Test Blu-ray : La Peau sur les os

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La Peau sur les os

États-Unis : 1996
Titre original : Thinner
Réalisation : Tom Holland
Scénario : Michael McDowell, Tom Holland
Acteurs : Robert John Burke, Lucinda Jenney, Joe Mantegna
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 1h33
Genre : Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 17 novembre 2022

L’histoire de Billy Halleck, avocat rondouillard à qui tout réussit… jusqu’au jour où, par accident, il percute une vieille gitane avec sa voiture, la tuant sur le coup ! Halleck ressort vainqueur du procès truqué qui s’en suit. Les gitans décident alors de faire leur propre justice et un sort est jeté sur Halleck qui commence alors à perdre du poids de façon incontrôlée, le conduisant vers une mort certaine…

Le film

[3/5]

La Peau sur les os est un roman de Stephen King, publié en 1984 sous le nom de plume de Richard Bachman. L’idée de base du roman était venue à Stephen King alors qu’il avait dû, pour des raisons médicales, entamer un régime amaigrissant. King avait donc commencé à imaginer ce qui pourrait arriver à quelqu’un commençait à perdre du poids sans pouvoir s’arrêter. De fait, son roman s’imposait comme la critique assez féroce d’une nation obsédée par l’apparence physique, doublée d’une charge tout aussi sévère à l’encontre du business autour des régimes et des aliments « amincissants ».

L’adaptation cinématographique de La Peau sur les os, dont le scénario est signé Tom Holland et Michael McDowell, délaissera en revanche totalement la portée sociale du roman, pour se concentrer quasi-exclusivement sur l’élément fantastique au cœur du récit. Comme souvent dans les romans de Stephen King, une prémisse faussement simple donnera finalement lieu à toute une série d’événements horribles : La Peau sur les os est en réalité une histoire de châtiment, de vengeance à la mode gipsy, dans laquelle un vieux gitan jette une malédiction sur les cols blancs qu’il estime responsables de la mort de sa fille. Parmi ces coupables désignés, on trouvera bien sûr Billy Halleck (Robert John Burke), un avocat obèse à la morale élastique, du genre de ceux n’hésitant pas à profiter de toutes les failles du système pénal américain pour défendre la Mafia. Un personnage central pas forcément très sympathique, qui écrasera au début du film une vieille gitane alors que sa femme lui faisait une petite turlute au volant, et s’en sortira blanc comme neige.

Comme tout le monde le sait, les adaptations cinématographiques des œuvres de Stephen King ont donné naissance à une poignée de réussites, mais également à beaucoup de catastrophes. Pour être tout à fait honnête, La Peau sur les os ne se situe dans aucune de ces deux catégories, mais dans ce qu’on pourrait appeler un « entre-deux ». Ainsi, on notera déjà que malgré la présence au casting de Stephen King lui-même (dans le rôle d’un pharmacien), force est de constater que nous ne sommes pas en présence d’une très bonne adaptation du roman : ainsi, Billy n’est certainement pas le salaud répugnant décrit dans le bouquin, mais finalement un type pour lequel le spectateur pourra ressentir une certaine sympathie. Les amateurs de l’œuvre de King noteront également que le dénouement de l’histoire du film n’a rien à voir avec la fin du roman.

D’un strict point de vue cinématographique, La Peau sur les os n’est certainement pas non plus un film qui sera amené à faire date dans l’histoire du cinéma fantastique. Cependant, le long-métrage de Tom Holland possède suffisamment de qualités pour retenir l’attention des cinéphiles. La plus remarquable d’entre elles réside probablement dans ses effets spéciaux, et ses maquillages très réussis. La transformation de Robert John Burke, qui passe d’un léger surpoids à une maigreur cadavérique, tient encore plutôt bien la route, mais ce seront surtout les maquillages du personnage du juge et de celui du chef de la police qui s’avéreront le plus impressionnants. D’une façon générale d’ailleurs, c’est dans le détail que La Peau sur les os retient le plus l’attention : on passera ainsi outre la prestation outrée (et limite cartoonesque) de Robert John Burke pour se concentrer sur les seconds rôles, excellents, interprétés par des pointures telles que Joe Mantegna, John Horton, Daniel von Bargen ou encore Michael Constantine. Ainsi, en dépit de ses quelques problèmes de rythme et de tonalité, La Peau sur les os demeure au final un divertissement du samedi soir fort amusant.

Le Blu-ray

[4/5]

En nous proposant régulièrement de nouveaux titres inédits dans sa collection « Angoisses », Rimini Éditions s’est taillé une place de choix dans le cœur des amateurs de frissons. La sortie de La Peau sur les os en Blu-ray est d’ailleurs un petit événement en soi, dans le sens où le film de Tom Holland était jusqu’ici inédit en DVD en France. Côté master Haute-Définition, le film a été remasterisé, et affiche plutôt une bonne forme : l’image est stable et propre, le piqué est satisfaisant, les couleurs son éclatantes et les contrastes ne posent pas le moindre problème – applaudissons donc des deux mains Rimini Éditions de nous offrir la possibilité de (re)voir le film dans de bonnes conditions. Côté son, c’est du très bon boulot avec à la fois la VF et la VO proposées en DTS-HD Master Audio 5.1, claires, intelligibles, et nous proposant de sympathiques effets d’ambiance et de spatialisation. On notera que la version française est un doublage québecois, ce qu’on pourra remarquer à de nombreuses reprises, notamment dans le poids annoncé en livres plutôt qu’en kilos, la prononciation des noms à l’américaine, ou encore dans l’usage de certaines expressions peu usitées chez nous (« sans farce » au lieu de « sans blague », « gypsy » au lieu de « gitan »…).

Côté suppléments, rien sur la galette à proprement parler, mais on trouvera dans cette édition Blu-ray de La Peau sur les os le traditionnel livret inédit écrit par Marc Toullec et consacré au film.

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