Test Blu-ray 4K Ultra HD : Prey

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Prey

États-Unis : 2022
Titre original : –
Réalisation : Dan Trachtenberg
Scénario : Patrick Aison, Dan Trachtenberg
Acteurs : Amber Midthunder, Dakota Beavers, Dane DiLiegro
Éditeur : 20th Century Studios
Durée : 1h40
Genre : Fantastique
Date de sortie SVOD : 5 août 2022
Date de sortie DVD/BR/4K : 14 février 2024

Il y a trois siècles, sur le territoire des Comanches. Farouche et brillante guerrière, la jeune Naru a été élevée dès son plus jeune âge dans l’ombre de légendaires chasseurs parcourant les Grandes Plaines. Aujourd’hui, elle se fait un devoir de protéger sa tribu dès qu’un danger la menace. Or la proie qu’elle traque en ce moment n’est autre qu’un prédateur extraterrestre particulièrement vindicatif et évolué, doté d’un arsenal de pointe des plus sophistiqués. Une confrontation aussi perverse que terrifiante s’engage bientôt entre les deux adversaires…

Le film

[4/5]

Sorti sur les écrans seulement quatre ans après The Predator et son « échec » somme toute relatif au box-office, Prey est donc le cinquième film de la saga Predator, initiée en 1987 par le chef d’œuvre de John McTiernan. Pour éviter de réitérer les campagnes de bashing ayant nui au film de Shane Black en 2018, le projet Prey fut développé dans le plus grand secret par la 20th Century Fox, et les liens avec la franchise Predator ne furent révélés au public que très tardivement. Prévu dès le départ pour écoper d’un classement « R » (interdit aux moins de 17 ans non accompagnés d’un adulte), le film ne bénéficia pas d’une sortie dans les salles, mais directement sur les plateformes SVOD : aux États-Unis sur Hulu, et sur Disney+ dans le reste du monde.

Le point fort de la saga Predator est probablement de n’avoir jamais tenté de reproduire à l’identique le film de John McTiernan, et d’avoir systématiquement opté pour de nouveaux personnages et de nouveaux environnements, le point commun entre les différents films s’étant succédé sur nos écrans étant simplement la créature en elle-même, le Predator, un chasseur extra-terrestre collectionneur de trophées cherchant à se mesurer aux formes de vie les plus redoutables arpentant la galaxie. L’espace et le temps ne constituent donc pas le moindre problème de « continuité narrative » au cœur de la franchise, et Prey fait le choix d’emmener le spectateur au cœur des Plaines du centre des États-Unis, dans une tribu de Comanches, en 1719.

Le scénario suit une jeune guerrière sous-estimée par sa tribu, Naru (Amber Midthunder), qui va être amenée à prouver sa bravoure en affrontant le Predator. Même si l’objectif premier de Prey n’est probablement pas d’atteindre une quelconque valeur « documentaire », la tribu Comanche dépeinte dans le film dégage vraiment une impression de naturalisme et de respect pour les us et coutumes de ce peuple amérindien. Bien sûr, on est loin d’un film tel qu’Apocalypto dans la volonté de retranscrire une certaine réalité historique, mais le film de Dan Trachtenberg nous donne tout de même à voir quelques moments intéressants de la vie quotidienne de la tribu.

Pour autant, Prey installera assez rapidement son intrigue, et notamment la rivalité existant entre Naru et son frère Taabe (Dakota Beavers), qui deviendra particulièrement évidente au bout d’une vingtaine de minutes, après qu’une traque au lion aboutit à la victoire de Taabe sur la bête, et à sa nomination en tant que chef de guerre. Ce revers heurte légèrement la sensibilité de Naru, et cette dernière se verra ignorée du reste de la tribu – aux valeurs essentiellement patriarcales – lorsqu’elle essaiera d’expliquer que le lion n’était que le cadet de leurs soucis, et qu’une menace bien plus grande plane sur leur existence. Elle a raison, évidemment, mais le Predator ne sera pas le seul vecteur de danger mortel au cœur de la jungle hostile dans laquelle Naru fera le choix de s’enfoncer envers et contre tous.

En filigrane, Prey développe donc une réflexion sur l’émancipation féminine, doublée d’une parabole sur la colonisation sanglante des tribus amérindiennes, ce qui est dans l’air du temps, mais finalement, là n’est pas tout à fait non plus le sujet du film – le fait qu’il soit le premier film de la saga Predator à opposer une femme au chasseur intergalactique pourra ainsi également être vu comme un clin d’œil à Alien, avec lequel la franchise Predator avait fusionné le temps de deux films assez calamiteux en 2004 et 2007.

Si le réalisateur et coscénariste du film Dan Trachtenberg avait déjà su prouver avec 10 Cloverfield Lane son talent pour s’approprier un univers pré-existant et en faire quelque-chose de très personnel, Prey nous confirme tout le bien que l’on pouvait déjà penser de lui. On ajoutera même que ce cinquième opus de la saga Predator nous réserve indéniablement les scènes les plus intenses, les plus viscérales – et même les plus éprouvantes pour le spectateur – depuis le film original il y a trente-cinq ans.

La narration de Prey évolue beaucoup à travers l’action, et n’est d’ailleurs jamais vraiment complètement dépendante des dialogues : on irait même jusqu’à penser que l’histoire nous est racontée de façon si habile que les dialogues auraient finalement pu être proposés en langue comanche, les yeux et attitudes extrêmement expressives d’Amber Midthunder auraient parfaitement suffi à faire passer au spectateur les émotions principales. Techniquement, Prey est par ailleurs assez bluffant : la mise en scène et les effets spéciaux sont absolument remarquables, et le face-à-face entre Naru et le vicieux chasseur de l’espace réservera donc aux fans de la première heure de la franchise Predator des frissons qu’on avait cru oubliés…

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4,5/5]

Après un an et demi d’exclusivité sur la plateforme Disney+, Prey débarque donc au format Blu-ray 4K Ultra HD, sous la bannière de 20th Century Studios. Et on peut affirmer d’entrée de jeu que le rendu visuel du film est absolument époustouflant : la finesse de l’ensemble est tout simplement renversante. Les multiples nuances de couleurs et la profondeur de champ permettent au film de Dan Trachtenberg de nous offrir des images d’une précision chirurgicale, rendant hommage au travail de l’équipe sur les accessoires et les costumes, mais également sur les effets spéciaux, tous épatants. La palette de couleurs, déjà extrêmement riche, arbore de plus un éclat supplémentaire grâce à la technologie HDR10, qui les rend plus denses, plus profondes, plus nuancées. Une véritable merveille visuelle ! Du côté des pistes son, c’est également un véritable festival en VO, grâce à une piste Dolby Atmos immersive et richement spatialisée. Les petits détails sonores sont légion, notamment lorsque le Predator émet ses inimitables et étranges petits bruits de cliquetis étouffés, et la scène arrière est le terrain de jeu d’une multitude d’effets d’ambiance. Les dialogues sont toujours judicieusement placés, et ne manquent jamais de clarté. Petit bémol concernant la version française cependant, uniquement proposée en Dolby Digital 5.1 : si cette dernière s’avère efficace et particulièrement enveloppante, elle s’avérera forcément plus limitée que la VO. C’est dommage pour les amateurs de VF – et on sait qu’ils sont nombreux, surtout sur ce genre de films. Un doublage en langue comanche est également disponible en Dolby Digital 5.1, et rien que pour le kiff, on vous encourage à visionner le film dans cette langue et sans sous-titres.

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Prey ne contient aucun bonus, mais on trouvera une belle brochette de suppléments sur le Blu-ray du film, également disponible dans le boitier de la galette éditée par 20th Century Studios. Comme le veut la tradition, on commencera par revisionner le film une deuxième fois, cette fois avec le Commentaire audio de Dan Trachtenberg, Amber Midthunder, Jeff Cutter et Angela M. Catanzaro, qui sont, respectivement le coscénariste/réalisateur, l’actrice principale, le directeur de la photographie et la monteuse de Prey. L’ensemble, très carré mais manquant un peu de pep’s, nous révélera de nombreuses anecdotes sur le tournage et la préparation du film. On continuera ensuite avec un court making of (12 minutes), qui reviendra superficiellement sur quelques-uns des aspects les plus importants du film (mise en valeur de la culture Comanche, personnages, scènes de combats, photo, musique, nouveau look du Predator). Le panel de Questions/Réponses avec l’équipe (29 minutes) nous permettra de retrouver une partie de l’équipe du film : à Dan Trachtenberg, Amber Midthunder, Jeff Cutter et Angela M. Catanzaro s’ajouteront ici la productrice Jhane Myers et Alec Gillis, à qui l’on doit le design du Predator. Ils y reviendront sur l’idée du film et sa longue gestation, sur le personnage de Naru et ce qu’il représente, sur la photo, le rythme du film, la conception du Predator et l’importance du doublage en comanche (dont on regrette qu’il n’ait pas supplanté la traditionnelle version anglaise). Enfin, on terminera avec trois intéressantes scènes coupées (5 minutes), présentées à divers stades de finalisation et commentées par Dan Trachtenberg.

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