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À la une DVD — 23 avril 2019
Test Blu-ray 4K Ultra HD : Alien

– Le huitième passager

 
États-Unis, Royaume-Uni : 1979
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Dan O’Bannon,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h56
Genre : Science-Fiction, Horreur
Date de sortie cinéma : 12 septembre 1979
Date de sortie DVD/BR : 13 mars 2019

 

Sur le chemin du retour vers la Terre, le vaisseau Nostromo intercepte un signal de détresse venant d’une planète proche. Sorti de son hyper-sommeil, l’équipage va tenter de découvrir la source de ce signal qui s’avère être un avertissement… Ainsi commence une aventure hallucinante au plus profond de l’horreur…

 


 

Le film

[5/5]

Il existe une poignée de films – triés sur le volet – au sujet desquels il existe une espèce de consensus critique, et que tout le monde semble unanimement considérer comme des chefs d’œuvres absolus. Réalisé par Ridley Scott en 1979, fait partie de ces longs-métrages touchés par la grâce, de ces films réunissant à la fois la critique et le public dans un même ravissement. Et alors même qu’Alien fête cette année ses 40 ans, le statut d’intouchable du film reste toujours aussi immuable et puissant, le temps ne semblant en effet n’avoir aucune espèce d’emprise sur lui.

Sur critique-film.fr comme partout ailleurs (même sur des sites beaucoup moins fréquentables !), on voue un véritable culte à l’œuvre de Ridley Scott, au point même que deux de nos rédacteurs se sont fendus, en l’espace de quelques années, d’une critique vantant les qualités d’Alien. Il n’est donc aucunement besoin d’en rajouter une couche afin de souligner l’excellence de ce film matriciel. Commençons donc tout d’abord en reproduisant les propos de notre rédacteur Aubin Bouillé :

« Alien – Le huitième passager est devenu un classique intemporel, une œuvre fédératrice de la science-fiction horrifique. Le film de Ridley Scott a posé les fondements du genre : une ambiance lente et oppressante, un calme linéaire et hypnotisant, des personnages forts confrontés à leurs pires craintes et une esthétique métallique percutante. Alien est un classique indémodable qui a choqué une génération entière par son épouvante omniprésente, une approche implicite et une réalisation suggestive. Avec H. R. Giger, le concepteur de la créature, Ridley Scott a créé un monstre du cinéma, une créature pseudo-humanoïde fascinante issue des pires cauchemars infantiles, possédant des capacités inestimables, une défense indestructible et une résistance à toute épreuve. Surtout une créature aux références sexuelles implicites malsaines et osées. Alien restera éternellement gravé dans l’histoire. (…) Par son rythme parfait, son esthétique dark, le design de l’Alien qui atteint la perfection, tout droit sorti d’un cauchemar sexuel et malsain, l’œuvre de Ridley Scott est un monument, une pépite de la science-fiction moderne, anxiogène et fascinante, intrigante et oppressante, qui repose énormément sur la suggestion, sur l’absence. Ridley Scott crée la peur par l’absence plutôt que par l’image : la peur est distillée par l’absence du monstre à l’écran, sa présence pèse sur le film même si ses apparitions sont rares. »

 

 

La grandeur d’Alien a également été largement soulignée par notre chroniqueur David Huriot, qui avait pris le parti d’évoquer sa découverte du film de Ridley Scott sur le ton de « l’autofiction » :

« Ce n’étaient que quelques extraits, quelques infimes images au début d’une VHS de Piège de cristal mais elles ont marqué ma rétine et ma mémoire à jamais. (…) Ce jour-là, j’ai découvert ce qu’était la terreur ; mais une terreur indicible, sourde, quasiment non visible mais aussi fulgurante que brève et surgissant après plusieurs minutes d’un silence quasi religieux…

Une scène terrifiante, magnifiquement éclairée, illustrée par une bande sonore d’une intensité macabre, et illustrée par le plus grand plan de visage de chat de l’histoire du cinéma ; un plan bref, mais semblant nous décrire en quelques secondes l’indescriptible, l’horreur de la situation, et à quel point la vision de cette image macabre a changé pour toujours l’existence de ce chat jusque-là inoffensif et inexistant dans la narration du long-métrage… Après Close Encounters of the Third Kind, E.T., Star Wars et autre Planet of the Apes, votre serviteur découvre que la science-fiction peut se marier avec la terreur pure, comme le prouve admirablement, et ce dès son deuxième long-métrage, le réalisateur Ridley Scott. (…)

Après une longue exposition, présentant l’environnement et l’ambiance, Scott nous plonge dès cette scène dans une ambiance, claustrophobe, cauchemardesque ; ce sentiment est renforcé par une direction artistique sale, délabrée, nous présentant un vaisseau spatial aux allures de carcasse, de vieille usine, avec ses couloirs faiblement colorés mais magnifiés par une photographie irréprochable. De plus, la musique originale de Jerry Goldsmith, célèbre compositeur américain (Planet Of The Apes, The Omen…), si elle propose des thèmes mélodiques d’un grand romantisme, présente également des morceaux expérimentaux de par leur atonalité, confortant l’aspect peu aimable et peu effrayant, tout en restant minimaliste, de façon à ne jamais prend prendre le pas sur les images.

Le résultat, découvert par votre serviteur lors d’une diffusion TV sur France 3 (à 20h50, eh oui ! preuve d’une moins grande frilosité de la part du PAF à l’époque), est une véritable révélation, un choc esthétique comparable à celui du 2001 de Kubrick. Un film exemplaire à tous les stades artistiques, un long poème macabre et étouffant, se déroulant dans un vaisseau spatial aux allures de tombeau funéraire, où l’on a le sentiment de plus en plus persistant que chaque protagoniste peut disparaître du métrage en quelques fragments de seconde. Un film pas vraiment démonstratif graphiquement (bien qu’il recèle tout de même quelques moments assez sanglants), se basant avant tout sur son ambiance digne des plus grands films d’épouvante classique tels The Exorcist ou encore Halloween.

 

 

Le deuxième long-métrage de Ridley Scott peut également se targuer de présenter ce qui était alors original, voire inédit : un premier rôle de sexe féminin dans un film de science-fiction, en l’occurrence Ellen Ripley, femme à la carrure haute et ayant du caractère, interprété par une jeune actrice de théâtre à Broadway : Sigourney Weaver. Cette dernière, grâce au succès mondial du film et à la franchise qu’il générera, deviendra une icône du cinéma d’horreur, tout aussi célèbre que le monstre lui-même, création de l’artiste suisse H.R. Giger (également designer du vaisseau étranger découvert dans le film).

Depuis ce jour où j’ai découvert ces fugaces images d’un chat en gros plan confronté à l’horreur, je sais que j’ai vu l’une des images les plus terrifiantes de ma vie de cinéphile ; non, la science-fiction n’est pas uniquement composé d’extra-terrestres dans un magnifique vaisseau tentant de communiquer avec l’humanité, ou de chevaliers munis de sabres tentant de délivrer une princesse tels les grands contes mythologiques ou d’aventures; elle peut être également, comme je le découvrirai plus tard, terrifiante, déplaisante, cauchemardesque… Et ce, en y dévoilant le moins possible des horreurs qu’elle puisse commettre… »

Pas la peine donc d’en rajouter : indémodable, Alien est « LE » classique de l’horreur – un film qui impose le respect autant que le silence !

 

 

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[5/5]

Déjà restaurée en 4K pour la précédente édition Haute Définition, l’image de ce Blu-ray 4K Ultra HD d’Alien – Édition 40ème anniversaire a [encore] bénéficié d’un nouvel étalonnage, cette fois en 4K natif HDR10+ sous la supervision de Ridley Scott lui-même. Et les mots nous manquent pour qualifier le résultat à l’écran, tant le rendu est époustouflant et semble vraiment le résultat ultime et définitif concernant ce film. Le niveau de détail est tout simplement hallucinant, et même si le film se déroule le plus souvent dans le noir ou dans l’obscurité, la palette colorimétrique est extraordinaire, et les contrastes – de même que la tenue des noirs – sont réellement impressionnants. Pour parachever le tout, le grain cinéma a été scrupuleusement respecté : c’est tout simplement magnifique. Si on hésite tout de même à parler de totale « redécouverte » d’Alien (les éditions Blu-ray étaient déjà épatantes), on suppose que les plus grands thuriféraires du format UHD n’hésiteront pas à franchir le pas, tant il est vrai que cette édition en impose, et s’avère un des upgrades les plus intenses et les plus spectaculaires qui nous ait été donné d’observer concernant un film de « catalogue ». Même constat d’excellence du côté du son : immersive, puissante, en un mot grandiose, la piste son en version originale, mixée en DTS-HD Master Audio 5.1, fait honneur à l’ampleur et l’ambition du film de Ridley Scott. Les ambiances sont restituées de façon impressionnante, d’un dynamisme et d’une force tout simplement bluffantes. La version française doit quant à elle se contenter d’un encodage DTS 5.1, mais le mixage s’avère souvent tonitruant, moins extraordinaire que la VO en termes de finesse et de précision, mais proposant tout de même un confort d’écoute tout à fait appréciable pour les fans de VF.

 

 

Dans la section suppléments, on retrouvera l’essentiel des bonus déjà disponibles depuis quelques années sur les éditions précédentes (DVD et Blu-ray), à savoir les deux versions du film, qui s’accompagneront d’une série de scènes coupées et/ou étendues, des passionnants commentaires audio de Ridley Scott (à la fois sur la version « cinéma » et sur la version longue, avec deux commentaires distincts, enregistrés en 1999 et en 2003, le deuxième donnant également la parole aux acteurs du film aux côtés du cinéaste) et deux pistes musicales isolées. Du beau travail éditorial pour une édition absolument indispensable !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles