir le film dans une version très courte (et en allemand). On terminera avec une série de bandes-annonces (classiques ou modernes). On notera également que le film est présenté dans un joli format « Digibook » renforçant l’aspect « collector » de l’objet.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici