Les sorties du 10 novembre 2021

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Partir ? © 2019 De l’autre côté du périph’ / Luman Communications / DHR Distribution Tous droits réservés

En cette semaine de cinéma, où le public masculin reprendra bien une dose de virilité à l’ancienne avec Clint Eastwood et où les spectatrices iront pousser la chansonnette avec Valérie « Céline » Lemercier, nous préférons regarder ailleurs. Ailleurs, c’est-à-dire du côté du documentaire, qui nous confronte en trois films remarquables aux fléaux de notre temps. Car entre des sujets aussi polémiques que l’immigration et la protection de l’environnement, des liens forts existent, au delà de leur alternance au niveau des séquences médiatiques successives.

Une actrice engagée depuis les débuts de sa carrière devant la caméra, Aïssa Maïga a changé de casquette afin de réaliser son premier film. Présenté au dernier Festival de Cannes dans la section un brin opportuniste « Cinéma pour le climat », Marcher sur l’eau évoque le dur combat de villageois nigérians pour ramener la denrée aussi rare que précieuse de l’eau dans leur paysage aride. Les héros du réel de Partir ? de Mary-Noël Niba ont, eux, choisi de partir de leurs pays d’origine africains, pour tenter en vain leur chance sur la terre promise de l’Europe. Une expérience de migration proche de la désillusion complète, tant la vie que ces hommes et ces femmes ont trouvé chez nous ne correspondait en rien à leurs espérances.

Enfin, la consommation effrénée de viande dans les pays soi-disant développés apporte, elle aussi, sa petite pierre à l’édifice néfaste du changement climatique. Dans Empathie, le réalisateur espagnol Ed Antoja tente de s’administrer lui-même un cours en éveil écologique. Notre critique maison Jean-Jacques a visiblement aimé sa façon de suggérer les qualités d’une alimentation végétarienne.

Tre piani © 2021 Alberto Novelli / Sacher Films / Fandango / Rai Cinema / Le Pacte Tous droits réservés

En dehors des deux mastodontes franco-américains déjà évoqués plus haut, la fiction déborde de films au cachet festivalier certain cette semaine. Sont passés cet été par la case cannoise : le drame bien dans l’air du temps A Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar dont Jean-Jacques a surtout apprécié l’interprétation bluffante de Noémie Merlant et le nouveau film du maître Moretti Tre piani, deux ans après un bref passage par le documentaire à inspiration chilienne.

Enfin, l’émancipation féminine se manifeste de manière hautement complémentaire dans le drame d’adolescents canadien La Déesse des mouches à feu de Anaïs Barbeau-Lavalette, la comédie sociale au ton plus docile Haute couture de Sylvie Ohayon et le loufoque Une vie démente de Ann Sirot et Raphaël Balboni, un autre (petit) coup de cœur de Jean-Jacques.

Derniers chrysanthèmes © 1954 Toho / Les Acacias Tous droits réservés

La redécouverte ou la découverte tout court de la filmographie riche et abondante du réalisateur japonais Mikio Naruse continue depuis ce mercredi grâce à deux films inédits. Ceux-ci dissèquent en toute simplicité, mais avec beaucoup de finesse, les travers de la société nippone. Depuis le point de vue de trois femmes dont plus personne ne veut dans Derniers chrysanthèmes et, avec la même cruauté affective, auprès d’un garçon quasiment abandonné à lui-même dans la grande ville de A l’approche de l’automne.

Enfin, le cinéma américain fait ce qu’il sait faire le mieux dans les deux autres films en reprise : sublimer encore un peu plus le charme troublant de Cary Grant dans On murmure dans la ville de Joseph L. Mankiewicz ou, au contraire, envoyer au diable les vieilles valeurs rassurantes de l’Amérique dans l’iconoclaste Out of the Blue de Dennis Hopper.


A Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar (France, Drame, 1h47, distribué sur 100 copies) avec Noémie Merlant, Soko et Vincent Dedienne (critique)

Aline de Valérie Lemercier (France, Biographie filmique, 2h06, distribué sur 692 copies) avec Valérie Lemercier, Sylvain Marcel et Carole Weyers

Baracoa de Pablo Briones (Espagne, Documentaire, 1h30)

Cry Macho de Clint Eastwood (États-Unis, Drame, 1h44, distribué sur 460 copies) avec Clint Eastwood, Dwight Yoakam et Fernanda Urrejola

La Déesse des mouches à feu de Anaïs Barbeau-Lavalette (Canada, Drame, 1h45) avec Kelly Depeault, Caroline Néron et Normand D’Amour

Empathie de Ed Antoja (Espagne, Documentaire, 1h15) (critique)

Entre deux trains de Pierre Filmon (France, Drame, 1h14) avec Laëtitia Eïdo, Pierre Rochefort et Estéban

Haute couture de Sylvie Ohayon (France, Drame, 1h41, distribué sur 315 copies) avec Nathalie Baye, Lyna Khoudri et Pascale Arbillot

Marcher sur l’eau de Aïssa Maïga (France, Documentaire, 1h29, distribué sur 13 copies)

Partir ? de Mary-Noël Niba (Cameroun, Documentaire, 1h17)

Tre piani de Nanni Moretti (Italie, Comédie dramatique, 1h59, distribué sur 170 copies) avec Margherita Buy, Riccardo Scamarcio et Alba Rohrwacher

Une maison de Judith Auffray (France, Documentaire, 1h22, distribué sur 4 copies)

Une vie démente de Ann Sirot et Raphaël Balboni (Belgique, Comédie, 1h27, distribué sur 50 copies) avec Jo Deseure, Jean Le Peltier et Lucie Debay (critique)

Reprises

A l’approche de l’automne (1960) de Mikio Naruse (Japon, Drame d’enfance, 1h19, distribué sur 1 copie) avec Nobuko Otowa, Kenzaburo Osawa et Kamatari Fujiwara

Derniers chrysanthèmes (1954) de Mikio Naruse (Japon, Drame, 1h41, distribué sur 1 copie) avec Haruko Suhimura, Ken Uehara et Sadako Sawamura

On murmure dans la ville (1951) de Joseph L. Mankiewicz (États-Unis, Comédie dramatique, 1h50) avec Cary Grant, Jeanne Crain et Finlay Currie

Out of the Blue (1980) de Dennis Hopper (Canada, Drame, 1h34) avec Linda Manz, Dennis Hopper et Sharon Ferrell

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