
Titre original : EPiC – Elvis Presley in Concert
Réalisateur : Baz Luhrmann
Casting principal : Elvis Presley, Sammy Davis Jr., Tom Parker
Genre : Documentaire Date de sortie cinéma : 25 février 2026 Date de sortie BR/4K : 23 septembre 2026
Durée : 1h36
Pays : Australie, États-Unis (2025)
Éditeur : Universal Pictures
EPiC présente des images longtemps perdues de la résidence légendaire de Presley à Las Vegas dans les années 1970, mêlées à de rares images 16 mm d’Elvis en tournée, et à de précieux 8 mm provenant des archives de Graceland, ainsi qu’à des enregistrements d’Elvis racontant « sa version de l’histoire », redécouverts lors des recherches de Baz Luhrmann pour son film Elvis…
Le film
[3,5/5]
Le King mérite mieux qu’un procès-verbal de ses propres déhanchés, même quand celui-ci est établi par Baz Luhrmann, grand prêtre du montage sous caféine. Avec EPiC : Elvis Presley in Concert, le réalisateur australien retourne fouiller les archives de la carrière d’Elvis Presley et exhume des images de concerts et de répétitions longtemps restées dans l’ombre. L’intention est louable : retrouver l’artiste derrière la légende, laisser parler l’homme plutôt que les historiens et les admirateurs, et rappeler qu’avant de devenir une icône mondiale, Elvis était surtout un chanteur capable de faire décoller une salle entière avec trois notes et un sourire en coin. Le documentaire bénéficie en outre d’une restauration remarquable, qui rend à ces images des années 1970 une netteté et des couleurs particulièrement séduisantes. Seulement, à force de vouloir ranimer le mythe, Baz Luhrmann finit par lui administrer une dose de vitamines digne d’un troupeau de chevaux de course.
Car EPiC : Elvis Presley in Concert souffre d’un mal assez paradoxal : il possède des trésors, mais semble incapable de les contempler tranquillement. Les prestations s’enchaînent, les répétitions se mélangent aux concerts, les images d’archives viennent illustrer les confidences du chanteur, et le montage s’agite dans tous les sens avec la discrétion d’un rhinocéros chaussé de patins à roulettes. Cette nervosité permanente finit par nuire à la musique elle-même. Les morceaux sont parfois morcelés, les transitions s’accumulent et les respirations se font rares. Pourtant, Elvis Presley n’a aucunement besoin qu’on lui agite des guirlandes lumineuses sous le nez pour capter l’attention. Sa présence scénique, ses échanges complices avec les musiciens et sa manière de passer du rock au gospel suffisent largement. Le film rappelle d’ailleurs combien le chanteur savait habiter des répertoires très différents, quitte à transformer une chanson connue en véritable démonstration de force vocale.
Le problème d’EPiC : Elvis Presley in Concert dépasse ainsi une simple affaire de rythme. En cherchant à rendre justice à un artiste dont l’image publique a fini par engloutir l’individu, Baz Luhrmann reproduit involontairement le mécanisme qu’il prétend déjouer : Elvis devient encore davantage un spectacle, une silhouette en combinaison blanche, une succession de poses et de sourires immortalisés pour l’éternité. Les interventions sonores du chanteur apportent pourtant quelques nuances bienvenues sur la célébrité, la solitude et la difficulté de vivre à la hauteur de sa propre légende. Hélas, ces pistes restent trop souvent à l’état d’ébauches. Le documentaire s’intéresse davantage à la puissance du phénomène Elvis qu’aux contradictions de l’homme, à ses failles ou à ce que son parcours raconte de l’industrie musicale américaine. Il reste heureusement les performances, et elles valent le détour : lorsque le montage accepte enfin de s’effacer, Elvis Presley retrouve cette autorité presque inexplicable qui faisait de lui bien davantage qu’un interprète populaire. Dommage que Baz Luhrmann ait éprouvé le besoin de faire danser les ciseaux en permanence. Le King est toujours vivant ; c’est le film qui peine à tenir en place.
Le Blu-ray 4K Ultra HD
[4/5]
Avec EPiC : Elvis Presley in Concert, Universal Pictures propose une édition Blu-ray 4K Ultra HD qui mise avant tout sur la restauration des images de concert et sur la puissance des prestations musicales. Le résultat est particulièrement convaincant dès que le documentaire retrouve ses images de scène : les costumes blancs étincellent, les couleurs conservent une belle vivacité et les éclairages de Las Vegas profitent d’un contraste bien maîtrisé. Le nettoyage des négatifs et la stabilisation des plans permettent de redécouvrir des détails qui se perdaient dans les copies plus anciennes, notamment sur les visages, les étoffes et les instruments. Le grain argentique demeure perceptible, sans donner l’impression d’une image artificiellement lissée. Bien entendu, toutes les séquences ne jouent pas dans la même catégorie : les archives télévisuelles et certains documents d’époque affichent une définition plus fluctuante, parfois un peu molle, mais ces différences tiennent à la nature même des sources. L’ensemble reste cohérent et le travail de restauration se montre suffisamment respectueux pour préserver la texture des images originales. L’absence de HDR10 ou de Dolby Vision ne constitue donc pas une véritable déception : le rendu SDR conserve des couleurs naturelles et des noirs satisfaisants, sans chercher à transformer les images des années 1970 en démonstration numérique. Les séquences les plus fragiles rappellent simplement que toutes les bobines ne sont pas nées avec les mêmes chances devant l’objectif.
Côté son, le mixage VO DTS-HD Master Audio 5.1 se montre à la hauteur de l’événement. La voix d’Elvis Presley conserve une présence franche et une belle ampleur, tandis que la guitare, la batterie, les cuivres et les chœurs bénéficient d’une séparation appréciable. Les canaux arrière ne se contentent pas de faire de la figuration : ils contribuent à élargir l’espace musical et à restituer l’énergie collective des concerts, sans donner l’impression que les instruments ont été dispersés aux quatre coins d’un chapiteau. La scène frontale reste solide, les basses accompagnent efficacement les morceaux les plus vigoureux et les passages plus intimistes profitent d’une restitution claire des voix. Le mixage préserve également les applaudissements et l’ambiance de la salle, ce qui renforce l’impression d’assister aux performances plutôt que d’écouter un simple album illustré. Les archives sonores les plus anciennes affichent naturellement quelques limites, mais les séquences musicales restaurées profitent d’une dynamique généreuse et d’une belle lisibilité. Une piste Dolby Atmos aurait éventuellement permis d’aller plus loin dans l’immersion, mais cette version DTS-HD Master Audio 5.1 remplit déjà fort bien son contrat. Sans bonus pour prolonger la découverte, cette édition se concentre sur l’essentiel : redonner de l’éclat à Elvis Presley et à ses concerts, avec une image soignée et une bande-son qui sait faire rugir le King sans écraser ses musiciens. Pas de bonus.





















