Test Blu-ray : Iceman

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Iceman

Allemagne, Italie, Autriche : 2017
Titre original : Der Mann aus dem Eis
Réalisation : Felix Randau
Scénario : Felix Randau
Acteurs : Jürgen Vogel, André Hennicke, Franco Nero
Éditeur : Condor Entertainment
Durée : 1h32
Genre : Aventures
Date de sortie DVD/BR : 24 mars 2021

Il y a 5.300 ans, Kelab, chef de tribu, vit paisiblement au bord d’un ruisseau des Hautes-Alpes avec les siens. Un jour, de retour de la chasse, il découvre que son clan a été décimé. Seul son bébé a survécu. Bien décidé à retrouver les coupables de ce massacre, il entame avec son enfant un périple à travers les montagnes glacées…

Le film

[4/5]

On ne va pas se raconter d’histoires : la particularité la plus notable d’Iceman est liée au fait que les personnages du film s’expriment dans une langue inconnue – une version primitive du rhétique, une langue morte éteinte au cours du IIIe siècle. La traduction des quelques propos échangés entre les protagonistes du film n’étant pas nécessaire pour la compréhension de l’histoire, on pourra avancer qu’à sa manière, Iceman est une sorte de film « muet ». Sonore, mais muet.

Cependant, force est de constater que l’absence de dialogues immédiatement compréhensibles par le spectateur n’est probablement pas la principale qualité du film de Felix Randau. Tout au plus, on reconnaîtra dans cette audace une intéressante « curiosité » formelle, dénotant d’une volonté du scénariste / réalisateur d’aller jusqu’au bout des choses en matière de naturalisme. Ce n’est pas rien, loin de là – on avait notamment déploré l’utilisation de dialogues en anglais dans le Valhalla rising de Nicolas Winding Refn en 2009 – mais l’âme d’Iceman se situe clairement ailleurs.

« Où ça, où ça, dis-nous tout, Tonton BDM ! » Ok, ok, calmez-vous les enfants, on y vient. A vrai dire, avec son intrigue viscérale suivant la quête vengeresse d’un homme bravant les éléments afin de traquer les assassins de sa famille, Iceman prend rapidement la direction d’un bon vieux « revenge movie » sans concession. Cette impression est renforcée par l’âpreté de la reconstitution historique, n’hésitant pas même à régulièrement mettre le spectateur mal à l’aise, et ce dès l’ouverture du film, qui nous donne à voir un couple faisant l’amour devant un enfant jouant tranquillement de la flûte.

La brutalité de l’époque mise en scène par Felix Randau est assez impitoyable, tapant sec et dur, notamment en ce qui concerne la scène de pillage servant de point de départ à la quête du héros, qui étonne par sa violence, aveugle, disproportionnée. Iceman prendra également par moments des allures de survival à la The revenant, le personnage principal devant faire face à de nombreux dangers « naturels ». Mais l’influence que l’on ressentira le plus planer au dessus du film de Randau n’est ni celle d’Alejandro González Iñárritu, ni même celle d’une immersion en mode Guerre du feu ou Ao – Le dernier Néandertal, et ce même si bien sûr le naturalisme et l’immersion d’un monde étrange surgi du passé sont deux aspects importants d’Iceman.

Non, avant tout, et malgré son univers ne semblant à priori pas s’y prêter, Iceman s’avère un vrai putain de western transposé dans les Hautes-Alpes. La fièvre vengeresse du personnage principal et la façon dont Felix Randau plonge le spectateur au cœur de sa quête sanglante nous convaincront que le cinéaste lorgne d’ailleurs plus particulièrement du côté du western spaghetti. Cet amour du genre nous sera d’ailleurs confirmé à mi-métrage quand nous découvrirons, caché derrière une barbe fournie et de longs cheveux blancs, le regard bleu acier de Franco Nero, inoubliable Django de Sergio Corbucci, qui nous gratifie ici d’une apparition remarquée et remarquable. Le fait qu’une large partie du film se déroule dans la neige et que le personnage soit « muet » évoquera d’ailleurs forcément, par ricochet, un autre grand western de Corbucci, Le grand silence.

Bref, en imaginant un background à Ötzi, l’homme de glace retrouvé il y a trente ans à plus de 3000 mètres d’altitude à la frontière entre l’Italie et l’Autriche, Felix Randau semble surtout avoir voulu ressusciter le temps d’un film les grandes heures du Western Européen. On l’en remercie, d’autant qu’Iceman parvient à nous faire retrouver le frisson de ce genre disparu !

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Haute-Définition, le Blu-ray d’Iceman édité par Condor Entertainment s’offre un master assez remarquable : les couleurs sont superbes, les contrastes denses, les noirs d’une belle profondeur. La définition est irréprochable et le piqué souvent très précis, bref, un bel hommage est ici rendu à la sublime photo du film, signée Jakub Bejnarowicz (Zones humides). En revanche, le film est encodé en 1080i (25 images / seconde), ce qui réduit la durée du film d’1h36 à 1h32. Coté enceintes, comme (presque) toujours avec Condor Entertainment, le film est proposé en DTS-HD Master Audio 5.1. Le mixage est immersif et dynamique, très spectaculaire durant les scènes d’action, et parviendra à étonner le spectateur par la finesse de ses effets, dont l’impact est rehaussé par un caisson de basses toujours aux aguets. On notera également que Condor n’oublie pas les cinéphiles qui visionnent leurs films à domicile sans utiliser de Home Cinema, puisque l’éditeur nous propose également un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 plus cohérent si vous visionnez Iceman sur un « simple » téléviseur.

Du côté des suppléments, le Blu-ray édité par Condor Entertainment nous propose un intéressant making of qui donnera notamment largement la parole à Franco Nero, en plus de nous donner à voir de nombreuses images volées sur le tournage, en décors naturels, quelque-part entre l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche.

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