Test Blu-ray : Voyagers

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Voyagers

États-Unis, Royaume-Uni, République Tchèque, Roumanie : 2021
Titre original : –
Réalisation : Neil Burger
Scénario : Neil Burger
Acteurs : Tye Sheridan, Lily-Rose Depp, Colin Farrell
Éditeur : Universal Pictures France
Genre : Science-Fiction
Durée : 1h48
Date de sortie DVD/BR : 25 août 2021

Trente enfants sont envoyés dans l’espace dans le cadre d’une mission visant à peupler une planète récemment découverte. Mais le capitaine, seul adulte de l’équipage, décède dans des conditions mystérieuses. Les enfants sont alors livrés à eux-mêmes. Petit à petit, le chaos s’installe sur le vaisseau…

Le film

[3/5]

L’introduction de Voyagers est aussi efficace que lapidaire : dans un futur proche, les changements climatiques ont fini par rendre la Terre inhabitable, et les scientifiques du futur ont déterminé que la colonisation d’une planète lointaine était envisageable. Le voyage spatial dure environ 80 ans, aussi la décision est-elle prise d’envoyer trente enfants, inséminés artificiellement et élevés dans une installation high-tech isolée afin qu’ils s’habituent à une existence éternellement « confinée ». Tous sont formés aux tâches scientifiques qui les attendent à bord ; à l’âge de 25 ans, ils seront à leur tour inséminés afin de donner naissance à une seconde génération qui, par la suite, donnera à son tour naissance à une nouvelle génération de colons, prêts pour un nouveau départ sur une Terre inconnue. Les bases étant posées, le film ne s’embarrassera pas de d’avantage de détails, et hop ! Direction le vaisseau, où bien sûr, rien ne se déroulera comme prévu.

Impossible de ne pas penser, à la découverte de Voyagers, au fameux roman de William Golding intitulé « Sa Majesté des mouches ». En effet, le film met en scène une bande de jeunes gens qui, sans adulte pour les encadrer, reviendront à l’état sauvage, laissant parler la violence et leurs pulsions primaires. Les rapports de force sont concentrés autour de trois personnages principaux, incarnés par Tye Sheridan, Fionn Whitehead et Lily-Rose Depp, qui forment un étrange triangle amoureux contrarié.

Le scénariste / réalisateur Neil Burger (L’illusionniste) rajoute par ailleurs une touche de morale très contemporaine à sa fable science-fictionnelle. Voyagers sous-tend en effet que la dégénérescence accélérée de la bande de jeunes qu’il suit tout au long du film est née du fait que tout leur apprentissage ainsi que toute leur expérience de la vie « réelle », notamment en ce qui concerne la découverte de la violence et de la sexualité, se font par l’intermédiaire d’écrans. Le parallèle avec le monde contemporain est claire, et la dépendance aux écrans est ainsi montrée du doigt comme une cause du retour aux pulsions les plus primitives.

L’idée est intéressante, mais perd néanmoins un peu de son impact dans le dernier acte du film, qui tourne un peu trop au classique thriller de psychopathe, et nuit à la résolution de l’histoire, à laquelle on peine un peu à croire. Cela dit, Voyagers reste une jolie tentative de fable SF, développant une solide atmosphère claustrophobe entre deux hommages appuyés à 2001 : L’Odyssée de l’espace. Le production design, tout en austérité et en couloirs étouffants, est assez remarquable, et les acteurs sont dans l’ensemble plutôt bons, mais le scénario ne parvient jamais réellement à surprendre, ni à quitter les rails d’un déroulement trop balisé, et ce malgré les efforts de Neil Burger pour tenter de faire dévier l’intrigue vers autre chose (les salles secrètes du vaisseau, la présence d’une entité extraterrestre…). Pour autant, Voyagers demeure un honnête divertissement du samedi soir !

Le Blu-ray

[4/5]

Côté Blu-ray, Universal Pictures connaît son boulot et ne faiblit jamais, nous proposant depuis toujours des disques Haute-Définition de qualité. Voyagers est donc une nouvelle démonstration du savoir-faire technique des équipes de chez Universal : définition, piqué, maîtrise des noirs et des couleurs, compression : c’est un sans-faute absolu, l’éditeur sait flatter nos mirettes et nous presser de belles galettes HD. Côté son, on aura également droit à une VO ample, puissante et immersive proposée en DTS-HD Master Audio 5.1 et une version française solide et efficace, mais uniquement mixée en DTS 5.1. Même si le film ne s’impose pas forcément comme une démo acoustique, on sera régulièrement surpris par les effets d’ambiance proposés par le film, placés de façon fine et précise. Tous les canaux sont sollicités, et le caisson de basses intervient de façon puissante et régulière.

Dans la section suppléments, l’éditeur nous propose une poignée de featurettes intéressantes, même si bien sûr elles restent dans l’ensemble assez superficielles et auto-satisfaites. On commencera donc avec un petit sujet dédié au casting de Voyagers (11 minutes), qui nous propose quelques entretiens avec les principaux acteurs, qui évoqueront les qualités et les défauts de leurs personnages. On reviendra ensuite sur la volonté de l’équipe de tenter de « désapprendre » les comportements humains (7 minutes) ; les acteurs et le réalisateur Neil Burger reviendront également sur l’aspect physique du tournage (5 minutes), et le directeur photo Enrique Chediak évoquera dans les grandes lignes le style visuel du film (10 minutes). On terminera enfin par une visite guidée du vaisseau spatial avec le directeur artistique du film Kevin Houlihan (7 minutes).

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