Test Blu-ray : Come Play

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Come Play

États-Unis : 2020
Titre original : –
Réalisation : Jacob Chase
Scénario : Jacob Chase
Acteurs : Gillian Jacobs, John Gallagher Jr, Azhy Robertson
Éditeur : Universal Pictures France
Genre : Horreur
Durée : 1h36
Date de sortie DVD/BR : 25 août 2021

Oliver est un jeune garçon solitaire qui se sent différent des autres et cherche du réconfort dans son téléphone portable et sa tablette. Mais une mystérieuse créature va utiliser les technologies contre lui afin de s’introduire dans notre monde. Les parents d’Oliver vont devoir se battre pour sauver leur fils du monstre qui se trouve derrière l’écran…

Le film

[3/5]

Come Play est le premier film de Jacob Chase. Il s’agit de l’adaptation de Larry, court-métrage écrit et réalisé par le cinéaste en 2017, ayant fait sensation en dépassant le million de vues sur YouTube. Le film s’inscrit donc dans ce que l’on peut aujourd’hui appeler une véritable « vague » de films d’horreur adaptés de courts-métrages : on pense naturellement à Mama, Babadook, Lights out, Polaroïd, Host… Plus que jamais, le court-métrage auréolé d’une bonne dose de « buzz » semble être une bonne porte d’entrée aux studios Hollywoodiens, toujours prêts à profiter d’une petite notoriété pré-établie afin d’amoindrir les risques financiers.

Come Play met en scène l’horreur en la situant à la frontière entre physique et numérique, et s’impose de fait comme un film extrêmement contemporain. Imaginez un monde où la technologie et les appareils numériques sont omniprésents, et même devenus une espèce de ciment du paysage social. Imaginez un monde où les écrans en tous genres sont devenus des support d’éducation, de loisirs et de garde d’enfants, à la fois professeurs, baby-sitters et amis virtuels. Imaginez un monde où des enfants savent utiliser une tablette ou un smartphone avant même de savoir marcher ; un monde où ils auraient accès à des heures et des heures de contenu, loin de tout contrôle parental. Un monde ou tout le monde est, à toute heure du jour et de la nuit, rivé à un écran, se coupant du monde qui l’entoure. Ça fait pas froid dans le dos ça, mon pote ?

Ah, ben, attendez ?! Ce monde, c’est bel et bien le nôtre, et dans Come Play, le scénariste / réalisateur Jacob Chase en rajoute encore une couche dans la dépendance au numérique en mettant une famille dont le petit garçon autiste a « besoin » d’une tablette ou d’un smartphone pour s’exprimer. Il en a besoin, mais il aime aussi et surtout se plonger dans son écran, puisque le petit Oliver passe son temps libre à regarder des vidéos de Bob l’éponge sur YouTube. Le point névralgique du film est donc ce jeune garçon, qui se voit confronté à un « monstre » pour qui les écrans connectés sont autant de fenêtres sur le monde réel. La famille se retrouvera donc à devoir lutter contre une créature dont les motivations sont floues, et qui utilise la technologie pour prendre ce qu’il désire.

La force de Come Play réside finalement d’avantage dans ce qu’il raconte de la société contemporaine que dans ses frayeurs. Jacob Chase connait bien le genre horrifique, en maitrise globalement les codes, et son film utilise beaucoup d’éléments narratifs et formels qui apparaitront comme très familiers aux amateurs de cinéma de genre ; trop familiers peut-être pour réellement convaincre. Cependant, toute l’habileté de Come Play vient de la façon dont le film parvient, mine de rien, à souligner la dépendance aux nouvelles technologies semblant toucher toute l’humanité. La solitude et le manque d’interactions physiques avec les autres sont ainsi au centre du film, de même que la déshumanisation galopante qui semble régir les relations sociales dans la société contemporaine.

Le petit gars au cœur de Come Play, Oliver (Azhy Robertson), n’est ainsi pas complètement dépendant de ses appareils et de la technologie en général. Pour lui, elle s’impose néanmoins comme une nécessité, le moyen par lequel il communique. Mais en même temps, il est, à bien des égards, coupé du monde qui l’entoure : il n’interagit pas avec ses camarades, ses professeurs, et même sa mère qui se plaint que le gamin ne la « regarde jamais dans les yeux ». La technologie est donc la seule chose qui l’ouvre au monde et à ce qui l’entoure, mais elle l’en isole en même temps. Le contraste entre les aspects positifs et négatifs du temps passé devant les écrans est au centre de la réflexion de Jacob Chase, et Come Play se pose autant en reflet déformant de la société qu’en véritable expérience horrifique.

Les moments de flippe ne manquent pas au cœur de Come Play, et l’atmosphère du film est globalement soignée, avec même quelques pics d’intensité bienvenus. Mais le fait est que le film manque d’équilibre, et ne parvient pas à trouver l’impact formel qui lui aurait permis d’allier la forme et le fond, et ainsi de s’imposer comme une grosse claque horrifique. Reste un solide petit film d’horreur en mode mineur, se caractérisant par un discours à la fois alarmiste et déprimant sur le rapports technologie / société.

Le Blu-ray

[4/5]

Le Blu-ray de Come Play édité par Universal Pictures s’avère à l’image de l’efficacité déployée par Jacob Chase sur son film : l’éditeur nous propose une plongée étouffante et immersive au cœur de la maison qui sert de décor au film. La définition est au taquet, le piqué précis, les couleurs explosives et les noirs admirablement denses et profond. Le film est naturellement proposé au format et en 1080p, bref c’est du tout bon, on peut applaudir des deux mains l’éditeur. Côté son, la VO est mixée en DTS-HD Master Audio 5.1 et se révèle particulièrement dynamique : la scène arrière est omniprésente et permet vraiment une immersion parfaite, surtout quand interviennent les séquences de flippe, qui, on le répète, ne manquent pas d’efficacité. La version française quant à elle est uniquement proposée en DTS 5.1, et les amateurs de VF n’auront d’autre choix que de s’en contenter, d’autant qu’elle fait preuve d’un dynamisme remarquable. On privilégiera naturellement la version originale, ne serait-ce que pour apprécier à sa juste valeur la performance générale du casting. Pas de bonus.

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