Test Blu-ray : Driver

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États-Unis : 1978
Titre original : The driver
Réalisateur :
Scénario : Walter Hill
Acteurs : Ryan O’Neal, ,
Éditeur :
Durée : 1h28
Genre : Action, Thriller
Date de sortie cinéma : 23 août 1978
Date de sortie DVD/BR : 20 octobre 2015

 

 

A Los Angeles, un homme mystérieux et solitaire surnommé « Le chauffeur » est maître dans l’art de semer la police lors de braquages à hauts risques. Un brillant détective le traque sans relâche et décide de le piéger en montant un faux casse avec une équipe de malfrats. Afin de lui échapper, Le Chauffeur s’associe avec « La Joueuse », une jeune femme séduisante et énigmatique…

 


 

Le film

[4/5]

Si ridicule soit-elle, la décision récente d’accorder un dédommagement en espèces sonnantes et trébuchantes à John Carpenter dans le procès pour plagiat qui l’opposait à Luc Besson et EuropaCorp concernant le film Lock-out (considéré comme une copie mal débourrée de New York 1997) pourrait créer une jurisprudence qui mènerait probablement le mogul français à la banqueroute dans les années à venir. Luc Besson ayant opté avec EuropaCorp pour une logique d’entreprise proche de celle du cinéma d’exploitation italien des années 60/70, il surfe de façon ostentatoire -et éhontée- sur les modes et les thématiques dans l’air du temps, et livre de fait chaque année plusieurs ersatz de succès passés sans en avoir été inquiété jusqu’ici. Il est vrai que la copie et la répétition des mêmes schémas sont dans la nature même de la philosophie de la série B ; ainsi, Lock-out n’était pas le premier, et ne sera probablement pas le dernier ersatz de New York 1997.

Suite à cette décision, il serait imaginable que demain, Walter Hill se tourne vers ses avocats pour obtenir une compensation vis à vis de Luc Besson et ses équipes de scénaristes interchangeables, qui ont ouvertement pillé des séquences entières de Driver dans Le transporteur.

Driver, c’est le meilleur du film de divertissement des années 70. Tirant habilement les leçons de ce qui fonctionnait ou pas dans la large vague de « films de bagnoles » du début des seventies (Point limite zero, La grande casse…), Hill choisit de remettre les personnages en avant dans son intrigue, les cascades en voiture et autres courses-pousuites impliquant nettement plus le spectateur quand celles-ci sont liées à des personnages n’étant pas réduits à de simples silhouettes ou « concepts ». La méthode s’avère payante, puisque le film n’ennuie jamais, et propose par ailleurs des séquences de caisse assez impressionnantes. Dans le rôle de l’ancêtre de Jason Statham, on retrouvera avec plaisir le fragile Ryan O’Neal (Barry Lyndon, Love story), qui s’essaie à la badass-attitude avec autant de réussite que Ryan Gosling dans Drive (autre film-hommage auquel Walter Hill pourrait intenter un procès pour plagiat). A ses côtés, le toujours parfait Bruce Dern en flic borderline, et Isabelle Adjani en « femme fatale » quasi-muette par qui les emmerdements arrivent.

S’il ne s’agit certes pas de l’un des meilleurs films de Walter Hill qui, en l’espace de 12 ans entre 1975 et 1987 a signé pas moins de cinq chefs d’œuvres (Le bagarreur, Les guerriers de la nuit, Sans retour, Les rues de feu et Extreme prejudice), Driver s’avère tout de même un très efficace et recommandable thriller, sur lequel beaucoup de réalisateurs contemporains devraient prendre exemple. Mais sans plagier : les avocats veillent !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Éditeur peu présent sur le front de la HD, Showshank Films a fait très fort en début d’année avec l’annonce de la sortie de Driver en Blu-ray, relayée sur les réseaux sociaux et sur son blog par Jérôme Wybon, qui a monté quelques images du tournage dans les suppléments : le film de Walter Hill était un inédit très attendu, et l’éditeur est attendu au tournant. La remasterisation est réelle, et malgré un encodage en 1080i, le master devrait satisfaire le plus grand nombre. On regrettera bien sûr quelques petites taches par ci par là et des noirs un peu bouchés sur certaines séquences, mais dans l’ensemble, c’est du tout bon, les couleurs sont belles, le grain est scrupuleusement respecté, et le rendu global ne manque pas de piqué. Jusqu’ici inédit en DVD, le film de Hill s’offre une présentation très satisfaisante, un peu supérieure au Blu-ray italien disponible en import en termes de piqué, mais malheureusement encodée à 25 images par secondes, ce qui dénature légèrement le rendu cinéma. Côté son en revanche, c’est du bon boulot avec à la fois la VF et la VO proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, claires et efficaces dans les deux cas.

Côté suppléments, on l’a dit, Jérôme Wybon s’est chargé de dénicher quelques images du tournage qu’il a monté et appelé « Cascades de nuit ». Cela permettra au spectateur d’entendre Walter Hill s’exprimer en quelques mots sur son film. Une scène d’ouverture alternative beaucoup moins punchy que celle que l’on connait ainsi qu’une bande-annonce ferment la section.

 

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