Test Blu-ray : Spirale – L’héritage de Saw

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Spirale – L’héritage de Saw

États-Unis : 2021
Titre original : Spiral
Réalisation : Darren Lynn Bousman
Scénario : Josh Stolberg, Peter Goldfinger
Acteurs : Chris Rock, Max Minghella, Samuel L. Jackson
Éditeur : Metropolitan Vidéo
Durée : 1h33
Genre : Thriller, Horreur
Date de sortie cinéma : 21 juillet 2021
Date de sortie DVD/BR : 22 novembre 2021

Travaillant dans l’ombre de son père, une légende locale de la police, le lieutenant Ezekiel « Zeke » Banks et son nouveau partenaire enquêtent sur une série de meurtres macabres dont le mode opératoire rappelle étrangement celui d’un tueur en série qui sévissait jadis dans la ville. Pris au piège sans le savoir, Zeke se retrouve au centre d’un stratagème terrifiant dont le tueur tire les ficelles…

Le film

[3,5/5]

Si la saga Saw n’a jamais réellement « disparu » des écrans à proprement parler, les films liés à la franchise initiée par James Wan et Leigh Whannell en 2004 se sont en revanche considérablement espacés ces dix dernières années. Les sept premiers épisodes étaient sortis au rythme d’un par an, tous les ans, à la période d’Halloween. Le huitième opus de la saga, Jigsaw, n’était en revanche sorti qu’en 2017, et quatre ans plus tard, c’est aujourd’hui Spirale – L’héritage de Saw qui débarque en vidéo, après une courte carrière dans les salles.

Spin-off prenant place dans l’univers de Saw et de ses punitions / tortures complètement tordues, Spirale – L’héritage de Saw marque le retour de Darren Lynn Bousman derrière la caméra, quatorze ans après Saw IV. Il n’en faut d’ailleurs pas d’avantage pour que l’on se mette à considérer ce film comme un véritable retour aux sources pour le cinéaste. Généralement peu respecté par la critique et les amateurs de cinéma horrifique, et ce même s’il a son actif une poignée de films fantastiques ayant suffi à démontrer son talent (Repo ! The Genetic Opera, Mother’s Day, The Devil’s Carnival, Alleluia ! The Devil’s Carnival…), Darren Lynn Bousman renoue en effet ici avec un univers qu’il a contribué à façonner. On ne s’étonnera donc pas de retrouver sa « patte » derrière plusieurs éléments formels du film (montage, photo), d’autant que Spirale – L’héritage de Saw est clairement construit pour rappeler les différents films de la saga Saw : des pièges installés dans de grandes usines désaffectées aux dérives monstrueusement gore en passant par la musique de Charlie Clouser qui va en s’amplifiant durant les dernières minutes du film alors que toutes les pièces du puzzle se mettent en place, tout est fait pour nous rappeler que Spirale est bel et bien, comme son titre l’indique, un héritier de Saw.

Sauf qu’on dirait bien que le public ne l’a pas compris. C’est vrai qu’il était risqué de changer de titre, et la filiation avec la franchise Saw était sans doute trop discrète. Résultat : au lieu des cent millions de dollars sans doute espérés par Lionsgate, Spirale – L’héritage de Saw n’en a rapporté que 40. Une bonne affaire si l’on considère que le budget du film ne devait pas excéder les vingt millions, mais sans doute trop peu pour espérer voir revenir le personnage incarné ici par Chris Rock dans autre chose qu’un film qui s’appellera clairement et sobrement Saw IX. En France, le constat est également sans appel : le film n’a en effet enregistré qu’un peu plus de 60.000 spectateurs dans les salles cet été, alors que tous les longs-métrages de la saga Saw avaient jusqu’ici attiré entre 450 et 770.000 curieux.

C’est un peu triste, dans le sens où les auteurs de la saga avaient enfin fait preuve d’une volonté claire d’élargir le champ des possibles concernant la série. Déjà, on notera la volonté de Darren Lynn Bousman et de ses scénaristes de s’éloigner du simple « torture porn » en mettant en avant une véritable et solide intrigue policière. L’influence du Se7en de David Fincher est palpable, même si bien entendu Spirale – L’héritage de Saw ne parvient jamais réellement à atteindre la classe de son modèle. De la même façon, les différents protagonistes de l’intrigue ne sont pas conçus comme de simples « silhouettes », mais font preuve d’une réelle personnalité. Le film utilise d’ailleurs quelques ficelles et mécaniques du buddy movie, qui s’intègrent plutôt bien à l’intrigue. Ainsi, la misogynie latente du discours de Chris Rock ou les relations qu’il entretient avec son père dessinent les contours d’un personnage plus complexe et torturé qu’il n’y parait. Idem pour le personnage incarné à l’écran par Max Minghella.

Spirale – L’héritage de Saw s’écarte donc au final suffisamment des mécanismes habituels des films de la saga pour s’avérer une plaisante surprise, apportant un peu d’air frais à une franchise qui en avait bien besoin. Le final du film laisse évidemment augurer d’une suite, qui devrait logiquement réintégrer les rails de la saga en conservant, on l’espère, les bonnes choses introduites par ce spin-off. On tablerait bien sur une intrigue-puzzle se déroulant sur plusieurs époques, qui permettrait de confronter le personnage de Chris Rock à celui de « Jigsaw » incarné par Tobin Bell depuis le premier Saw

Le Blu-ray

[4,5/5]

Le Blu-ray de Spirale – L’héritage de Saw édité par Metropolitan Vidéo s’avère une bête de bombe de galette Haute-Définition. La définition, le piqué et le niveau de détail sont au top niveau, les couleurs sont éclatantes, extrêmement saturées, les contrastes sont au taquet, et les séquences nocturnes n’accusent d’aucune baisse de définition – et tant mieux car l’intégralité des scènes de « pièges » du film se déroule de nuit – et on ne note pas le moindre souci de compression à l’horizon. Bref, tout est fait pour rendre un vibrant hommage à la belle photo du film signée Jordan Oram, et aux jolies compositions de plans que nous propose Darren Lynn Bousman. Côté son, c’est également un festival avec une piste encodée Dolby Atmos en VO et DTS-HD Master Audio 5.1 en VF. Les deux pistes son prennent toute leur ampleur dès les premières minutes du film, et ne laisseront quasiment aucun répit aux oreilles du spectateur : la spatialisation est intense, les basses se déchainent, et l’ensemble permet une immersion totale au cœur du film. La version française est de qualité, même si l’on pourra tiquer sur l’utilisation de la locution « police municipale » – on comprend bien que les traducteurs utilisent cette désignation pour la différencier d’autres services de police en activité aux États-Unis (national, fédéral, comté) mais en français, la notion de police municipale désigne encore autre chose, et cela peut créer une certaine confusion dans l’esprit du spectateur.

Côté suppléments, Metropolitan nous offre tout d’abord un passionnant making of (59 minutes). On y apprendra que toute la production de Spirale – L’héritage de Saw s’est construite autour de la personnalité de Chris Rock, qui avait exprimé le désir de jouer dans un film de la saga Saw. Les auteurs abandonnèrent donc leur idée de situer le film entre deux épisodes de la saga pour centrer tout le récit autour de Chris Rock, de sa personnalité, de sa propension à improviser, etc. Les différences entre les films précédents de la franchise et celui-ci seront également largement abordés, de même que les nombreux passages du film devant le MPAA, la fameuse commission de censure américaine. On continuera ensuite avec une poignée d’analyse de séquences (9 minutes), qui permettent à Darren Lynn Bousman de revenir sur les différents pièges du film. Enfin, on terminera avec une intéressante featurette dédiée au marketing du film (6 minutes), ce qui permettra entre autres de constater l’évolution des affiches de la saga Saw au fil des ans. On notera également que l’éditeur nous propose deux commentaires audio en VO : le premier est assuré par le réalisateur Darren Lynn Bousman, le coscénariste Josh Stolberg et le compositeur Charlie Clouser, et le deuxième par les producteurs Oren Koules et Mark Burg.

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