Sorties de la semaine — 31 juillet 2019
Les sorties du 31 juillet 2019
© Bodega Films Tous droits réservés

Il faudra aménager beaucoup de temps dans votre agenda personnel cette semaine pour ne pas passer à côté des films incontournables à l’affiche dès ce mercredi. Certes, le chassé-croisé de l’été entre juillettistes et aoûtiens fait que le nombre de sorties reste globalement abordable et plutôt de bonne tenue. Mais deux de nos conseils les plus enthousiastes dépassent le cadre habituel de la séance de cinéma qui est censée durer deux heures et demie au maximum. Courage à vous donc pour donner leur chance à ces films qui tournent autour de cinq heures, un peu moins pour le dernier Lav Diaz, un peu plus pour la version longue du dernier vrai film de Ingmar Bergman Fanny et Alexandre ! Pourtant, notre cher confrère Jean-Jacques pour le premier et nous-mêmes pour le deuxième vous garantissons que l’investissement vaut absolument la peine, tellement ces films sont au-dessus du lot des dizaines de films que les distributeurs sortent chaque semaine en France. Enfin, si vous avez moins de deux heures à votre disposition, le film d’ouverture de l’ACID au dernier Festival de Cannes, de Alain Raoust, vous est presque aussi chaudement conseillé.

© Fox Searchlight / Condor Distribution Tous droits réservés

Trois autres films peuvent également valoir le détour en cette semaine au climat pour une fois clément. A commencer par Les Faussaires de Manhattan de Marielle Heller, le dernier des longs-métrages de fiction nommés plus tôt cette année aux Oscars à ne pas encore être sorti en France, ni sur grand écran, ni sur Netflix. Un parcours d’autant plus atypique que c’est le distributeur indépendant Condor qui l’a récupéré, au détriment de la branche française de la Fox. Bref, cette comédie douce-amère vous convaincra du talent dramatique de Melissa McCarthy, tout en permettant à Richard E. Grant de décrocher l’un des rôles les plus savoureux de sa longue carrière ! Puis, le réalisateur français Julien Abraham est déjà de retour, près d’un mois seulement après Made in China, avec un sujet beaucoup plus grave et traité sans trop de complaisance dans . Enfin, si ce n’était pour sa durée conséquente – toutes proportions gardées, bien sûr – le film d’horreur de Ari Aster nous aurait sans doute intrigués davantage.

Fin d’automne © Shochiku Co. Ltd. / Carlotta Films Tous droits réservés

Enfin, si vous avez vraiment, vraiment du temps dans ce creux au cœur de l’été, en plus de l’épopée magistrale de Ingmar Bergman, on ne pourra jamais assez vous conseiller de vous plonger dans la double rétrospective du cinéma japonais des années 1950 ! et , ce sont deux réalisateurs issus de la même époque, qui ont su observer avec bien plus de précision que le virtuose Akira Kurosawa les petites failles et les grandes tragédies intériorisées de leur pays. Pas moins de dix-huit de leurs films font leur retour en salles dès ce jour, ce qui impliquerait un régime de visionnage accru, voire digne d’un parcours de combattant festivalier, si on voulait tout voir avant qu’ils ne disparaissent à nouveau de l’affiche ! Là encore, ce serait enrichir amplement votre culture cinématographique de le faire, histoire de voyager dans votre tête pendant deux ou trois semaines vers le pays du soleil levant.


de Chris Renaud (États-Unis, Animation, 1h26)

de Asif Kapadia (Royaume-Uni, Documentaire, 2h00)

Les Faussaires de Manhattan de Marielle Heller (États-Unis, Comédie dramatique, 1h46, distribué sur 160 copies) avec Melissa McCarthy, Richard E. Grant et Dolly Wells

de Lav Diaz (Philippines, Thriller, 4h43) avec Piolo Pascual, Joel Lemangan et Pinky Amador (critique)

Midsommar de Ari Aster (États-Unis, Horreur, 2h27, distribué sur 196 copies) avec Florence Pugh, Will Poulter et Jack Reynor

Mon frère de Julien Abraham (France, Drame, 1h36, distribué sur 150 copies) avec Mohamed Sylla, Darren Muselet et Youssouf Gueye

de Hiroyuki Imaishi (Japon, Animation, 1h51)

Rêves de jeunesse de Alain Raoust (France, Comédie dramatique, 1h32, distribué sur 45 copies) avec Salomé Richard, Yoann Zimmer et Estelle Meyer (critique)

Ricordi ? de Valerio Mieli (Italie, Drame, 1h47) avec Luca Marinelli, Linda Caridi et Giovanni Anzaldo

Reprises

Fanny et Alexandre (1982) de Ingmar Bergman (Suède, Drame, 5h18) avec Kristina Adolphson, Borje Ahlstedt et Pernilla Allwin

Rétrospective Mizoguchi en huit films (1951-1956) de Kenji Mizoguchi (Japon) : Miss Oyu, Les Contes de la lune vague après la pluie, Les Musiciens de Gion, L’Intendant Sansho, Une femme dont on parle, Les Amants crucifiés, L’Impératrice Yang Kwei Fei, La Rue de la honte

Rétrospective Ozu en dix films (1949-1962) de Yasujiro Ozu (Japon) : Printemps tardif, Été précoce, Le Goût du riz au thé vert, Voyage à Tokyo, Printemps précoce, Crépuscule à Tokyo, Fleurs d’équinoxe, Bonjour, Fin d’automne, Le Goût du saké

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles