Test Blu-ray : Espen, le gardien de la prophétie

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Norvège : 2017
Titre original :
Réalisation :
Scénario : ,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h45
Genre : Fantastique
Date de sortie DVD/BR : 20 août 2018

 

 

Selon une ancienne prophétie, si l’héritière du trône n’a pas trouvé mari lors de son dix-huitième anniversaire, elle sera enlevée par un être maléfique. Mais Kristin, la jeune et indépendante fille du Roi, ne croit pas à ces légendes. Elle repousse tous ses prétendants et s’enfuit la veille de son anniversaire. Craignant le pire, le roi promet gloire et fortune à qui lui ramènera Kristin. Alors que prince et chevaliers se lancent à sa poursuite, c’est Espen, un jeune fermier, qui retrouve sa trace, au-delà du Royaume des Hommes, dans une lointaine contrée peuplée de créatures magiques…

 

 

Le film

[4/5]

Qu’on se le dise : Espen, le gardien de la prophétie est un grand film d’aventures européen, une œuvre ambitieuse et formellement très réussie. Cela pourra certes surprendre le public français, dans le sens où le film norvégien est nanti d’un budget qui pourrait paraître un brin dérisoire dans l’hexagone. En effet, 5,8 millions d’euros, ça représente environ deux fois moins de budget que Les Tuche 3, trois fois moins que Les nouvelles aventures d’Aladin, ou encore quasiment cinq fois moins que La Ch’tite famille… A budget équivalent, chez nous, on tourne des films tels que Brillantissime ou Mme Mills, une voisine si parfaite. Où va l’argent, me demanderez-vous ? On n’en sait rien, et on ne va pas vous la jouer populisme à deux balles, mais ce dont on est sûr en revanche, c’est que chaque centime d’Espen, le gardien de la prophétie semble avoir été utilisé à bon escient, afin de livrer au spectateur un grand spectacle familial humble et spectaculaire.

Alors pourquoi le film ne sort-il pas en salles, me demanderez-vous ? Décidément, vous êtes bien curieux. Disons simplement qu’Espen, le gardien de la prophétie est adapté des « Contes populaires norvégiens » issus de la tradition orale, et compilés au XIXème siècle par Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe. De fait, le film s’inscrit donc bien d’avantage dans une certaine tradition folklorique héritée des frères Grimm que dans le moule commercialement viable des films de super-héros ou des films de « fantasy ». Par conséquent, la narration du film de Mikkel Brænne Sandemose évite volontairement la noirceur qui baigne certains films du genre et développe au contraire un ton qui devrait à la fois plaire aux grands et aux plus petits : on est en réalité beaucoup plus proche de films tels que Princess Bride ou Stardust : Le mystère de l’étoile que du Seigneur des Anneaux.

Voilà qui n’est d’ailleurs pas pour nous déplaire : nanti d’un production design soigné, d’une photo souvent assez superbe et d’effets spéciaux globalement réussis, Espen, le gardien de la prophétie se révèle rapidement un film débordant de rythme et d’aventures, non sans être dénué d’un humour à froid très typique de l’Europe du Nord, de la même façon que ces digressions nous montrant, à plusieurs reprises, ses personnages faire pipi lors des pauses aménagées tout au long de leur quête. Cela peut paraître un peu étrange, mais les spectateurs qui ont un jour visité la Norvège, la Suède ou la Finlande, ou étant familiers avec la culture de ces pays du Nord savent pertinemment que le fait de subvenir à des besoins naturels n’est aucunement considéré comme « tabou » ; pour l’anecdote, on se souvient que dans « Les chiens de Riga » (1992), l’un des polars les plus célèbres de la série de romans d’Henning Mankel consacrés au personnage de Kurt Wallander, le héros interrompait même une course poursuite suite à des problèmes intestinaux, pour aller chier dans une poubelle de bureau !

Espen, le gardien de la prophétie suit la trajectoire d’un personnage assez peu connu dans nos contrées : Espen, surnommé « Askeladden » (littéralement « le garçon des cendres », et traduit par « Feu follet » chez nous), un personnage récurrent dans de nombreux contes populaires norvégiens : jeune garçon rêveur passant pour un bon à rien mais qui finira par surprendre tout le monde à force de ruse et d’inventivité. A l’écran, il est incarné par Vebjørn Enger, acteur tout aussi inconnu chez nous que le personnage qu’il incarne ; à ses côtés, on retrouvera en revanche dans le rôle de la princesse la jeune Eili Harboe, découverte il y a quelques mois dans le très intéressant Thelma.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

C’est donc Metropolitan Vidéo qui nous propose aujourd’hui de découvrir Espen, le gardien de la prophétie sur support Blu-ray, et comme sur toutes ses galettes Haute Définition depuis quelque temps déjà, l’éditeur nous propose un encodage maitrisé et pas loin d’être irréprochable. Du côté du master, la définition ne manque pas d’attrait, le piqué est d’une belle précision, les couleurs sont littéralement superbes et les noirs très stables et profonds ; le tout affiche une précision de tous les instants, même durant les séquences nocturnes. Côté son, VF et VO sont proposées dans des mixages DTS-HD Master Audio 5.1 amples et immersifs : tous deux font le djaube sans aucun problème. Naturellement, on trouvera plus de finesse et une spatialisation plus spectaculaire sur la version originale, mais la VF n’a globalement pas à rougir de sa prestation.

Dans la section suppléments, on trouvera les traditionnelles bandes-annonces du film, auxquelles vient s’ajouter un supplément discret mais captivant : il s’agit de quelques pages rédigées en français afin d’expliciter une poignée de mythes et légendes norvégiennes. Humble et désireuse de justifier son travail et ses choix artistiques, l’équipe responsable de la version française y justifie par ailleurs son (excellente) décision d’utiliser « feu follet » en traduction de « askeladden », ce qui lui ajoute une petite dimension poétique supplémentaire.

 

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