Test Blu-ray : La Chevauchée de la vengeance

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La Chevauchée de la vengeance

États-Unis : 1959
Titre original : Ride Lonesome
Réalisation : Budd Boetticher
Scénario : Burt Kennedy
Acteurs : Randolph Scott, Karen Steele, Pernell Roberts
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h13
Genre : Western
Date de sortie cinéma : 26 février 1969
Date de sortie DVD/BR : 20 septembre 2021

Le chasseur de prime Ben Brigade arrête le meurtrier Billy John pour l’emmener à la potence à Vera Cruz. Brigade fait halte à un relai de poste où il sauve la femme du gérant d’une attaque des Indiens. Face à leur acharnement, il continue sa route avec l’aide de deux hors-la-loi. Mais les deux bandits ont pour but de s’emparer de Billy dans l’espoir de leur propre amnistie. A cela s’ajoute Frank, le frère de Billy, et assassin de la femme de Brigade…

Le film

[4,5/5]

Au sein de la communauté des amateurs de westerns, le nom de Randolph Scott remue toujours forcément quelques chaleureux souvenirs. On ne compte plus en effet ses collaborations avec les plus grands noms de l’Ouest cinématographique : d’André De Toth à George Waggner en passant par Ray Enright, John Sturges ou Sam Peckinpah, il a longtemps fait figure de héros de western typique des années 50. Durant les dernières années de sa carrière d’acteur, il incarnerait le héros du « cycle Ranown » (de la société Ranown Pictures), qui désigne en fait ses sept collaborations avec le cinéaste Budd Boetticher : Sept hommes à abattre, L’homme de l’Arizona, Le vengeur agit au crépuscule, L’aventurier du Texas, La Chevauchée de la vengeance, Le courrier de l’or et Comanche Station. Ces films ont été tournés sur une période restreinte de cinq ans, entre 1956 et 1960, et sont de nos jours entrés dans l’Histoire du western, aux côtés des chefs-d’œuvre de John Ford ou d’Anthony Mann.

Sorti sur les écrans américains en février 1959, La Chevauchée de la vengeance est la cinquième – et antépénultième – collaboration entre Randolph Scott et Budd Boetticher, et s’avère particulièrement représentatif de la qualité des productions du cycle Ranown. Dès les premières minutes du film, Budd Boetticher parvient à plonger le spectateur dans une atmosphère particulière, marquée par le flegme imperturbable de Ben Bigade, le chasseur de primes incarné par Randolph Scott, qui garde toujours son sang froid malgré l’hostilité qui l’entoure. En premier lieu, il y a la menace représentée par les personnages de Sam Boone et Whit (Pernell Roberts et James Coburn), dont on ne connaît pas immédiatement les motivations. Ensuite, il y a bien sûr également celle de Frank, incarné par un jeune Lee Van Cleef, et de sa bande – il est le frère de Billy John (James Best), le hors-la-loi que Brigade doit escorter à Santa Cruz. Mais en plus de ces bandits, il y a aussi les indiens, les Mescaleros, qui semblent bien décidés à faire de Karen Steele la nouvelle squaw de leur chef.

Le scénario a beau être linéaire, il s’avère très habile, et le rythme fait que l’on est au cœur de l’action dès le début, et la tension ne se relâchera jamais vraiment tout au fil du récit, qui a l’avantage d’être très court (1h13 et puis c’est tout). Une des grandes forces de La Chevauchée de la vengeance réside par ailleurs dans la caractérisation de son petit groupe de personnages, dont les motivations ne sont pas celles que l’on pouvait imaginer au départ. La finesse avec laquelle Boetticher et son scénariste Burt Kennedy parviennent, sans en avoir l’air, à proposer des portraits complexes et humains est assez bluffante, dans le sens où aucun des personnages ne se révélera réellement antipathique – tous s’imposent comme des êtres humains, avec leurs qualités et leurs défauts. Même Billy John, pourtant candidat à la potence, n’est pas foncièrement mauvais.

La Chevauchée de la vengeance est donc épuré dans son récit, et cette sobriété se retrouve dans la forme que donne Budd Boetticher à son œuvre. Pour autant, le film est très beau. Tourné en extérieurs et en décors naturels, le film s’impose grâce à des plans larges et ses panoramiques sublimés par l’utilisation du Cinémascope. La profondeur de champ est également souvent remarquable, les cadres rigoureux, les mouvements de caméra élégants. En deux mots, l’ensemble est clairement maîtrisé, et les acteurs sont excellents. De la belle ouvrage !

Le Blu-ray

[4,5/5]

Après une première édition en 2010, La Chevauchée de la vengeance re-débarque aujourd’hui en Blu-ray, à nouveau sous les couleurs de Sidonis Calysta, et toujours dans la collection « Western de légende ». Le film de Budd Boetticher a bénéficié d’une restauration soignée : la définition est précise, les couleurs très saturées sont respectées à la lettre, de même que la granulation argentique d’origine. Les couleurs sont éclatantes, bien saturées, et la gestion des noirs et des contrastes ne pose pas de problème. Comme d’habitude, les plans à effet (les fondus enchaînés notamment) marquent de nettes baisses de définition. Côté son, l’éditeur nous propose deux mixages DTS-HD Master Audio 2.0 d’origine, en VF et en VO : tous deux sont parfaitement clairs et sans souffle. Du beau travail.

Côté suppléments, Sidonis Calysta nous offre un ensemble très complet de bonus passionnants, en partie recyclés du DVD de 2010, mais boostés en Haute-Définition. On commencera avec un documentaire sur Budd Boetticher (Budd Boetticher : An american original, 49 minutes), originellement diffusé en 4/3 à la TV, et présenté ici recadré et upscalé. Passionnant, ce long documentaire nous proposera des interventions de certains cinéastes très connus, tels que Peter Bogdanovich, Clint Eastwood ou encore Quentin Tarantino, qui dresseront un intéressant portrait du cinéaste.

On retrouvera également la présentation de l’œuvre de Budd Boetticher (23 minutes) et la présentation de La Chevauchée de la vengeance (24 minutes), les deux assurées par Bertrand Tavernier. Le réalisateur de Laissez-passer reviendra notamment sur l’usage du CinemaScope, la photo ou encore sur la profondeur de champ, qui l’a influencé dans son travail de metteur en scène. Il évoquera également sur l’influence qu’a pu avoir le film sur le cinéma de Quentin Tarantino.

On continuera ensuite avec la traditionnelle présentation du film par Patrick Brion (7 minutes), et on enchaînera avec une nouvelle présentation du film par Jean-François Giré (10 minutes), extrêmement enthousiaste et intéressante. Mais ce n’est pas tout, puisqu’on trouvera également sur le Blu-ray une présentation du film par Martin Scorsese (5 minutes), qui se concentre essentiellement sur le personnage de Randolph Scott, ainsi qu’un épisode de la websérie Trailers from hell dans laquelle le cinéaste John Sayles (Lone Star) analyse rapidement la bande-annonce du film (2 minutes). On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce du film.

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