Les sorties du 19 septembre 2018

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C’est une semaine de cinéma atypiquement religieuse qui attend les spectateurs français ce mercredi. Dans pas moins de trois films à l’affiche en ces derniers jours de l’été, des bonnes sœurs ou des moines tiennent en effet des rôles importants. La nouveauté la mieux à même d’associer ces personnages à l’écart du monde aux préoccupations contemporaines nous paraît être le drame de réfugiés dans les montagnes suisses de Germinal Rouaux. Notre deuxième coup de cœur évoque également le sort d’enfants malmenés, cette fois-ci dans le milieu glauque du tourisme sexuel en Thaïlande, dans Avant l’aurore de Nathan Nicholovitch. Enfin, nous parfaisons notre tour du monde des regards sans concession sur la condition de l’homme avec un film qui a particulièrement plu à notre confrère Jean-Jacques, le Marocain de Faouzi Bensaïdi, une preuve supplémentaire – s’il y en avait encore besoin – de la vitalité et du courage du cinéma maghrébin en ces temps nullement faciles pour cette région, plus exsangue que jamais après l’échec généralisé du « printemps arabe » en 2011.


Tandis que les frasques vaguement horrifiques de dans le film du même nom de Corin Hardy nous ont laissé indifférent, nous nous attellerons avec plaisir à un programme de rattrapages festivaliers cette semaine. Deux candidats cannois et un vénitien débarquent en effet sur les écrans, précédés d’une réputation plutôt positive, qui n’est de toute façon plus à faire pour leurs réalisateurs respectifs, tous établis sur la scène du cinéma international depuis longtemps. Et ils savent tous rester en quelque sorte fidèles à eux-mêmes, puisque Gaspar Noé et Jacques Audiard s’adonnent à une chorégraphie intense de la violence, alors que Debra Granik continue son exploration de la marge de la société américaine, commencée si brillamment avec Winter’s Bone il y a huit ans déjà. Enfin, si vous préférez rire, on vous conseille la satire politique pas trop grossière de Mathieu Sapin, et si vous osez rêver d’un monde où la vache sacrée du travail est sacrifiée sur l’autel d’un peu plus d’égalité, le documentaire de Christian Tod est fait pour vous.


la plus iconoclaste peut-être même de toute l’Histoire du cinéma est bien sûr celle que Anna Karina interpréta pour Jacques Rivette en 1966, qui ressort dans une copie sublimement restaurée, après sa présentation à Cannes Classics. Un autre chef-d’œuvre du cinéma français a également droit à sa ressortie prestigieuse : L’Année dernière à Marienbad de Alain Resnais. Et on ne peut que saluer l’effort pédagogique avec lequel le distributeur Malavida accompagne la sortie du très mignon de Maurice Delbez. Or, la véritable rareté du côté des films de répertoire est le festival Sherlock Holmes, qui regroupe trois films habités par l’incarnation sophistiquée que l’acteur sud-africain Basil Rathbone donnait du plus célèbre des détectives privés dans les années 1940.


L’Amour est une fête de Cédric Anger (France, Comédie, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche et Michel Fau

Avant l’aurore de Nathan Nicholovitch (France, Drame, 1h45, distribué sur 16 copies) avec David D’Ingéo, Panna Nat et Viri Seng Samnang

de Brian Henson (États-Unis, Comédie, 1h31) avec Melissa McCarthy, Elizabeth Banks et Maya Rudolph

de Gaspar Noé (France, Drame, 1h35, distribué sur 63 copies) avec Sofia Boutella, Romain Guillermic et Souheila Yacoub (critique)

Fortuna de Germinal Rouaux (Suisse, Drame, 1h46, distribué sur 65 copies) avec Kidist Siyum Beza, Bruno Ganz et Patrick D’Assumçao

de Jacques Audiard (États-Unis, Western, 2h02, distribué sur 409 copies) avec John C. Reilly, Joaquin Phoenix et Jake Gyllenhaal

Jour de paye Vers un revenu universel de Christian Tod (Autriche, Documentaire, 1h34)

de Debra Granik (États-Unis, Drame, 1h47, distribué sur 100 copies) avec Ben Foster, Thomasin McKenzie et Jeff Kober

La Nonne de Corin Hardy (États-Unis, Horreur, 1h37, distribué sur 348 copies) avec Demian Bichir, Taissa Farmiga et Jonas Bloquet (critique)

de Clément Cogitore, Loïc Barché, Tomer, Gabriel Harel, Andrew Ellmaker, Maximilien Van Aertryck et Axel Danielson (France, États-Unis, Allemagne, Suède, Courts-métrages, 1h05)

Le Poulain de Mathieu Sapin (France, Comédie, 1h37, distribué sur 270 copies) avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield et Gilles Cohen

de Mehdi Senoussi (France, Gangster, 1h30, distribué sur 54 copies) avec Romane Bohringer, Carlo Brandt et Lizzie Brocheré

Victimes de Robin Entreinger (France, Thriller, 1h24, distribué sur 1 copie) avec Valentin Bonhomme, Jérôme Palfroy et Héloise Leveau

Volubilis de Faouzi Bensaïdi (Maroc, Drame, 1h45) avec Mouhcine Malzi, Nadia Kounda et Abdelhadi Talbi (critique)

Reprises

L’Année dernière à Marienbad (1961) de Alain Resnais (France, Drame psychologique, 1h40) avec Delphine Seyrig, Giorgio Albertazzi et Sacha Pitoeff

Festival Sherlock Holmes (1943-46) de Roy William Neill (États-Unis, Policier, 1h20 / 1h08 / 1h00) avec Basil Rathbone et Nigel Bruce : L’Arme secrète / La Femme en vert / Le Train de la mort

La Religieuse (1966) de Jacques Rivette (France, Drame religieux, 2h20) avec Anna Karina, Liselotte Pulver et Micheline Presle

Rue des Cascades (1964) de Maurice Delbez (France, Comédie dramatique, 1h27) avec Madeleine Robinson, Serge Nubret et René Lefevre

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