Test Blu-ray 4K Ultra HD : Saw X

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Saw X

États-Unis, Canada : 2023
Titre original : –
Réalisation : Kevin Greutert
Scénario : Josh Stolberg
Acteurs : Tobin Bell, Shawnee Smith, Synnøve Macody Lund
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h58
Genre : Horreur
Date de sortie cinéma : 25 octobre 2023
Date de sortie DVD/BR/4K : 29 février 2024

John Kramer, le tueur au puzzle, est de retour dans le volet le plus perturbant de la franchise SaW. Les événements se situent entre SaW I et II, on y retrouve un John, malade et désespéré, qui se rend au Mexique afin de subir une opération expérimentale capable de guérir son cancer, mais il découvre que tout ceci n’est qu’une escroquerie visant des malades vulnérables et affligés. Animé d’un nouveau but, le célèbre tueur en série retourne à son ?uvre, et va prendre sa revanche sur ces escrocs dans un terrible « jeu » dont il a le secret, à travers des pièges toujours plus machiavéliques et ingénieux les uns que les autres…

Le film

[3,5/5]

Alors que l’on avait naïvement cru que la franchise Saw s’était éteinte en 2010 avec Saw 3D – Chapitre final, Twisted Pictures avait remis le couvert en 2017 avec Jigsaw, puis avec le spin-off Spirale – L’héritage de Saw en 2021. Ce dernier ayant peiné à faire ses preuves au box-office avec la même efficacité que les films « officiels » de la saga, Saw X fait donc logiquement le choix de revenir à John Kramer, alias Jigsaw, et à ses pièges mortels.

Le personnage de Jigsaw – interprété de façon indéfectible par Tobin Bell – étant mort dans le troisième épisode de la saga (Saw III, 2006), Saw X repart donc à nouveau sur sa lancée en creusant encore un peu plus la logique de « continuité rétroactive » largement amorcée à partir de Saw IV. Pour autant, Saw X rompt avec les films précédents par son refus d’alterner les temporalités au cœur de son récit : l’épisode dans sa totalité est ici censé se dérouler durant le laps de temps séparant Saw (2004) et Saw II (2005).

Bien entendu, Saw X demandera un petit effort de suspension d’incrédulité au spectateur, dans le sens où les deux acteurs principaux, Tobin Bell et Shawnee Smith (Amanda) affichent quand même sur leur visage le poids des presque vingt ans qui séparent Saw X des premiers opus de la franchise. Âgée de 35 ans à l’époque de Saw, Shawnee Smith a aujourd’hui 54 ans, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il faudra un petit délai d’adaptation au public pour avaler cette convention, qui tendrait presque à rappeler le running-gag de Walk Hard – The Dewey Cox Story (Jake Kasdan, 2007), dans lequel John C. Reilly incarnait le chanteur à tous les âges de sa vie.

Pour autant, après avoir trituré les lignes temporelles de la franchise pendant plusieurs années et opté pour le recours à des intrigues policières sur les deux derniers films, le fait de revenir au torture-porn pur et dur avec une intrigue linéaire et des personnages que l’on connait bien apporte finalement à Saw X un côté presque rafraichissant. On irait même jusqu’à penser que ce nouveau chapitre est peut-être bien le meilleur de la franchise depuis Saw III, et ce même si 18 ans séparent les deux épisodes.

Saw X marque par ailleurs le retour de Kevin Greutert derrière la caméra. Ce dernier est profondément lié à la saga, puisqu’il avait déjà occupé le poste de monteur sur les cinq premiers films, et avait réalisé les deux suivants. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le scénario du film signé Josh Stolberg lui permet de faire preuve d’une certaine inventivité, et même carrément de signer quelques plans absolument remarquables. On pense notamment à celui, très ludique et amusant, qui donne à voir une vue en coupe de la maison de Cecilia (Synnøve Macody Lund), la « méchante » du film, et permet donc au spectateur de repérer où se situe Jigsaw.

Là se situe l’autre originalité de Saw X : si une certaine conception des valeurs morales a toujours été au cœur des actions de John Kramer / Jigsaw, le fait est que dans ce film-là, il n’occupe plus du tout le rôle du méchant de service. En réalité, et sans trop entrer dans les détails de l’intrigue (pour éviter les #Spoilers), il est dans cette histoire le dindon d’une farce macabre, et ses actions prendront l’apparence d’une vengeance qui pourra apparaitre au spectateur comme parfaitement légitime. Ce retournement dans l’intrigue est également l’occasion pour Tobin Bell de s’offrir un « vrai » rôle en tant qu’acteur, ce qui ne lui avait jamais réellement été permis jusqu’ici par la franchise. Voilà qui augure du bon pour la suite…

Car inévitablement, la fin de Saw X se laisse une porte grande ouverte quant à la possibilité d’une suite, par le biais d’une ambiguïté manifeste quant au sort réservé à un des personnages importants du film. Cela dit, rappelons-le, Saw X se déroule entre Saw et Saw II. Aussi, si les scénaristes de la saga commencent, à partir de cet épisode, à étendre et étoffer une « timeline » parallèle à celle durant laquelle se déroulaient les premiers films, le fait de reconstituer la chronologie de la franchise risque vite de devenir un véritable casse-tête !

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

Saw X vient donc de sortir au format Blu-ray 4K Ultra HD sous les couleurs de Metropolitan Vidéo, éditeur fidèle à la saga depuis le tout premier film en 2004. Tourné en 4K, le film de Kevin Greutert s’offre naturellement ici un transfert absolument parfait. Le piqué est d’une précision absolue, la profondeur de champ est redoutable, et la technologie HDR-10 apporte à l’ensemble des nuances de couleurs tout à fait saisissantes. Les noirs sont d’une profondeur abyssale et les contrastes très accentués frappent très fort, alternant selon les séquences les teintes froides et les nuances orange / jaune volontairement boostées. En deux mots comme en cent, il s’agit là d’un transfert épatant, un sans-faute technique qui serait en mesure de convaincre les cinéphiles encore vaguement réfractaires à la Katka. Du côté des pistes son, Metropolitan fait également très fort en nous proposant deux pistes Dolby Atmos (VF/VO) à 100% immersives, qui solliciteront tous les canaux surround de manière dynamique, sans jamais oublier les possibilités « verticales » de ce type de mixage, ce qui nous paraitra particulièrement remarquable lors de la séquence – déjà évoquée un peu plus haut – prenant place dans l’immense maison du Dr. Pederson. Les canaux latéraux et arrière sont régulièrement sollicités durant les scènes de « pièges », et la bande originale – comme toujours signée Charlie Clouser – est parfaitement mise en valeur sur les canaux Surround. Les dialogues sont par ailleurs toujours restitués de façon claire, et ce tout au long du film. Du grand spectacle acoustique !

Du côté des suppléments, l’éditeur Metropolitan Vidéo nous gâte également, puisqu’on aura droit à rien de moins que trois heures de suppléments, auxquels s’ajoutera d’ailleurs un commentaire audio assuré par le réalisateur / monteur Kevin Greutert, le directeur de la photographie Nick Matthews et le production designer Anthony Stabley. Complet et souvent intéressant, ce commentaire sera néanmoins à réserver aux anglophones confirmés puisqu’il nous est proposé en VO sans sous-titres. Le reste des bonus dispose en revanche de sous-titres français. On commencera avec une pièce de choix : un long making of (1h35), divisé en six parties, qui s’avère bien rythmé, occasionnellement amusant et surtout, extrêmement informatif. On y reviendra donc tout d’abord sur les origines du projet, dont on découvrira qu’il était dans les tuyaux avant même Spirale – L’héritage de Saw. On abordera ensuite le casting, le tournage en lui-même (qui s’est déroulé au Mexique), les personnages, la musique… Le tout est bien entendu enrichi par de nombreux entretiens avec les acteurs et l’équipe du film (Tobin Bell, Shawnee Smith, Kevin Greutert…) : c’est très intéressant, et en dépit d’un ton très promotionnel, on ne voit pas le temps passer et on en redemanderait presque quand arrive le générique final. On continuera ensuite avec une longue sélection de scènes coupées (37 minutes), pour la plupart coupées pour des raisons de rythme et de durée du film ; la plus intéressante d’entre elles est une scène post-générique, dont on ne vous révélera cependant rien. Mais ce n’est pas tout : on aura également le droit à une intéressante analyse de trois séquences-clés (34 minutes) par le réalisateur Kevin Greutert, ainsi qu’à une featurette consacrée à la conception des pièges (17 minutes), qui devrait logiquement passionner les inconditionnels de la franchise. On terminera enfin avec la traditionnelle bande-annonce.

On notera par ailleurs que le Blu-ray 4K Ultra HD de Saw X édité par Metropolitan Vidéo est présenté dans un magnifique Steelbook aux couleurs du film. Le visuel, pensé comme un hommage tordu à Arcimboldo, nous donne à voir le visage de Billy, l’inquiétante marionnette de Jigsaw, composé à partir de morceaux de corps humains !

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