Comédie Critiques de films — 11 décembre 2012
Télé gaucho

France : 2012
Titre original : Télé gaucho
Réalisateur :
Scénario : Michel Leclerc
Acteurs : , , ,
Distribution : UGC distribution
Durée : 1h52
Genre :
Date de sortie : 12 décembre 2012

Globale : [rating:3,5/5][five-star-rating]

En 2010 sortait « Le nom des gens » une comédie qui aura surpris tout le monde par sa fraîcheur et son humour cru bien à part. Dans le même temps, son réalisateur préparait déjà son deuxième film, Télégaucho, inspiré de son expérience engagée pour une télévision libre et indépendante. Pas de doute, Michel Leclerc connaît bien son sujet, et quand il filme, on le regarde.

Synopsis : Tout a commencé lorsque les caméscopes ont remplacé les caméras. Faire de la télé devenait alors à la portée de tous. Jean-Lou, Yasmina, Victor, Clara, Adonis et les autres ne voulaient pas seulement créer leur propre chaîne de télé, ils voulaient surtout faire la révolution. Ainsi naquit Télé Gaucho, aussi anarchiste et provocatrice que les grandes chaînes étaient jugées conformistes et réactionnaires. Cinq années de grands foutoirs, de manifs musclées en émetteur pirate, de soirées de beuveries en amours contrariées… et ce fut ma parenthèse enchantée.

Un film foutraque mais énergique

La première chose qu’on se dit en regardant Télé gaucho c’est « Mais c’est quoi ce bordel ? ». Et ça se comprend. On se dit alors que la volonté du réalisateur de recréer l’ambiance électrique qui règne dans certains squats gauchistes du 20ème arrondissement de Paris est entièrement respectée !

Grâce à une pléiade de personnages différents vus au travers du parcours (presque initiatique) du jeune banlieusard Victor (très juste Félix Moati), tous les âges et tous les points de vue sont abordés dans ce film-documentaire qui ne prend pourtant jamais position. Car rassurez-vous, même si vous êtes de droite, vous aimerez Télégaucho… Le réalisateur n’a en effet pas pour vocation de faire un film sur la gauche mais bien plutôt un portrait-documentaire sur les idéaux politiques d’êtres humains changeant au fil des années et des rencontres faites. Un film humain en somme.

 Et mine de rien, tout le monde en prend pour son grade. Il y a le petit jeune naïf, utopiste (donc gauchiste) qui veut les droits pour tous mais qui se dit que s’il veut réussir sa vie, il faut bien qu’il se trouve un vrai métier. Et que travailler, forcément c’est être un peu de droite. Il y a le vieux roublard, qui a passé sa vie en manifestations pour tout et n’importe quoi, un peu pommé dans sa vie et qui finit par se perdre dans ses propres discours et embrouilles de chef de bande. Il y a la féministe engagée ultra politisée, qui considère que tout ou presque est une atteinte à la liberté des femmes ou aux droits de l’homme. Et puis il y a le militant qui s’engage pour se donner bonne conscience parce qu’en réalité il vit chez ses parents dans le 16ème. Et puis surtout, il y a l’ennemi. La présentatrice de talk show fondamentalement de droite, jouée par à l’opposé de ses engagements à la ville.

Bref, voilà un tout petit aperçu de la joyeuse bande que vous retrouverez en action dans « Télé gaucho ». Mais la trame principale du film (car il y en a une derrière ce prétexte fourre-tout du film de bande) ça reste l’amour. Victor va rencontrer Clara (Sara forestier plus folle que jamais) et en tomber amoureux. Il va aussi se forger une personnalité au milieu de cette ambiance particulière, et va devoir s’assumer. L’identification est alors facile avec ce petit homme à peine sorti de l’adolescence. Identification aidée aussi par une interprétation excellente de tous les acteurs (Eric Elmosnino en tête, avec quelques restes de son Gainsbourg), et un choix de narration parfait.

Un film presque documentaire d’actualité

Filmé avec une caméra DV et intégrant des images d’archives de vraies manifestations, Télé gaucho a donc un bon goût de vérité. D’actualité même. Car si l’action est sensée se passer en 1995, rarement un film n’aura été aussi actuel dans ses propos. Légalisation des sans-papiers, droit au mariage homosexuel ou encore manifestation pour l’IVG, etc, tout y passe et on se rend compte que rien n’a vraiment changé depuis le temps…

De plus, Michel Leclerc incorpore de belles références à l’époque d’aujourd’hui, doucement cyniques et révélatrices. Le tout passe sans problème dans des enchaînements de mini sketchs vus au travers du personnage de Victor et de ses vidéos pirates sur les objets chiants du quotidien (entre autres). Tout un monde on vous dit. Un univers tout aussi fourre-tout que cette critique, qui accuse quelques problèmes de rythme par moment forcément, mais qui colle le sourire aux lèvres et donne envie de se reformer une bande d’amis avec qui aller manifester le dimanche. Alors de la fraîcheur comme ça dans le cinéma français, on en veut bien plus souvent.

 

Résumé

En bref, Télé gaucho est à l’image de son affiche : un film pluriel, complètement fou, politiquement incorrect et surtout ultra vivant. Résultat, on lui pardonne aisément ses petits défauts effacés par une galerie d’acteurs incroyables et un humour nostalgique imparable, rendant « Le nom des gens » complètement académique. Définitivement à voir.

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Anais

Cet article a été rédigé par Anaïs Berno, Rédactrice et responsable des relations presse de Critique Film.fr @AnaBerno