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DVD — 19 septembre 2018
Test DVD : Morituri


Etats-Unis : 1965
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : , d’après le roman de
Interprètes : , ,
Éditeur :
Durée : 2h03
Genre : Drame, guerre
Date de sortie cinéma : 9 mars 1966
Date de sortie DVD : 18 septembre 2018

 

Synopsis :Japon, 1942, un allemand apolitique se voit obliger d’infiltrer un bateau transportant une précieuse cargaison de caoutchouc jusqu’en Allemagne. Sa mission est alors d’empêcher le capitaine de saborder le navire si celui ci est visé par la marine anglaise.

Le film

[3.5/5]

1942 : le caoutchouc est une matière première importante dans le déroulement de la guerre, tant pour les allemands que pour les alliés. Si la plupart des matières premières nécessaires pour l’industrie de défense allemande sont disponibles en Europe, ce n’est pas le cas du caoutchouc. D’où un accord avec le Japon, et l’utilisation du port de Bordeaux, occupé par les allemands, pour recevoir des cargos « forceurs de blocus » approvisionnant le Troisième Reich en caoutchouc venant d’Asie. C’est ainsi qu’un cargo de la marine marchande allemande doit transporter 6 000 tonnes de caoutchouc non traité et tout est prévu pour qu’un sabordage puisse être facilement effectué si jamais le bateau faisait une mauvaise rencontre entre Tokyo et Bordeaux. Prévenus sur la nature de ce transport, les alliés vont s’efforcer de faire en sorte qu’il y ait une telle rencontre et que ce sabordage ne puisse pas avoir lieu afin de pouvoir récupérer les 6 000 tonnes de caoutchouc. Pour arriver à leurs fins, ils vont utiliser, en le faisant chanter, Robert Crain, un allemand qui a déserté de l’armée allemande et qui vit en Inde sous une fausse identité.

Tout est donc en place pour un film plein de retournements de situation, avec un capitaine du cargo, Rolf Mueller, qui obéit aux ordres des militaires en trainant des pieds, un second, Kruze, nazi convaincu et aigri de ne pas avoir été choisi pour commander le bateau, un faux SS, Robert Crain, sans réelles convictions, du moins au début de la traversée, mais qui va devoir prendre de grands risques. Vous rajoutez une poignée de marins allemands qui, pour une raison ou pour une autre, ne souhaitent pas que le cargo arrive à la destination prévue, des hauts gradés allemands qui, en visite sur le cargo, ont des doutes sur le SS qu’on leur présente et des prisonniers qui pourraient aider Crain à organiser une mutinerie avec, parmi eux, Esther Levy, une jeune juive.

Morituri est un des premiers films américains, voire même le tout premier, à raconter un épisode de la deuxième guerre mondiale en le situant du côté allemand. On notera d’ailleurs que Bernhard Wicki, suisse par son père et autrichien par sa mère, a combattu au sein de l’armée allemande durant la seconde guerre mondiale et a effectué en Allemagne le plus gros de sa carrière. Son film antimilitariste, Le pont, avait incité Darryl F. Zanuck à lui confier la réalisation des scènes germaniques dans Le jour le plus long. Dans ce contexte, les allemands que l’on rencontre dans le film sont loin d’être tous des nazis fanatiques. Les deux personnages principaux, Rolf Mueller, le capitaine du cargo, et Robert Crain, le déserteur de la Wehrmacht récupéré par les Services Secrets britanniques, se situent au départ à mi-chemin entre les deux extrêmes : tous les deux, pour des raisons différentes, sont obligés d’obéir, mais Mueller va mal encaisser que son fils soit l’objet d’une promotion pour avoir procédé au torpillage d’un navire hôpital et Crain va se montrer particulièrement touché par le sort d’Esther Levy.

Robert Crain et Rolf Mueller sont interprétés par deux monstres sacrés du cinéma américain : Marlon Brando et Yul Brynner. Au moment du tournage, le premier a 41 ans et sa carrière a tendance alors à s’essouffler. Quant au second, il y a tellement d’interrogations concernant sa véritable date de naissance qu’il peut avoir aussi bien 45 ans que 62. En tout cas, quelle que soit sa cote du moment pour le premier, quel que soit son âge pour le second, leur prestation dans Morituri est irréprochable. Quant à , le directeur de la photographie, on se doit de louer son travail, à la fois pour la qualité du noir et blanc qu’il nous offre, choix rare à l’époque, et pour la dextérité avec laquelle il arrive à procéder à des mouvements de caméra parfaitement réussis malgré le caractère exigu de l’intérieur d’un bateau.

Le DVD

[4/5]

Le DVD de Morituri prend sa place dans la collection Hollywood Legends Premium distribuée par ESC Editions. Cela signifie un nouveau master Haute Définition et la vision d’une image en noir et blanc  avec de très beaux contrastes. Le film peut être visionné en version française ou en version originale sous-titrée en français. On notera que, dans la version originale, les allemands s’expriment en anglais tout au long du film : dans ce genre de film, c’était toujours le cas à l’époque et, malheureusement, ça le reste encore trop souvent, particulièrement dans le cinéma américain. Dans la version française, tous les protagonistes, bien évidemment, s’expriment en français, avec le choix, curieux, de donner un léger accent allemand au seul Marlon Brando. Il faut reconnaître, toutefois, que les doublages, il y a 50 ans, étaient d’une qualité incommensurablement supérieure à ceux d’aujourd’hui !

Un supplément de 17 minutes vient compléter le film. intitulé Nom de code : Morituri, il s’agit d’un entretien réalisé par Linda Tahir avec , historien du cinéma. Un entretien qui complète ce que l’on pouvait savoir sur le film et sur son réalisateur.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles