Sorties de la semaine — 24 juin 2019
Les sorties du 19 juin 2019
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Le cinéma ibérique mérite rarement une mise en avant exceptionnelle dans nos colonnes, tellement la grande époque des cinématographies espagnole et portugaise paraît être derrière nous. Ce sont les pays latino-américains qui ont désormais pris la relève, aidés considérablement par des coups de pouce et d’exposition ininterrompus ces dernières années de la part des courageux distributeurs français. Cette semaine a cependant de quoi restaurer tant soit peu notre confiance en les capacités filmiques de nos voisins du sud-ouest, grâce à l’ample rétrospective des films de Pedro Almodovar et à une sortie récente venue respectivement d’Espagne et de Portugal. Pour la quasi-intégrale des films du maître Almodovar, il n’y a qu’une chose à dire : courez-y sans tarder et sans excuses ! Puis, notre film de la semaine est la recréation par voie d’animation des débuts derrière la caméra du maître d’une autre génération hispanique Luis Buñuel dans Buñuel Après l’âge d’or de Salvador Simo. Enfin, la réalisatrice portugaise Teresa Villaverde est actuellement mise à l’honneur au Centre Pompidou à Paris, à l’occasion de la sortie du conte d’adolescents Contre ton cœur, sélectionné en compétition au Festival de Berlin l’année dernière.

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Le reste de l’offre hebdomadaire n’a pas non plus à rougir, surtout en comparaison avec les semaines passées, assez anémiques. Tandis que deux biographies filmiques conventionnelles du danseur Rudolf et de l’écrivain J.R.R. se disputent les faveurs des spectateurs attirés par ce genre d’histoire consensuelle, quelques rattrapages festivaliers méritent davantage votre attention. A commencer par le beau drame carcéral Nevada de Laure De Clermont-Tonnerre avec un redoutable Matthias Schoenaerts, que notre cher confrère Jean-Jacques a visiblement adoré et qui était passé à Sundance et à Beaune, puis, un an après sa sélection à la Semaine de la Critique à Cannes, l’hongrois Anna un jour de Zsofia Szilagyi, ainsi qu’un portrait féminin peut-être encore plus saisissant avec le britannique de Sacha Polak, lui aussi passé par la case Sundance. On peut préféré la virilité sombre de Matthias Schoenaerts dans Nevada à celle, plus ambiguë, de Jean Dujardin dans de Quentin Dupieux. Il n’empêche que le film d’ouverture de la dernière Quinzaine des réalisateurs vaut le détour pour son univers au ton décalé dont le réalisateur détient le secret.

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S’il vous reste du temps après votre plongeon abondant dans la filmographie de Pedro Almodovar, trois autres films en reprise à l’aspect parfaitement complémentaire vous attendent avec impatience dans les salles de répertoire, hélas pas nécessairement climatisées. Dans Les Monstres, Dino Risi dresse le portrait au vitriol et en dix-neuf facettes de tout ce qui va de travers avec la mentalité italienne. de Masahiro Shinoda évoque la même histoire sur une tentative de conversion chrétienne malheureuse au Japon que le film du même titre de Martin Scorsese sorti il y a deux ans. Et Woody Allen était d’ores et déjà égal à lui-même tout au début de sa carrière, en 1971, dans le doucement nostalgique de Herbert Ross.


Anna un jour de Zsofia Szilagyi (Hongrie, Drame, 1h38) avec Zsofia Szamosi, Leo Furedi et Ambrus Barcza

Beaux-parents de Hector Cabello Reyes (France, Comédie, 1h24) avec Josiane Balasko, Didier Bourdon et Bruno Bénabar

de Francis Gendron (France, Documentaire, 1h20, distribué sur 1 copie)

Buñuel Après l’âge d’or de Salvador Simo (Espagne, Animation, 1h25)

Child’s Play La Poupée du mal de Lars Klevberg (États-Unis, Horreur, 1h31, distribué sur 249 copies) avec Aubrey Plaza, Brian Tyree Henry et Tim Matheson

de Marc Collin (France, Drame, 1h24, distribué sur 15 copies) avec Alma Jodorowsky, Clara Luciani et Philippe Rebbot

Contre ton cœur de Teresa Villaverde (Portugal, Drame, 2h16) avec Joao Pedro Vaz, Alice Albergaria Borges et Beatriz Batarda

Le Daim de Quentin Dupieux (France, Comédie, 1h17) avec Jean Dujardin, Adèle Haenel et Albert Delpy (critique)

Dirty God de Sacha Polak (Royaume-Uni, Drame, 1h44, distribué sur 28 copies) avec Eliza Brady-Girard, Dana Marineci et Wendy Albiston

de Olivier Goujon (France, Comédie, 2h15) avec Olivier Goujon, Julien Rochard et Virginie Goujon

de Tina Gordon (États-Unis, Comédie fantastique, 1h49) avec Marsai Martin, Issa Rae et Justin Hartley

Nevada de Laure De Clermont-Tonnerre (France, Drame carcéral, 1h37) avec Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell et Bruce Dern (critiques de Jean-Jacques et de Tobias)

Noureev de Ralph Fiennes (Royaume-Uni, Biographie filmique, 2h07) avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos et Ralph Fiennes

de Pascale Bodet (France, Comédie, 1h17, distribué sur 2 copies) avec Marc-Antoine Vaugeois, Christophe Degoutin et Pascale Bodet

Tolkien de Dome Karukoski (États-Unis, Biographie filmique, 1h52, distribué sur 150 copies) avec Nicholas Hoult, Lily Collins et Colm Meaney

Reprises

Les Monstres (1963) de Dino Risi (Italie, Satire, 2h01) avec Ugo Tognazzi, Vittorio Gassman et Lando Buzzanca

Rétrospective Almodovar (1980-2015) de Pedro Almodovar (Espagne) en 19 films

Silence (1971) de Masahiro Shinoda (Japon, Drame religieux, 2h09, distribué sur 10 copies) avec David Lampson, Don Kenny et Tetsuro Tanba

Tombe les filles et tais-toi (1971) de Herbert Ross (États-Unis, Comédie, 2h08) avec Woody Allen, Diane Keaton et Tony Roberts

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Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles